AVANT-PROPOS. NET
essayons ici, au moins dans ce premier volume, est puisé aux mêmes sources d’information; seulement nous n’envisageons la famille et le groupe que comme moyen de renseignement plus général.
I est évident que parmi les documents vraiment intimes, le
premier rang appartient aux correspondances épistolaires ; nombre d’historiographes n’en voudraient pas d’autres. Mais si les familles tiennent, au même titre que les Etats et les commu- nautés, à la conservation des actes officiels qui font preuve de leurs antécédents, ïil est assez rare que ce respect du passé s’étende aux pièces plus familières auxquelles nous faisons allusion, et plus rare encore que celles-ci survivent aux générations qu’elles concernent. Or, le fond de ce premier volume est pris dans ce qui est resté de la partie relativement moderne d’un recueil de cette nature, qui part du XVe siècle. Le titre n’a trait qu’à l’étendue de la période parcourue, du milieu du XVIIIe siècle, ou peu avant, jusque vers le milieu du nôtre, séparée par la réunion de Genève à la France, en 1798, et subdivisée selon les principales phases de cette période.
Bien loin de nous faire illusion sur les imperfections du procédé et de ses résultats, nous sommes plutôt disposé à renchérir sur tout ce qu’on pourra leur reprocher. En effet, à tous les inconvénients inévitables de la forme épistolaire : le rompu, le fragmenté, les répétitions, la dissémination, la rareté des faits comparés à la masse des détails fatigants ou insipides dans lesquels ils sont noyés, etc., — à tout cela vient s’ajouter indiscrètement, prétentieusement même, le manque de notoriété de la plupart des signataires. Une critique comique serait des plus aisées pour ce premier volume; au besoin nous la ferions nousmême, et avec plus de succès peut-être que nous n’en aurons à lui opposer d'avance quelques considérations, que voici cependant :
Et d’abord, après l’homogénéité et la connexité que ces pièces doivent au double fait de leur provenance et de leur destinatiou, l’avantage que les sources de ce genre peuvent seules offrir, de rappeler dans le langage, les idées et l’atmosphère