CHAPITRE PREMIER. OÙ
et 29, il étoit inutile de la considérer de nouveau. A cela je vous répondrai qu’en cherchant la variation qui est l’objet de ces propositions, on a égard aussi bien à la force du soleil qui agit suivant le rayon vecteur qu’à celle qui lui est perpendiculaire, et que par conséquent en employant votre argument, il n’y auroit qu’à négliger aussi cette force. Voilà, je pense, où peut conduire la méthode de M. Newton, qui considère séparément les différentes inégalités de la lune.
Je ne vous répliquerai rien sur ce que vous me dites au sujet de l’expédient que j'ai pris pour expliquer comment M. Newton a dû penser que le mouvement réel des apsides étoit le même que celui que donnoit sa théorie. J’avoue qu'ayant caché sa méthode et n’en ayant peut-être jamais eu, je ne puis donner ce que je dis en cette occasion que comme une simple conjecture. Mais il me paroît bien difficile qu’il ait cru ne trouver que la moitié du mouvement réel et qu’il en soit resté là. Ce qu'il dit dans les evempla tertia en n’employant que la moitié de la force moyenne du soleil, et ce qu’on voit dans la prop. 1 du 3% livre doit prouver, ou qu’il a été de mauvaise foi, ou qu'il a cru qu’en résolvant le problême réellement, on trouveroit le vrai mouvementde l’apogée. Peut-être, tout grand homme qu’il étoit, a-t-il voulu envelopper la question et ne pas montrer qu'il ne s’étoit pas satisfait sur ce point. Son fameux Scholie de la prop. 35 pourroit justifier ce soupçon. Mais je n’ai que faire d’entrer dans cette question.
Voilà, Monsieur, tout ce que J'ai à vous mander pour le présent. J’aurois pu traiter plus amplement la supposition de la force L constante pour un instant; car vous lui donnez un grand air de vraisemblance dans votre derniére lettre, et si c’est un sophisme, comme je le crois, il est fort délicat. J°?y répondrai une autre fois si vous le jugez à propos, et la manière dont je me flatterois de vous convaincre, ce seroit en prenant un exemple ou en traitant de la même manière un
autre cas de même espèce ; vous arriveriez à un résultat totalement différent du vrai. Quoi qu’il en soit, je vous répète que cette question m'étant inutile à traiter, je n’en parlerai point. Ce qu’elle à de plus intéressant pour moi, c’est de m'avoir lié avec un homme aussi respectable que vous l’êtes par vos lumières et par votre caractère. J’ai l’honneur d’être avec toute
l'estime possible, Monsieur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur