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CHAPITRE IV

Du même au même, de Londres, 7 août1794. — «. . . J’ai été diner et coucher chez ma tante Thellusson, qui est la bonté même, ainsi que mes cousines et M. et Madame Phips. Celui-ci n’ayant rien à attendre de son frère, lord Mulgrave, qui à un enfant, et sans autre ressource que sa place, le testament de notre oncle est doublement cruel pour lui. Ce testament, blâmé par tout le monde, fait le désespoir de la famille et sera probablement cassé. Dans ce cas, selon les lois du pays, le fils aîné prendroit toutes les terres, qui se montent à plus de 200,000 liv. st., la veuve auroit un tiers de ce qui resteroit, et les deux autres tiers se partageroïent entre les fils et filles par portions égales; mais alors les autres parents mentionnés dans le testament n’auroient rien du tout. . . . . »

Du même au même, de Londres, 8 septembre 1797. — @ . . . . . Toujours point d'espoir de faire trouver ce maudit testament illégal, mais on se flatte que le Parlement le cassera, comme il en a le pouvoir. . . . . M. Cuzenove dit à tout le monde qu'il est fort content de moi; on est étonné de la promptitude avec laquelle j’ai appris l'anglais; ces Messieurs m'ont aussi chargé de la correspondance italienne. L’avenir paroît devoir m'être plus favorable que le DAS NE EE 2

Du même au même, de Londres, 16 octobre 1797. — & . . . . . L’amiral Duncan vient de battre complétement la flotte hollandoise devant le Texel. Neuf vaisseaux de ligne, dont ceux de l’amiral et du vice-amiral, sont capturés, ainsi que deux frégates. L’amiral Winter est prisonnier; on illumine toute la ville, la Joie est universelle, et cet événement a beaucoup remonté le courage de la nation. »

Du même au même, de Londres, 28 décembre 1797. — « Je vous écris à la hâte pour vous donner des nouvelles de mon frère, datées de St-Kitt, du 15 novembre. II a été trèsmalade et a écrit à lord Sydney, qui s'intéresse toujours beau-

coup à son sort. Sir Francis d’Ivernois m'a lu une longue lettre, très-obligeante pour lui, de ce seigneur. Le régiment où servoit G. étant supprimé, il est actuellement sans place et vivant de sa demi-paie. Mais sir Francis prend son avancement fort à cœur, et se fâche pour lui avec le sous-secrétaire de la guerre, M. Æuskisson, de ce que celui-ci promet de faire € son possible» pour faire entrer G-. comme capitaine surnuméraire dans le LX® régiment, quand il s’agit de tenir une promesse faite positivement il y a deux ans, et menace de s'adresser directement à M. Pitt; son amour-propre étant en jeu, vous pouvez être sans inquiétude sur la réussite. . . . . M. Pitt triomphe, bien qu’on ait craint un mouvement à l’occasion du nouveau bill. Les papiers se moquent ici du projet ridicule des François de venir nous conquérir. . . . . »

De Madame Naville-Rilliet à Madame G.-N., à Préverenges ; d’Yverdon, 7 juillet 1797.

@ . . : . . Mon mari et ma sœur arrivèrent le 1* à Nyon et furent lundi à Céligny, en traversant Crans, pour voir le pont sur le Nant. Ils dînèrent à la cure, où on les combla d’honnêtetés. Plusieurs paysans, même Jean-Louis B..., témoignèrent à mon mari le désir de le voir revenir habiter sa maison et l’assurèrent qu’il n’y auroïit rien à craindre. A Nyon, quelqu'un dit à ton frère que F.... avoit beaucoup de remords de sa conduite passée, le témoïignoit ouvertement en mettant la faute sur son père, et assuroït € qu’il donneroit bien deux doigts de sa main pour obtenir le pardon de M. N.!» Si c’est vrai, cela lui fait honneur; mais je ne sais s’il faudroit trop y compter dans le cas d’un nouveau bouleversement.

On a été très en peine sur la Suisse. Buonaparte avoit fort envie de Jui faire subir le même sort qu'à Venise et à Gênes,

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