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CHAPITRE IV

sera détenu aux arrêts pour trois jours à l’hôtel de ville, que le syndic Solomiac et l’administrateur Soret subiront les prisons pour le même terme, et que chacun des trois payera 21 florins d’amende; que la prison des juges de paix sera de deux jours et leur amende de 14 florins. Cette sentence prononcée, les juges sont conduits en prison par leurs propres huissiers, accompagnés et précédés de la foule, au milieu des huées et des cris de joie d’une populace qui ne triomphe Jamais plus que par l’humiliation des dépositaires de l’autorité, quels qu’ils soient. Et n'est-ce pas, en effet, le triomphe de la sainte Egalité ? Quelles seront les suites de cet événement? Peut-être plus de mépris pour ceux qui gouvernent ; peutêtre aussi plus de vigilance des uns sur les autres et de sévérité de leur part. Mais entre eux le débat, laissons-les dévuider leur

fusée et revenons à nous. , . . . »

Rien de plus véridique que ce petit épisode, exploité par les Grillards, aidés des Joyeux, des Marseillais et autres clubistes irrités de la sévérité de la police et de ses ordonnances; aux magistrats pris en contravention nommés plus haut, il faut ajouter les juges de paix Vincent, Sené, Noblet, Bourdillon, Bonnet et Serment, et les membres de la Chambre des étrangers Sestié, Plan et Morand, en tout douze fonctionnaires. Ils semontrèrent d’abord très-vexés et découragés, surtout les deux syndics, qui songèrent même à donner leur démission; ils en furent détournés par une adresse des cercles de Egalité et de la Grille, signée par cent seize citoyens, les assurant © qu’ils n’en seroient que plus estimés pour avoir su se soumettre à la

rigueur des lois dont ils sont les organes. »

De J.-A. Galiffe à son père, à Préverenges, près Morges, canton de Berne; de Londres, 5 juillet 1797.

& . . . . . (Cette ville me plaît beaucoup; les rues sont belles et propres, les maisons très-bien bâties; mais il n’y

a point de beaux palais, et tu serois étonné de Saint-James après avoir vu le Louvre; nous avons des maisons à Genève

qui sont presque aussi belles et aussi royales. . . . . Jai & vu le roi, M. Pitt, lord Sydney, lord Malmesbury, M. Dundas Le et autres personnages intéressants, Ne croyez rien des contes : qu'on débite dans les papiers au sujet de M. Pitt; malgré l’énormité des taxes, on ne songe pas à le voir abdiquer, son règne est aussi solide que jamais. La démarche de M. Fox, qui ne veut plus retourner au Parlement, n’a fait que peu de sensation. . . . . Mes cousins Pierre et Charles (Thellusson) sont membres du Parlement; Georges l’étoit aussi, mais une cabale l’en a fait exclure à deux reprises. »

Du même au même, de Londres, 24 juillet 1797.— « Vous ne sauriez croire combien tous les Genevois d’ici se sont montrés disposés à me servir de tout leur pouvoir, et bientôt j'entrerai dans la maison de MM. Cazenove, qui ont été très-satisfaits de mes connoiïssances. . . Notre oncle Thellusson est mort samedi matin. On attendoit presque avec impatience le moment fatal, parce que depuis quelques jours il ne vivoit, pour ainsi dire, plus; je ne pourrai me dispenser de me mettre en deuil.

Nous craignons beaucoup ici que la Suisse ne soit infectée de Pesprit révolutionnaire qui paroît avoir saisi toutes les républiques d'Italie. Mon ami Freudenreich me marque qu’on est décidé à se défendre vigoureusement. Dieu fasse que nous n’ayons pas le sort de Venise! Le doge et les nobili de cette

! Les Genevois alors à Londres étaient MM. Charles Lullin, Jules Micheli,

De la Rive, d'Ivernots, Falquet, Théodore Plantamour, Jolivet, Martin-Rey, de Constant, Schmidtmeyer, De Lom, Pictet, Achard, Lucadou, etc,

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