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CHAPITRE IV

Je languis bien de vous tous embrasser. On dit bien que si vous veniez, vous feriez du plaisir et vous pourriez être utile; mais je ne vous y conseille pas, et si c’est nécessaire je vous z'écrirai. En toute occasion, disposez de moi. Vous savez bien que je suis toute à votre service. »

Nous avons dit que les magistrats du Gouvernement renversé, puis réintégré de 1782, étaient de tous les Grenevois de l’ancien régime les plus menacés par le parti révolutionnaire. Aussi la plupart avaient-ils dû quitter Genève bien des mois avant la crise de 1794, quelques-uns déjà en 1793. Mais cette absence même leur fut imputée à crime; des agents secrets avaient été chargés de surveiller en Suisse leurs prétendues « menées contre-révolutionnaires. » Ils furent € sommés de comparoître dans les vingt-quatre heures, faute de quoi ils seroient jugés par contumace et leurs biens provisoirement sequestrés.» C’est ce qui venait d’avoir lieu, sauf pour l’ancien syndic Claparède, qui paya cher son courage. — Madame Cramer, fille de lPancien auditeur Michel Audéoud, qui subit la mort avec tant de sérénité, est l’aïeule de toutes les familles Cramer encore établies à Genève; ses frères se fixérent en France où ils ont contracté les alliances les plus distinguées. Quant à P. Bellamy, c'était en effet l’un des plus menacés par les cris de mort. Son accusation se terminait par ces mots: « Mais qu'’est-il besoin de te chercher des crimes ? Tu as été ministre, et qui dit ministre dit l’amas de la turpitude, celui de la perfidie, et l’ensemble de tous les crimes.» Celui des juges qui fit tout à coup pencher la balance en sa faveur s’y prit en ces termes: € Si le bon Dieu m’avoit dit ce matin: Tu feras grâce à cet aristocrate, je lui aurois répondu: Bon Dieu, tu en as menti ! Cependant, vu sa défense, je lui fais grâce de la vie.» Tout cela est digne de ce début du compte rendu du

premier tribunal de sang: « Entrés dans une carrière aussi

pénible qu’importante, les membres du tribunal n’ont eu pour base aucune règle quelconque, aucune loi particulière, aucune organisation, etc.»

De J.-G!. Prevost à J.-A. Galiffe, à Préverenges; de Genève, 13 août 1794.

@ . . . . . Je me borne à vous demander de vos nouvelles, n’en ayant reçu qu’indirectement et depuis longtemps. . . . . La ville est tranquille. Chacun porte, selon l’ordre, la vaisselle à la Monnoie. On a annulé hier toutes les locations. »

Du même, .. août 1794. & . : . . . Nous venons de recevoir une visite domiciliaire pour le rôle qui se fait des individus de chaque famille, afin de fixer la quotité des contributions. . . . . De Roches a subi dix jours de prison à Chantepoulet, puis a été renvoyé absous. Quant à ceux qui, comme moi, n’ont été que désarmés, ils n’ont pu sortir de la ville pendant trois semaines; actuellement encore, suivant les portes et Les jours, ceux qui ne sont d’aucun club ne peuvent sortir sans permission. Hier on ne me laissa pas sortir par Neuve, mais bien par Rive, ce qui m'étoit bien indifférent, puisque c’étoit uniquement pour me promener. »

Du même, .. août, vendredi. — & On a fait hier une publication qui réduit les intérêts au 3 °/,. On disoit qu’il se formoit un camp de François dans nos environs, et à présent qu'il est contremandé. On parle de la prise de Mannheïm par les François... Lee ur

De l’ancien syndic Z.-L. Naville à Madame G.-N., à Préverenges ; d’Yverdon, 14 août 1794.

€ Je n’ai qu'un moment, chère sœur, pour t’envoyer cette réponse de notre cousine de Diesbach à Catherine. , , ,

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