CHAPITRE IV
d’une déchirure de la plante était mis en contact avec la peu, aucun autre préservatif que le feu ne pouvait obvier aux aceidents qui devaient en résulter, et qui ne se faisaient sentir qu’au bout de dix à douze jours. & A cette époque, continue Tingry, la partie inoculée se couvre de boutons et de pustules, accompagnés d’une démangeaison à laquelle il est impossible de résister, suivie d’inflammation et d’enflure qui double le volume du bras jusqu’à l'épaule si l’inoculation s’est faite à lavant-bras. Les douleurs et la fièvre ajoutent à ce que cet état a de critique. La peau se détruit et se reproduit jusqu’à trois fois ; le venin absorbé vicie la masse du sang, et il sort de toutes les parties du corps des boutons qui se terminent en vessies pleines d’une eau âcre. Le cours de cet érésipèle est de deux mois, ete.» Le Gouvernement alarmé prit aussitôt, par placards et avis publics, les mesures nécessaires pour l’extirpation de ce dangereux végétal; et pour mieux éviter toute équivoque, il en fit transplanter un échantillon dans le rond au milieu de la promenade des Bastions, où il resta huit jours exposé aux regards du public sous la garde d’un factionnaire. — L'année suivante, l’intercession de Saint-Ours prévint la destruction des derniers beaux arbres du Pré-l'Evêque.
De l’ancien conseiller B. Galiffe à Madame G.-N., chez M. Colladon, à Coppet ; de Préverenges, 25 septembre 1796.
& J'ai été plus affligé que surpris des nouvelles atrocités commises à Genève; lorsque les brigands sont sûrs de l’impunité, on peut s'attendre à tout de leur part. Je plains les honnôtes gens que les circonstances forcent à vivre au milieu de cette race maudite. . . . . L’espérance de retourner vivre dans notre malheureuse ville diminue tous les jours davantage, et il est bon de mettre à l’abri le peu qui nous TÉSO RE dar tes D
Ceci se rapporte à l’une des plus tristes preuves de la faiblesse suspecte du Gouvernement et de la haine persistante des partis, malgré la réconciliation de l’année précédente, En rivalité les uns des autres et de l'Etat, «les patriotes sansculottes » d’une part, et «les Engluésamis de l’ordre » del’autre, s'étaient donné la mission de faire, à leur manière, la police de la ville; dans l’un des conflits inévitables de cette concurrence, les premiers s'étaient emparés de quelques adversaires armés de cannes à épée et de poignards; au principal d’entre eux, Baudit, dont un frère avait péri jadis à la tête d’un peloton d’'Englués, on réunit aussitôt son beau-frère Pradier, et lun et l’autre furent accusés de € conspiration, méritant la mort.» . Après avoir résisté, avec l’appui du résident Desportes, à la première eftervescence, les autorités imaginèrent de faire trainer le procès en longueur pour donner aux passions le temps de se calmer; mais le résultat fut précisément l’opposé. En effet, deux mois plus tard, les deux accusés furent condamnés à quelques années de bannissement; mais lorsqu'on voulut, sous forte escorte, les reconduire à la prison, pour les soustraire à la populace ameutée, les deux infortunés furent massacrés à quelques pas seulement de la maison de ville, et cela, paraît-il, avec la connivence même des soldats et agents chargés de les défendre. Un libelle imprimé à Neuchâtel, mais censé écrit de Grenève, ajoutait que, &dans leur rage, les assassins avaient bu dans les crânes des victimes, séparés du tronc à coups de crosses et de talons de bottes. » — Cette fois l’indignation publique força les magistrats à sévir; mais les coupables eurent le temps de s’esquiver; cinq mois plus tard, sept des principaux furent condamnés à être pendus en effigie au
gibet de Plainpalais, les autres bannis.