CHAPITRE IV
Lettre non signée du baiïlli de Nyon, Victor de Bonstetten, à M. H.-B. de Saussure, au sujet des prétendues listes de proscriptions, suisses ou genevoises, à Genève, de Nyon, jeudi soir, 30 mai 1798.
« Je suis persuadé, Monsieur, qu’il y a un complot pour vous brouiller avec les Suisses. Plusieurs personnes de Nyon ont recu aujourd’hui des lettres anonymes dans lesquelles on leur dit qu’il y a à Genève une liste de quarante personnes de Nyon qu’on y veut assommer ou pendre, et le peuple d’iei le croit et médite de se venger d’avance sur tous les Genevois qui paroissent suspects. On devroit faire réciproquement des déclarations comme quoi il n’y a pas de listes de proscriptions en Suisse ni à Genève. Veuillez, Monsieur, me dire ce que je puis faire pour empêcher une rupture. Malgré mon indignation contre les Grenevois de tous les partis, je plains la patrie de M. Bonnet et la vôtre. Veuillez me dire l'effet qu’a produit ma lettre; celle des Comités m’a indigné. »
La date de cette lettre prouve que le bailliage de Victor de Bonstetten à Nyon dura quelques mois de plus que ne le disent ses biographes, qui le terminent avec l’année 1792. D'ailleurs, les baïlliages bernois étaient tirés au sort entre les ayants droit le premier jeudi après Pâques; les fonctions duraient six ans et de Bonstetten n’avait commencé les siennes
qu’en 1787.
Discours de Jean-Louis Soulavie, « citoyen français, résident de la République française, une et indivisible, près celle de Genève, » le 3 juillet 1793, jour de son arrivée et de sa réception.
« Citoyens,
La République françoise n’est pas la seule puissance qui
jette ses regards sur la nation genevoise, Tous les peuples
libres savent combien elle est intéressante par ses lumières et son industrie. Tous se ressouviennent que la première en courage, Genève a renversé depuis des siècles le despotisme des autels et le despotisme du trône.
Genève a lutté aussi pendant des siècles contre l’aristocratie, le plus vivace des ennemis des peuples; mais après tant de mémorables combats, elle demeure enfin victorieuse de cet autre ennemi.
Vous voyez parmi vous, Citoyens, un François touché de vos vertus républicaines et de votre patiente énergie, qui servira de modèle et encouragera les peuples sensibles à la liberté. Les envoyés de la nation françoise vivront désormais parmi vous avec simplicité, avec fraternité et amitié. Les représentants du peuple françois ne sont et ne seront fiers et superbes qu'avec les Rois qui abusent de la crédulité populaire pour réprimer la marche de la liberté au profit de la tyrannie. Le plus beau jour de la vie d’un François est celui où il peut, AU NOM DU PEUPLE, vous témoigner ces sentiments. Je me croirai heureux en mon particulier si je puis mériter et obtenir votre amitié et votre estime et resserrer
les liens qui unissent nos deux nations. »
Du capitaine Jean-Pierre G'aliffe à sa mère, Mme G.-N., à Préverenges, par Morges ; de Céligny, le 3 septembre 1793.
& Puerari et moi, nous irons servir sous les étendards de l'Autriche, et peut-être même tâcherons-nous d’entrer dans Lyon où nous serons certainement bien recus et où nous servirons au fond la même cause... D’une manière ou de l’autre, il fautque je tâche de me tirer d’affaire, non pas dans le commerce pour lequel je n’ai que de l’aversion, ni en rentrant sous-lieu-
tenant après avoir été capitaine, ce seroit trop dur; je préfère