‹ D'un siecle à l'autreChapitre 151 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

envers elle; aussi m'a-t-elle chargé de te gronder et de te presser de rétablir votre correspondance, pourvu toutefois que cela ne porte (pas) préjudice à la mienne.

J’ai vu souvent mon oncle Naville (le syndic), j'y ai dîné avec ma tante, qui est à Genève depuis quelques jours, et qui compte y rester encore sept à huit jours. Mon oncle est bien fatigué et n’a que bien peu d’instants pour se reposer. Pour ma tante, elle est si occupée qu’elle ne pourra t’écrire que depuis Céligny ; ils m'ont chargé de te faire leurs amitiés.

Ton dévoué fils GALIFFE, Capitaine. »

À voir le protocole assez long de la dernière séance de l’ancien Conseil d'Etat, du 27 décembre 1792, on ne se douterait certes pas que ce Corps siégeait au milieu de l’émeute, devenue permanente à Genève depuis plus d’un mois, ni qu’il fût à la veille d’abdiquer ses pouvoirs. L’avénement du régime révolutionnaire n’est indiqué que dans les dernières lignes, en ces termes, par le secrétaire d'Etat :

« Cette séance a été la dernière pour le Magnifique Petit Conseil, et ici finit son registre de cette année 1792. DE ROCHEMONT.

Deus meliora. »

Page 1