CHAPITRE IV
mettre la main sur M. de Maligni et ses papiers ; voilà une complication d’aventures. On dit qu’à Berne on a blâmé cette différence, à la demande de Soulavie.
Le Club vient de réduire le nombre des membres de l’Assemblée Nationale à . ?. M. Prevost fait son discours de lieutenant dimanche; je ne sais pas comment il sera remplacé.
La proposition sur les domestiques n’est pas encore mûre. On dit que les comités feront imprimer leur réponse négative sur celle des chevaux de luxe. On dit que les Prussiens et autres troupes se portent en Alsace pour assiéger Strasbourg.
Des lettres reçues récemment d'Angleterre portent qu’à la rentrée du Parlement, le parti de l’opposition sera très-petit. Quatre mille patriotes ont été hachés près de Marchiennes, dans les Pays-Bas, par une armée angloise.
Cobourg marche sur Guise, qui est à quarante lieues de Paris, et le général Beaulieu fait aussi une marche d’accord avec celle-là pour enfermer l’armée de Jourdan.
Du côté de la Vendée, cela va mal aussi pour les patriotes. Comme les réflexions sont interdites, on ne peut pas dire tout ce qu’on leur souhaite.
Nous avons la famille Flournois et Madame Odier- Dunant.
On dit plusieurs mariages ; il n’y a de communiqué que celui de M. de la Rive-Sellon avee Mademoiselle Zucie de Tournes ; M. l'avocat Claparède et Mademoiselle Zullin- Joly; M. Lullin et Mademoiselle Claparède ; M. Rigot, l’officier (qui est de retour ), et Mademoiselle Zullin- Long ; M. Robin, le ministre, et Mademoiselle Dumas-Meynadier. TI faut avoir du courage et de l'espérance de reste pour songer à s'établir actuellement. . . . . »
De Madame Coste, née Jordan, émigrée, à la même, de Court, novembre 1793. [V. p. 202.) !
« Vous dire ce que nous devenons, ce que nous deviendrons, ma très-chère voisine, me paroît un peu difficile. J’ai beau calculer que la retraite des indigents est l'hôpital, que tous les événements malheureux qui nous arrivent journellement devroient nous y mener; je n’en vois point malgré cela d’ouvert pour nous, toujours oiseaux sur la branche et attendant à chaque instant le signal du départ. Il y a gros à parier que quelque grande route sera le dernier lit de douleur qui nous est destiné, puisque nous ne pouvons avoir de moyens ni de secours. Si cette perspective peut noircir l’âme, elle ne nous l’affoiblira jamais assez pour oublier les services que vous nous rendez, et que notre reconnoissance doit en être le DRE Re EUR D
De Mademoiselle Anne Pictet, fille de la comtesse Pictet-de Thellusson, à la même, sa cousine germaine, à Morges; de Nyon, 21 novembre 1793.
« Maman me charge de te dire, en te faisant ses tendres amitiés, qu’elle t'attend pour manger la soupe avec elle. Elle te recevra comme sa fille, c’est-à-dire sans compliment quelconque. Le plaisir d’être ensemble servira de bonne chère; d’ailleurs tu n’es pas difficile.
Nous avons eu dernièrement des nouvelles de ma tante Fabri qui paroît tranquille au sujet de Genève et point dans l'intention de le quitter, à moins qu’il ne survienne quelque chose qui l’inquiète trop. Ce qui nous revient de tous côtés se rapporte à cette tranquillité, qui paroît sûre, au moins pour le moment. Le bon Dieu veuille nous la conserver ! — L’afaire de Madame C(ramer) va être terminée, si elle ne l’est
1 Madame Coste, échappée aux massacres de Lyon, s'était réfugiée d’abord à Préverenges, puis à Court, près Lausanne, enfin à Constance.