CHAPITRE IV
prise de Pondichéry par les Anglois, ce qui les encouragera à la guerre.
. . . . Je reprends la plume pour vous donner les noms de nos syndies: MM. Janot, Dentand, Gasc, Humbert, auteur des €... contes du fils Duchëne, » dont vous aurez sans doute entendu parler. On a aussi sanctionné différents costumes pour les personnes en charge et divisé notre territoire en départements. . . . . »
L’imitation de la France alla, en effet, jusqu’à diviser la ville et les quelques paroisses rurales qui composaient le territoire genevois, sinon en € départements, » tout au moins en vingttrois circonscriptions, dont huit, dits arrondissements, pour la ville, et quinze, nommés districts, pour la campagne. Chacune de ces circonscriptions était pourvue d’un juge de paix avec le personnel obligé de suppléant, greffier, huissier, etc. Aujourd’hui quatre juges de paix suffisent pour un territoire double et une population triple de la fin du dernier siècle.
Du même au même, 27 février 1794.
€ . . . . Puisque je reprends la plume aujourd’hui, je vais vous parler d’une chose bien propre à dissiper toute ma bile: c’est la fuite de M. Zullin, qui vous aura fait autant de plaisir qu’à moi. Je souffrois toutes les fois que je le sentois en prison, de son ennui, de tout ce qu'il devoit souffrir, lui qui nous a tous sauvés il y a si peu de temps...
L’on me dit ( mais je crois que c’est un conte) que onze mille hommes (pas moins) s’étoient approchés de Morges avec une formidable artillerie; si cela est (mais encore une fois je n’en crois rien), quel peut être leur dessein? Adieu, pour aujourd’hui, il faut que j'aille à la maison de ville pour faire reconnoître citoyens mon père et un de mes oncles. . . . .»
De Mademoiselle Jenny de Thellusson à Madame Graliffe-Naville, sa cousine germaine, à Préverenges’; de Rolle, mercredi 29 février 1794 (sur la captivité de MM. J.-L. Micheli du Crest, ancien syndic de la garde, et J.-L. Labat de la Gara, ses beauxfrères, ayant l’un et l’autre épousé des demoiselles de Thellusson).
& . . . . Puisque vous êtes assez bonne pour désirer être instruite de tout ce qui concerne nos pauvres prisonniers, je vous dirai que l’opinion générale est, comme dans le premier instant, que leurs personnes ne risquent absolument rien; mais leur désir étant qu’on fasse leur procès dans les formes, il paroît qu’ils seront détenus plus longtemps que nous ne l’avions d’abord imaginé. . . . . Ma sœur Julie, qui nous quitta avant-hier matin, nous mandoit par le courrier de hier qu’elle avoit trouvé son mari bien portant, ainsi que mon frère Micheli; qu'on avoit mis son mari dans une bonne chambre et qu’on continuoit à avoir pour ces Messieurs les égards qui vraiment leur sont bien dûs. Ma sœur aînée étoit revenue du Crest pour voir son mari, mais étoit ensuite retournée à sa campagne.
Le château (du Crest) et La Grara sont toujours remplis de monde. Les Comités prétendent qu’ils indemniseront mes sœurs des dépenses qu’elles sont obligées de faire pour nourrir tous ces gens; mais dans ce remboursement, le pain, la lumière et le vin ne seront point compris; vous comprenez donc que ces dédommagements ne seront rien. Du reste, mes sœurs sont réellement étonnantes par leur force et leur sang-froid.
à . L'on prétend que l’un des membres des Comités a été conférer avec mon frère Micheli pour lui demander la manière qui lui seroit la plus agréable de faire combler ses fossés au Crest, Il est étrange que ce soït aux prisons que M. Micheli soit consulté sur un pareil objet.
. . . . Voilà, ma chère cousine, tout ce que je puis