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CHAPITRE IV

-noisse par quels criminels ressorts cette ville malheureuse est plongée depuis quatre ans dans toutes les horreurs de l’anarchie, afin que les Genevois hommes de bien ne soient plus confondus aux yeux de l’Europe avec les bourreaux de leur patrie, avec les ennemis de la République francoise et de l’humanite !!!... »

En terminant, Desportes promet «le pardon et la protection de la Grande Nation aux hommes qui ne sont qu'égarés par de perfides suggestions, etc. »

Le vain simulacre d’une demande de réunion, repoussé encore par le Conseil général de ce jour, fut voté dans. l’aprèsmidi par une trentaine de membres de la Commission extraordinaire, qui en comptait cent trente. La joie que le résident fit éclater à ce triste résultat, et les termes pompeux et mensongers dans lesquels il l’'annonca aussitôt au Directoire, montrérent assez à quelles appréhensions il venait lui-même d'échapper. Celles-ci semblèrent reparaître lorsqu’à la veille, pour ainsi dire, de l'échange des ratifications du traité de réunion, qu'il aurait voulu inaugurer par une grande fête, il vit les magistrats reprendre une attitude plus en harmonie avec les derniers moments de la République. À sa demande, les clubs incriminés avaient été fermés et leurs papiers mis sous les scellés, mais pas assez tôt, disait-il maintenant, € pour empêcher ces sectaires de dérober les listes de proscriptions, les registres de mort où leur rage s’étoit complue à entasser toutes les conceptions de la scélératesse en délire. » — Il demandait « que dans une solennité funèbre d’expiation, on détruisit par le feu, près du gibet de Plainpalais, les signaux de révolte appendus jadis aux voûtes de leurs repaires; ces caisses de rassemblement (tambours) dont les sons sinistres portèrent tant de fois la désolation et la terreur dans le cœur de vos concitoyens....; ces affreux guidons (drapeaux) sous lesquels les tyrans de Genève enrégimentoient leurs séides toutes

les fois qu’ils avoient résolu de promener le massacre et le pillage dans leur malheureuse patrie, et sur lesquels le bonnet rouge, image auguste de la Liberté, étoit défiguré par l’exécrable emblème de ces brigands, une grille entée sur une tête de mort!» — Il voulait surtout qu’on &apaisât les mânes des

victimes genevoises, en faisant porter au lieu de sépulture de

vos pères, ces vénérables restes de vos amis et de vos frères, ces ossements humains, ces crânes façonnés par le crime pour servir aux libations des cannibales dans leurs festins impies! » — Et comme les magistrats repoussaient ces propositions et les insinuations odieuses qui les accompagnaient, Desportes répliqua «que leur refus, auquel la générosité françoise sauroit pourvoir, ne montroit que mieux que la prompte réunion de Genève à la France étoit son seul moyen de salut. »

De leur côté, les citoyens Butin et Delaplanche continuaient à correspondre pour le Conseil avec Wicheli et Gosse à Paris. Malheureusement, la portion importante des lettres de Micheli est devenue illisible à cause du procédé qu’il employait, de profiter des interlignes d’une lettre ostensible pour tracer à l’encre sympathique une seconde lettre seule essentielle, et que ses correspondants faisaient apparaître au moyen d’un agent quelconque appliqué au pinceau. Dans ses correspondances, le résident Desportes, devenu commissaire du Grouvernement français pour la réunion, n’était désigné que sous le nom de Divos.

De l’ancien syndic Butin, notaire, au citoyen Gosse, à Paris; de Genève, 17 avril 1798.

« Je veux, mon cher Gosse, vous dire deux mots d'amitié qui seront insérés dans une lettre à notre cher Micheli. Notre ville jouit d’un calme parfait. Les cœurs sont navrés, remplis de deuil. Tous les Genevois se sont bien conduits dans une

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