CHAPITRE IV
patrie au mois de mars. Ils veulent jouir du bonheur de la nouvelle Constitution.
J’ai eu des nouvelles de Rome; M. l’abbé Le Duc! n’y a point encore paru. Je sais, comme j'ai eu l’honneur de vous le mander, qu’il a été en Allemagne, mais je n’ai point découvert où il est actuellement. Il est sûr qu’il auroit dû vous aller trouver; personne ne sait mieux que moi combien il est doux de vivre près de vous. Vous m'avez comblée de bienfaisance, d'amitié et de bonté dans un moment où, accablée par la douleur, je devois paroître bien ennuyeuse : car à peine avois-je la faculté de parler. — Qu'il seroit satisfaisant pour moi, Madame, de pouvoir, dans un temps rapproché et avec une âme plus calme, vous témoigner toute ma reconnoissance; mes parents en sont pénétrés comme moi et me chargent de mille respects pour vous. Je suis bien touchée des souffrances qu'a éprouvées notre bonne amie D’ Ellient, ? et désire qu’elle en soit quitte. Je conserverai toute ma vie pour vous, Madame, et pour elle, un attachement bien vrai. J’ai été la semaine dernière à Frauenfeld pour voir Madame de Saint-Paul et elle est venue me voir. Nous n'avons cessé de parler de nos amies de Morges, c’est une jouissance pour nous.
Faites agréer, je vous prie, Madame, les compliments les plus empressés à M. Galiffe, à Mesdemoiselles vos filles et à Messieurs vos fils, et recevez l’assurance de l'amitié et des sentiments les plus sincères avec lesquels j'ai l’honneur d’être, Madame, votre très-humble et très-obéissante servante