CHAPITRE PREMIER
De M. Girard deChampeauæ, jadis consul de France à Madrid, puis Résident de France à Genève (1739—1749), enfin ministre de France en Saxe, à Monsieur le professeur Jean-Louis Calandrini, de Genève, décembre 1747.
& Monsieur,
Nous avons été hier, mon fils et moi, pour avoir l’honneur de vous rendre nos devoirs. Je me proposois de retourner ce matin chez vous, avec lui aussi, pour vous demander en grâce de vouloir bien lui donner quelques moments de votre temps; mais il m'est survenu une affaire qui m’empêche de sortir. Voulez-vous bien que je l’envoie seul chez vous? Son intention est de vous dire, Monsieur, que nous vous serions très-obligés, Monsieur, lui et moi, si vous vouliez bien lui donner quelques lecons de mathématiques. Il voudroïit savoir fort bien ce qui peut être nécessaire de Géométrie pour entendre bien les fortifications, et il se propose aussi d'apprendre assez de mécanique pour être au fait des forces mouvantes et des machines qui s’emploient dans l’art militaire ; et enfin il voudroit posséder assez de ces deux parties des mathématiques pour pouvoir lire ou Gravesande ou Mæœschembrock. Je vous supplie donc, Monsieur, de vouloir bien le diriger dans ce travail. Il achètera les livres que vous lui conseiïllerez, et prendra les moments qui vous conviendront. Je le féliciterai fort s’il peut profiter de vos lumières, et je serai bien sensible et bien reconnoissant de vos bontés.
Je suis avec respect, Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur