CHAPITRE PREMIER
être là (si le texte est authentique) le premier fondateur de l'Eglise de Rome; et dans les anciens sceaux de cette Eglise les deux apôtres y sont représentés, et $. Paul est à la droite. Eusèbe, Æist. Eccles., Nb. III, ce. 4, semble néanmoins donner la primauté à $S. Pierre en disant: € Linum primum post & Petrum, Clementem vero Pauli socium quamquam tertio & loco episcopatum gessisse, » Cottelier, Not. ad locum. De sorte que ce point d'histoire ecclésiastique devient très-obscur. Cependant il me semble que M. Addison, en alléguant le passage de $. Irénée et adhérant à la succession qu'il y donne des évêques de Rome, donne lieu à dire quelque chose de plus critique et de plus exact, qui ne blesse pas cependant, s’il est possible, les catholiques qu’il m'importoit de ne pas heurter, pour ménager un libre accès aux preuves fondamentales du Christianisme.
Je seroïs charmé de savoir ce que vous pensez à cet égard, et il ne me seroit pas moins avantageux de sçavoir si vous avez trouvé suffisant ce que j’ai dit sur la lettre de M. Aurièle, sur la cessation des oracles du paganisme, sur le pouvoir laissé au Démon jusqu'aux temps de J.-C., sur l’entreprise de Julien et le miracle qui la renversa, et sur la question des miracles opérés depuis le temps des Apôtres, article qui sembloït devoir effaroucher les catholiques et qui n’a pas donné lieu à la moindre objection de la part du cardinal Passionei,! qui me fit l'honneur de m'écrire: & Je n’ai pas cessé, depuis quatre € jours que j'ai reçu votre ouvrage, de faire la lecture de & votre discours préliminaire, de vos notes et de vos disser- & tations sur le . . . . . de M. Addison, et je vous assure « que j'en ai été très-satisfait, etc. » Mais votre suffrage ou
votre critique me seroit plus nécessaire encore. Si j'ai été trop
| Le savant cardinal Passionei, qui mourut cette même année 1761, était alors conservateur de la bibliothèque du Vatican. I1 avait été nonce en Suisse
quelque trente ou quarante ans auparavant.
crédule sur quelqu’un de ces objets, si par là j’ai mis en prise la cause que je défends, ayez la bonté de me redresser pour que je me corrige dans la seconde édition. Si vous adhérez à mes preuves qui ne sont que celles des autres, quelquefois discutées et éclaircies, faites-moi la grâce de me le dire. Je me croirois bien indiscret de vous le demander, n’étoit l’importance des vues que nous avons pour désarmer, s’il se peut, les incrédules.
Continuez-moi, je vous en prie, l'honneur de votre amitié en faveur du respectueux attachement avec lequel je serai toujours, Monsieur,
Votre très-humble et très-obéissant serviteur
SEIGNEUX DE CORREVON. D
« Mille compliments, je vous prie, à notre bon ami
M. Tollot. »