CHAPITRE PREMIER
sidération. On ne peut rien de plus noble et de plus obligeant que ses manières, et rien ne surpasse sa politesse que sa science.
Félicitez, je vous prie, Messieurs Zronchin et Bugfe de l’heureux succès de leur Dispute : je crois pouvoir le faire d'avance, sachant que c’est eux qui les soutiennent et sous vous.
Je suis du meilleur de mon cœur, Tout à vous, CRAMER. »
De G.-J. ’sGravesande, mathématicien, professeur à Leyde, au professeur J.-L. Calandrini, à Genève, de Leyde, 1732.
€ Monsieur,
Il y a longtemps que je me proposois d’avoir l’honneur de vous écrire, mais plusieurs raisons m'ont engagé de renvoier ma lettre d’une semaine à l’autre. Dans cet intervalle, vostre lettre du 10 avril m’a été rendue par MM. Turrettin et Vernet. J’aurois souhaité que ces Messieurs eussent fait un plus long séjour dans nostre ville pour profiter plus longtems de leur agréable compagnie. J’espère que nous les verrons encore à leur retour d'Amsterdam et d’'Utrecht. Je vous ai une véritable obligation de m’avoir procuré cette connoïssance. 1
Je n’ai pas encore lu vos thèses sur Cassini, ? pour lesquelles je vous remercie ; je me prépare à les lire avec d’auaujourd’hui l’un des savants du siècle passé dont on parle le plus, surtout à cause de ses publications dont plusieurs sont devenues classiques.
! Ces Messieurs étaient le professeur Jacob Vernet, dont nous verrons au chapitre suivant une correspondance curieuse avec Calandrini au sujet du procès de Michel Servet, et son élève Marc Turrettini, fils du célèbre théologien Jean-Alphonse Turrettini, qu’il accompagnait alors dans ses voyages.
? À vrai dire, ce mot est écrit de telle sorte qu’on pourrait tout aussi bien
lire l'infini que Cassini. Mais nous préférons cette dernière version parce que ce fut précisément en cette année 1732, et dans le Journal dont il est ici ques-
tant plus de plaisir que le sentiment que vous y défendez me paraît paradoxe.
J’ai reçu l'extrait dont vous parlez de M. Cramer ; il n’est pas seulement imprimé, mais il paroît déjà depuis quelque tems et je compte que vous le recevrez bientôt. Nous attendons l’extrait des lettres de Poloni et les nouvelles littéraires que vous voudrez bien nous envoier ; je parle aussi de M. Cramer, dont nous espérons de voir bientôt la suite du dernier extrait ; le reste de cette lettre vous regarde l’un et l’autre. — Il s’agit, Messieurs, de nostre journal en général, dont le sort est cause que je renvoie depuis plus de six semaines de vous écrire.
Notre accord avec les libraires porte que, de part et d’autre, on est libre, au bout de chaque année, en avertissant trois mois d'avance ; par un autre article, l’accord regardoiït personnellement les libraires et ne pouvoit estre transporté à un autre. Les libraires nous ayant déclaré, il y a quelques mois, qu’ils souhaitoient de vendre le journal (en quoi ils avoient raison, le détail qui en est inséparable ne convenant point avec leur commerce), nous leur dîmes qu’ils le pouvoient sans attendre la fin de l’année, mais que de nostre côté nous resterions libres. J’ai voulu attendre cette vente et ce qui s’ensuivroit avant de vous écrire. Le journal a passé dans les mains de libraires qui ne nous conviennent pas, et par là le titre est perdu pour nous, ce qui n’est pas un grand malheur, nostre intention ou plutôt sentiment ayant toujours été qu’il faut changer le titre d’un journal après un certain nombre de volumes, et nous aurions pensé sérieusement à changer quand même cette vente ne se seroit pas faite; mais c’est sur quoi nous vous aurions écrit auparavant. Pour le présent, nous sommes tion, que parut ce mémoire de Calandrini sur la figure de la terre, qui, après une discussion avec Cassini, aboutit à de nouvelles mensurations de notre globe.
On sait qu’il n’y a pas eu moivs de quatre générations successives de Cassini célèbres.