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CHAPITRE IV

est tant mauvais! mais je ne veux plus vous parler de ces méchants, 4 "es

Les succès de notre ministre Reybaz à la Convention Nationale (6 fructidor, an IT), dont le président l'avait honoré du baiser fraternel, avaient donné lieu à Genève à une fête publique, appuyée de cent coups de canon, et l’on avait joint au drapeau genevois, devant la maison de ville, ceux de France et des Etats-Unis, à l'exclusion des bannières de Berne et de Zurich. Dans le discours, assez ampoulé, de Reybaz à la Convention, l’orateur avait dit entre autres: & Vous avez jeté un œil de complaisance sur le berceau de l’auteur de l Émile, cet Hercule de la politique, qui en a balayé les immondices; vous avez rapproché par la pensée, des deux extrémités de la Suisse, deux grands instruments de la Liberté, la plume de Jean-Jacques et la flèche de Guillaume Tell. »

De l’ancien syndic Z.-Z. Naville à la même, à Préverenges ; d’'Yverdon, 26 août 1794.

« Je n’ai qu'un instant, chère sœur, pour te faire parvenir des nouvelles indirectes que je reçus hier de ton fils. Voici ce que m'écrit mon ami Wallet-Du Pan, de Berne, 24 août:

@ A l'instant je reçois une lettre du quartier général du prince de Cobourg, en date du 16, à Foron-le-Comte. La personne à qui j’avois recommandé Monsieur votre neveu et le jeune (allatin, me mande ces mots:

& J’ai recommandé le jeune Gallatin à S. A. R. l’archiduc « Charles, qui a bien voulu le recevoir dans son régiment d’in- «fanterie. M. Galiffe a joint le corps de Zimmermann, hussards, «au service de Hollande, où nous sommes convenus qu'il se «mettroit, en attendant que je le place à la première occasion «favorable en le faisant entrer honorablement à notre service.

«Comptez que je ne négligerai rien pour être utile à des «jeunes gens bien nés, bien pensants, bien élevés et qui sont «recommandés par vous. »

Il faut espérer, chère sœur, que ce premier pas fait le mènera par la suite à quelque chose de bon. On dit comme sûr que le prince de Cobourg est rappelé. Mack reprend le commandement sous les ordres de l’archidue Charles; on en conçoit les meilleures espérances. Le comte d'Artois doit être arrivé à Londres en ce moment. Tout se dispose pour reconnoître universellement Monsieur comme régent de France. Il se confirme que les François évacuent tout doucement le Piémont, ce qu'on attribue principalement aux maladies qui désolent leur armée et la mettent absolument hors d’état d'agir.

Chez nous, tout va de mal en pis, et je ne pense pas que tu sois du nombre de ceux qui sont assez bons pour se réjouir de la victoire que J. vient de remporter. Ceux qui triomphent, ne sont-ce pas ceux qui ont assassiné nos amis, qui nous pillent, qui nous dépouillent et qui réduisent Genève à un état dont il est désormais impossible qu’elle se relève jamais ? Le masque de ces gens-ci va leur aider à consommer notre ruine sans qu'on les dérange, et des imbécilles trouvent cela fort beau!

Pour moi, je songe très-sérieusement à m'éloigner et pour longtemps de ce malheureux pays. »

De Mademoiselle Anne de G'allatin à la même, à Préverenges; de Bel-Air (route de Chêne), même époque.

€. . . . Je ne te donne pas des nouvelles d'ici, ta belle-sœur t’aura porté celles du moment. Tant mieux pour ceux qui recouvrent leur liberté et qui peuvent se passer d’argent; mais il y en a sûrement de bien malheureux, dont je ne connoïs pas encore les noms. Je pardonnerai bien des choses s'ils ne touchent pas à notre culte; mais pour cela, je n’y puis

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