‹ D'un siecle à l'autreChapitre 18 sur 253 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

obligés de changer le titre quand même nous ne le voudrions pas. Comme il est de conséquence que le journal ne soit pas interrompu quoiqu'il change de nom, il a fallu prendre des mesures aussitôt que nous avons sçu à qui le journal avoit passé ; ces mesures ont été prises par les membres de la Société qui ont été à portée de s’assembler ; nous espérons que vous ne les désapprouverez pas, et je suis chargé de vous en écrire.

Le premier changement au journal est le titre, qui sera : Journal historique de la République des Lettres, et ce titre doit être secret jusqu'à ce que le journal paroisse. Nous croyons aussi qu’il sera bon qu’on ne sache pas avant ce même tems que la Société du Journal Littéraire le continuera sous un autre titre. — Le second changement regarde la contribution du libraire que nous avons tous jugée trop forte, et au lieu de six, réduite à quatre cents florins par an, du moins pour deux ans ; le journal à l’avenir paroîtra tous les mois ou tous les deux mois ; nous croyons qu'il faudroit tous les mois, les libraires voudroient tous les deux mois, cela n’est pas déterminé. Il faudra laisser la commission au libraire, le nombre des feuilles pour l’année sera toujours le même, cinq feuilles par mois. Si les libraires veulent discontinuer ou vendre leur droit, le titre nous reste ; si c’est nous qui discontinuons, le titre est à eux ; du reste, nous sommes comme ci-devant entièrement maîtres du journal, et les libraires ne sçavent ce qu’on y fait entrer que quand le journal est imprimé. Les libraires sont Æaas et Leichtmans à Leyden, qui sont obligés de le faire imprimer à la Haie, pour que M. Marchand puisse continuer d’avoir la direction de l’édition. On vous prie, Messieurs, d'envoyer des nouvelles littéraires le plus souvent que vous pourrez, le journal devant paraître plus souvent. Le premier paraîtra le 1% de septembre, ce qui est deux mois

après le dernier journal. Si on se résout à en donner un tous les mois, celui-ci sera divisé en deux parties.

Je suis encore chargé, Messieurs, de la part de celui qui a fait l'extrait de l’Histoire de Genève, de vous dire que s’il avoit été plus au fait de ce qui regarde le gouvernement politique de vostre ville, il auroit pu choisir des exemples plus intéressants. Personne de nous lui a pu estre d’aucun secours à cet égard. J’ai lu avec beaucoup de plaisir les remarques de cette Histoire, mais j’aurois voulu avoir les cartons.

Je reviens au journal ; marquez-moi, je vous prie, la première fois, à quoi se monte ce que vous avez déboursé en ports de lettres ou autrement à l’occasion du journal, et je vous marquerai alors au juste combien j’ai entre les mains pour vous ; c’est entre les 60 et 70 florins pour tous deux pour jusqu'à la fin de 1731. Je vous marquerai alors aussi ce qui revient à chacun sur cette somme, et dites-moi, je vous prie, ce que vous voulez que je fasse de cet argent ; si c’est en livres que vous voulez que je l’emploie, il y a assez souvent occasion d’envoier à Grenève.

Voilà une bien grande épitre ; malgré tout cela, je ne sçois pas si je n’oublie pas encore quelque chose que je voulois vous dire. — Adieu, soiez persuadés qu’on ne sçauroit estre avec plus d’attachement et une estime plus parfaite que je suis,

Messieurs, Votre très-humble et très-obéissant serviteur,

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