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CHAPITRE II

prononcée contre la femme Jeanne Nicolin, de Salins en Franche-Comté, la maîtresse de Tête-Noire.

= André Collomb, de Rumilly, fut condamné « à être mené . céans pour demander pardon à Dieu et à la Seigneurie, genoux en terre, huis ouverts; à être conduit de là à la maison de correction pour y être fustigé au son de la cloche, puis à être mis au carcan au prochain jour de marché, enfin à être banni de la ville et du territoire à perpétuité, sous peine de châtiment corporel. »

François Comparet dit Debatier, de Terny, s’en tira avec la censure, l’amende honorable à genoux et le bannissement à perpétuité € sous peine de châtiment corporel. » Il en fut de même de Pierre Perrey, d’Orsan au bailliage d’Yverdon, de Louise Blanche, sa femme, et de leur fille Jeanne-Murie Perrey; c'était cette famille suisse qui tenait le cabaret solitaire de Champel.

François Leiderrier, natif de Genève, le cabaretier de Genthod, fut condamné Caux prisons qu’il avoit subies et aux arrêts dans sa maison pendant un an, avec interdiction pour toujours de tenir cabaret dans la ville et le territoire. » Enfin Sébastien Du Bourg, de Céligny, le domestique de la maison de Conches, fut condamné également € aux prisons qu'il avoit subies, à la censure et amende honorable, et à un bannissement de cinq ans hors la ville et son territoire. »

Au reste, les derniers aveux faits aux pasteurs par les condamnés au pied du gibet, inculpèrent encore d’autres complices pour des méfaits antérieurs, entre autres pour vol avec meurtre d’un enfant, dans lequel se trouva impliqué Jean-Marc Marguillier, le frère du condamné, et qu’on avait relâché après l’avoir puni pour simple filouterie.

« Vu les circonstances de lieu et de saison, » dit le registre du Conseil (on était à la fin de juillet), Con n’exposera pas les corps des exécutés sur les grands chemins et aux Bou-

geries, comme cela se fait souvent en pareil cas. » Mais on permit aux paysans venant du côté de Cornavin « d’entrer en ville déjà à dix heures pour assister à l’exécution, au lieu d'attendre jusqu’à midi, comme cela se pratique pour les jours de grande fête. » Il faut se rappeler ici que les portes de la ville restaient fermées pendant le service divin.

« En sorte, » dit Calandrini en résumant son rapport, (que par le supplice et la dispersion de tous ces gens, il y a lieu d'espérer que la contrebande armée sera absolument supprimée dans notre voisinage. » Toutefois l’année n’était pas finie, que le Gouvernement genevois avait derechef à sévir contre la contrebande du tabac.

La lettre suivante a trait au mécontentement du clergé catholique pour refus de confesseur aux condamnés.

De Marguerite Sales, femme de No. David Du Molin, à son neveu Jean-Louis Sales, ensuite conseiller, puis syndic à Genève, de Meiny, 8 août 1750.

« Monsieur mon cher neveu,

Je crois qu’il est de mon devoir de me donner l’honneur de vous communiquer un entretien qui eut lieu lundi dernier à la Conférence, qui est une assemblée de douze prêtres, à Veigy, contre Messieurs de Genève. Je vous prie de le communiquer à Nos Seigneurs, si vous le jugez à propos, ne voulant pas, si c’est bagatelle, que vous le disiez. Je ne m’alarme pas volontiers; mais ceci pourroit avoir des suites sans que l’on sût d’où elles viendroient. Voici le fait, sur lequel je vous prie, mon cher neveu, de me répondre si cela se peut dire.

L'on a exécuté à Genève ces misérables; on dit qu'ils ont demandé un confesseur et qu’on le leur a refusé. À cela j'ai dit que je ne le croyois pas, qu’il me sembloit avoir ouï dire

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