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CHAPITRE IV

on ne peut prévoir où s’arrêteroit une destruction opérée par la colère, toujours voisine des excès.

Nous profiterons de cette circonstance pour vous prier de faire disparoître réellement, et non pas d’une manière simulée, comme nous apprenons qu’on le fait en le masquant, le mausolée du ci-devant duc de Rohan,' et d’exhumer son corps ou ses cendres pour être portées (s’il est possible demain), avec le respect dû à un homme vertueux et de qui la mémoire nous est chère, au même lieu où reposent nos braves ayeux qui périrent à la défense de leur patrie il y a 191 ans. Les mânes de ces héros sont ensemble et doivent se rencontrer avec celles d’un grand homme, d’un Duc qui méritoit d’être républicain, et qui, s’il vivoit, seroit aussi vrai Sans-culotte qu’il étoit zélé calviniste.

Puissent nos arrière-neveux, dans mille siècles, bénir la mémoire des régénérateurs de 1792, jouir des fruits de notre Révolution, et célébrer avec allégresse ce glorieux anniversaire.

Permettez, citoyens Magistrats, que pour ne pas multiplier des adresses et épargner pour vous un temps précieux, nous finissions celle-ci en vous rappelant un fait assez étranger à son sujet : Le club fraternel dont tous les Montagnards sont membres avoit déjà réclamé la réforme d’un abus à la chancellerie, le prix arbitraire des passeports. Cette réforme n’a point été opérée, et le public se plaint toujours de cette taxe inégale. Veuillez, citoyens Magistrats, redresser ce grief que nous vous dénoncçons de nouveau.

1 Les anciennes sépultures dela cathédrale (évêques, chanoines, etc.), respectées par la Réformation, ont été détruites par les nombreuses réparations faites depuis lors à l’intérieur de l'édifice. Les vieilles tombes qui se voient à l'entrée du temple, n’y sont que depuis 1730, et n’ont été placées là que comme matériaux de dallage. Les destructions de l’époque révolutionnaire à Saint-Pierre concernent surtout les tombeaux (du XVII siècle) du duc de Rohan et de la princesse Emilie de Nassau, dont chacun occupait une chapelle entière. J1 y eut des vandalismes analogues dans d’autres églises du territoire,

Recevez les assurances réitérées de notre dévouement au bien publie, de notre affection filiale à notre chère Patrie, de notre attachement à ses dignes chefs.

Salut et respect aux citoyens Magistrats.

Pour et au nom de la Société des Montagnards, sentinelles de la Liberté.

J.-H. EBRAY, président, J. WITEL, secrétaire. »

Le 11 décembre de l’an II de l'Egalité.

Nous avons déjà dit que les Montagnards n’attendaient pas les ordres des Comités pour aller détruire de leurs propres mains les gibets des châtellenies ou ceux des seigneuries particulières, qui n’étaient depuis longtemps que des enseignes de juridiction. Les insignes héraldiques furent détruits jusque sur les tombeaux, et les girouettes en plein hiver peu de semaines après cette requête, par conséquent au grand danger des ouvriers qui furent chargés d’escalader les toits à cet effet. — Quantau coût arbitraire des passeports, c’est une allusion au bruit répandu par Soulavie, que le Gouvernement genevois favorisait la rentrée en France des émigrés en leur délivrant des passeports à raison de vingt-cinq louis pièce. — Ce que les Montagnards auraient pu reprocher avec plus de raison, à leur point de vue, c’est que le Gouvernement consentait à délivrer, à qui le demandait, des passeports absolument dépourvus des devises révolutionnaires qui décoraient alors tout document officiel.

De Madame Naville-Rilliet à Madame G.-N., à Préverenges, près Morges ; du 14 décembre 1793.

€ Laubadère, commandant de Landau, avoit capitulé et le jour étoit nommé pour l'entrée des Impériaux dans la ville, lorsque quelques centaines de paysans se sont jetés dans Lan-

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