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CHAPITRE IV

nourrissons ; puis des jeunes filles et des jeunes garçons avec les attributs de l’agriculture, etc., etc. Vient ensuite un grand trophée porté par seize hommes, où se voient les instruments et attributs de tous les arts et métiers, au milieu desquels s'élève une colonne pyramidale portant les noms de nos S(yndics?); mais auparavant, on avoit vu des vieillards soutenus par des enfants. Après le trophée viennent trois magistrats avec le résident de France et des officiers françois, puis une infinité de petits garçons et de petites filles, en groupes séparés, ayant à leur tête un légionnaire. La marche est fermée par plusieurs compagnies de légionnaires. J’omets une bonne partie du défilé, les drapeaux, les devises, etc. L’on doit tirer ce soir un feu d’artifice au Lycée National (cidevant Bastion Bourgeois), pour ce monument. . .

On parle d’une brillante victoire remportée par les Impériaux sur les François, près de Charleroy. Vous avez su que les Anglois ont pris sept vaisseaux de ligne aux François devant Brest, qui escortoient une flotte marchande; on espère que les bâtiments de cette flotte sont aussi pris. . . . .»

Il est curieux qu'avec ce goût presque religieux pour les cortéges et les parades symboliques, l’un des traits caractéristiques de l’époque révolutionnaire genevoise ait consisté dans l’horreur et la sévérité des magistrats pour toute espèce de représentation théâtrale et de déguisement. Nous avons vu que, dès les premiers temps de la révolution genevoise, la salle de spectacle avait été envahie par le Grand club fraternel ; quant au foyer du théâtre, on y avait installé une école nationale de filature de coton; et pendant les six ans de régime révolutionnaire, le théâtre n’eut pas d’autre emploi; aussi n’était-ce pas contre cet établissement fermé, mais bien à propos de tentatives beaucoup plus modestes, et généralement contre toute espèce de travestissement, que le Gouvernement

s'élevait, dans ses proclamations, € comme chose dangereuse dans un petit Etat qui ne subsiste que par l’industrie, pour l’ordre public et pour les mœurs, au maintien desquelles sont attachés la conservation des vertus républicaines, l’amour de la liberté et le bonheur public. » Les amateurs de spectacles ne pouvaient en jouir qu’à Carouge ou à Châtelaine, ce qui exigeait pour chaque fois des laissez-passer du résident de

France. Du reste, défense formelle d'insérer le programme où l'annonce de ces spectacles étrangers dans la Feuille d'avis. Le régime calviniste n’avait pas été plus absolu contre les représentations théâtrales de l’ancienne Genève. Même sévérité aussi pour tout ce qui concernait les mœurs. Il ne faut d’ailleurs pas oublier que, pendant toute l’époque révolutionnaire, la ville ne fut, pour ainsi dire, pas éclairée pendant la

nuit,

Du résident de France Soulavie aux citoyens syndies et Conseil de la République ; de Genève, le 26 messidor an II de la République une et indivisible (11 juillet 1794).

« Citoyens,

De bons Montagnards sont venus féliciter le résident, des victoires du peuple françois et l’ont chargé de témoigner leur joie à notre République.

Je suis convaincu, Citoyens, que vous partagerez volontiers avec eux et avec moi la joie qui nous réunira dimanche prochain sur la plate-forme du mont Salève; nous y porterons la statue de la Liberté. Nous y chanterons des chansons chères aux peuples libres, nous adresserons des vœux à l’Être suprême.

Je vous invite, Citoyens Syndics et vous Citoyens composant le Conseil, à cette fête républicaine, et à dîner avec nous ce jour-là sur un frais gazon.

Salut et fraternité.

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