‹ D'un siecle à l'autreChapitre 23 sur 253 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

dans les calculs de ce genre les plus sages prissent soin d’évi- ter les idées trop vagues, et de tenir compte des calamités qui menacent tous les habitants de l’Europe par l'établissement d’un système politique compensé par quelque chose de semblable au mouvement perpétuel en mécanique. L’expérience de l’ancien monde semble nous démontrer qu’il faut que certaines monarchies grandissent jusqu’à devenir universelles, pour ensuite, après avoir jeté quelque éclat, se briser en fragments imperceptibles. Il n’est pas donné à l’homme d’empêcher cette inévitable fatalité, et ce n’est donc pas avec une entreprise aussi chimérique qu’on renversera les lois de l’éternelle justice. Secourir généreusement les faibles injustement opprimés, est le meilleur correctif à employer. Les guerres préventives ne sont que trop souvent semblables à ces remèdes de précaution qui attisent la maladie qui aurait pu être guérie, sans éruption, avec des soins et l’aide de la bonne nature ; il arrive souvent d’ailleurs que le mal se montre du côté précisément opposé à celui que nous avions voulu prévoir. Vous voyez que je ne suis pas un politique à la mode, mais que je suis toujours un disciple fidèle de Pythagore, 7Up paxaion A rudes. Mais qu'ont affaire ici mes réflexions politiques, dans une lettre adressée à six cent milles d'ici ....... Veuillez présenter mes salutations les plus affectueuses à M. Stillingfleet. Je suis avec la plus sincère amitié Tout à vous.

CALANDRINI, prof. »

Du comte Otto-Fréd.de Lynden à No. Jean-Louis Calandrini, prof. philosoph., de Nimègue, 23 juin 1745.

«Otto Frid. de Lynden Viro clarissimo Calandreno suo, $. D.

Annus jam est, ex quo a te nullas : Ferreus profecto es, mi

Calandrene, nisi id tibi habes persuasissimum, neminem esse qui te majori colat observantia, nomenque tuum non laudibus modo, sed et amore officiosius prosequatur.

In civitate vestra, quid moliantur homines literati, diu est, quod ignoro, et doceri cupio : in primis scire areo, num sistema Juris Naturalis, quod animo versabat Burlamachius, luci publicæ commiserit, an adhuc sub lima.! E Germania haud ita pridem ad me perscriptum est, exquisitissimi illius apparatus, qui in defuncti T'urretini scriniis reconditus ingenti eruditorum expectatione jacet, editionem parare Vernetum vestratem.? Berolino narratur, nomen ÆRousseti viri literis potius tincti, quam imbuti, quo curante varii prodiere rerum publicarum Tractatus, fastis Academicis erasum fuisse, jubente Rege, de quo forsan non eâ quâ par est observantia, locutus fuerat. 5

De rebus Belgicis nihil ad te, eæ, quæ sint, et cujus modi, ex alis accuratius, quam ex me poteris cognoscere. Tu velim sæpe ad nos scribas ; si rem nullam habebis, quod in buccam venerit, scribito. Multum te amamus. Vale.

Dabam Neomagi 1V. id. jun. MDCCXLV. »

De don Antoine Crame à M. Calandrini, professeur de mathématiques à Genève, de Thonon …. 1747.

« Monsieur,

Le porteur vous donnera l’ Essai et les Thèses sur l'électricité, que vous m'avez fait l’honneur de me prêter. Je vous suis

1 Cet ouvrage, traduit ensuite en plusieurs langues, fut publié pour la première fois à Genève en 1747.

211 s’agit évidemment ici du Traité de la vérité de la religion chrétienne, de Jean-Alphonse Turrettini, qui fut en effet publié par son ami Jacob Vernet, dès 1748. Nous retrouverons Jacob Vernet au chapitre suivant,

3 Ceci doit sans doute s'appliquer au compilateur Jean Rousset de Missy, qui a publié en effet plusieurs ouvrages historiques, politiques et diplomatiques.

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