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CHAPITRE IV

cent et un coups de canon, et l’on chanta beaucoup le soir par les rues. — Jeudi il y eut Conseil Général pour plusieurs questions, entre autres celle d'autoriser l'Administration à faire toutes les démarches nécessaires pour faire brûler tous les rôles, registres et lettres de bourgeoisie et d’habitation. Il faut bien imiter les François, et faute de nobles et de clergé à tourmenter et à voler, il faut bien faire quelque chose.

Vingt-sept de nos paysans furent mercredi au Conseil Général. Des Marseillois leur persuadèrent qu’ils ne seroient pas bons patriotes s’ils ne se laissoient pas rogner la queue à la mesure prescrite par eux, c’est-à-dire qu’en la faisant revenir devant, par-dessus l'oreille, il faut que les cheveux touchent la bouche, mais ne la passent pas. Aux uns on n’a coupé que le floquet de cheveux qui sort du ruban, à d’autres on a coupé du ruban. Le grand Jean-Louis Baud ne voulut point de cette opération, il se sauva à toutes jambes et ne s'arrêta de courir qu'à Sécheron.

Je sais que nos trois prisonniers (ZLullin, Micheli et Labat) voient chaque jour quelques personnes, mais le jour de la Constitution ils furent resserrés et personne ne put les voir. On avoit dit qu’on porteroit une amnistie en Conseil Général et que MM. Micheli et Labat en profiteroient de même que leurs assassins, mais on n’en parle plus. Quelle cruelle destinée ! Je remercie sans cesse le Tout-Puissant d’avoir permis à ton frère de se mettre à l’abri des méchants.

Nous eûmes hier les quatre lettres de M. Duroveray, elles sont fort bien écrites, très-fortes, mais ne serviront à rien. Ce n’est pas encore le moment d'écrire, et Dieu seul sait l’instant où il nous rendra la tranquillité et le bonheur. C’est lorsqu'on verra luire cet heureux jour, qu’il sera bon d'écrire pour instruire les peuples et les faire revenir des principes françois. . . . . Ilfaut espérer qu’on n’en viendra pas à Genève à voler comme en France. Tant que nous resterons

Do DEUXIÈME SÉRIE.

Genevois à Genève, l’ancien honneur conduira nos compatriotes.

Pas un mot à dire à l’extérieur du côté des coalisés, et toujours des horreurs en France. On parle de séquestrer tous les biens des prisonniers. Pense à notre cousin Æülliet et à nos trois cousins Thellusson. On traite Marseille comme Lyon, on y fusille, on y démolit, on ne veut plus du nom de Marseille; jusqu’à ce qu’on le rebâtisse, on l’appellera la Commune sans nom.— Adieu, chère sœur, j’embrasse tous les enfants; prenons courage, confions-nous en Lui, espérons qu’Il nous donnera des jours plus heureux. »

De J.-G. Prevost à J.-A. Galiffe, à Préverenges; de Genève, mardi 11 février 1794.

€ J’allai dimanche au catéchisme de M. Martin, ignorant les prédicateurs de la journée. Je regrettai beaucoup de n’avoir pas été entendre M. Mestrezat, qui fit, dit-on, un sermon superbe sur la fréquentation des saintes assemblées, dans lequel il réfuta les opinions de M. Anspach. Je compte aller l'entendre dimanche prochain. . . . . »

Jeudi 13 février 1794. & Vous aurez sans doute su que M. Wicheli a été indiqué pour l’un des douze, dont on choisit quatre, pour exercer le syndicat, et que du fond de sa prison il a refusé; on croit que s’il avoit accepté, il auroit été élu.

L'on Ôte tous ces beaux arbres du ci-devant Pré l’Evêque, appelé maintenant Pré National. Cela me fait beaucoup de peine, je vois toujours avec chagrin détruire ces arbres. On va le cultiver et y planter des pommes de terre. On publie dans ce moment que l’on donnera vingt-cinq toises de terrain à ceux qui voudront cultiver des pommes de terre.

. + . . Rien de nouveau de l'étranger, si ce n’est la

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