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CHAPITRE IV

durent la vie, car le premier mouvement des Montagnards avait été de les massacrer, comme le pauvre tonnelier Burdet, qu'ils avaient fusillé en passant par Chêne, parce qu’il refusait d’échanger son bonnet blanc contre un bonnet rouge. Le «citoyen» Labat suivit de près son beau-frère dans les prisons.

Le Club fraternel des révolutionnaires de la Montagne de Genève aux Comités provisoires d'Administration et de Sûreté réunis, le 27 janvier 1794, l’an III de l’Egalité.

« Citoyens Magistrats,

Les mesures que vous avez prises, les ordres que vous avez expédiés relativement aux châteaux de la Vendée genevoise ont prévenu notre vœu.

Nous vous invitons à généraliser ces mesures et à expédier des ordres semblables dans les parties du territoire où il existe encore des donjons.

Salut et respect aux Magistrats de la Loi.

BERNIER, président, THÉOPHILE MARTIN, secrétaire.»

Les magistrats accédèrent à cette proposition. Il fut décidé «de réduire tout château à l’état d’une maison ordinaire. » Mais comme les niveleurs ne mirent pas immédiatement la main à l’œuvre, les autres châteaux paraissent avoir été épargnés, et cela à la demande du citoyen de Saussure.

De J.-G. Prevost à J.-A. Graliffe, de’Grenève, 5 février 1794.

@ . . . . . Le Conseil souverain a sanctionné aujourd’hui la Constitution ; 4200 environ l’ont approuvée, et environ 300 l’ont rejetée. Cette approbation a été célébrée au son des cloches et des canons. Mais un Conseil Général qui

m'a fait encore plus de plaisir, c’est celui où il s’agissoit de la religion. Vous auriez été aussi satisfait que moi de la grande majorité: 3808 contre 382.

. . Le Conseil Général qui a été assemblé jeudi dernier pour donner son approbation à douze objets, dont le dernier étoit le brûlement des lettres de bourgeoisie, en a approuvé onze et rejeté ce dernier à la majorité de 2400 environ contre environ 1800. . . ,. . Neroit-il vrai, mon cher ami, que Messieurs de Berne soient si sévères pour les étrangers ?

MM. Michel et Labat sont toujours en prison. Je ne sais trop quelle procédure on peut faire contre eux. »

De Madame Naville-Rilliet à Madame Galiffe-Naville, sa bellesœur, à Préverenges, de Céligny, 7 février 1794.

€. . . . . M. Dacier a eu tort de te faire peur d’une visite à Céligny. Sois sûre que ton frère n’y a pas laissé le plus petit bout de papier écrit sur quelque sujet que ce soit. Il a fait de même de ses armes et n’a laissé exprès qu'un seul fusil; et puis cette visite sera organisée, il est vraisemblable que c’est de la garnison qui accompagnera les membres des Comités. En les recevant bien poliment, j’espère qu’il n’y aura pas à avoir de l’émotion. Je te remercie sincèrement et du fond du cœur de ton envie de te trouver à Céligny au moment qu’on me fera cette visite, mais j'espère que la difficulté du chemin ajournera la partie.

Tu auras su que la Constitution fut acceptée mercredi par une pluralité de 4288 voix contre 200 et tant. Pendant la tenue du Conseil Général (à Saint-Pierre ), les orgues jouoient la Carmagnole et Ça ira ; quelle profanation ! On tira

1 On verra plus loin ce que fut cette « visite» des révolntionnaires à Céliguy, malgré «la difficulté du chemin. »

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