‹ D'un siecle à l'autreChapitre 62 sur 253 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

«qu'il avoit publié le dernier, mais que le premier n’avoit & pas été imprimé, et qu'il s’étoit contenté de l’envoyer à & Calvin environ six ans auparavant pour savoir ce qu’il en & pensoit. »

Cela est-il effectivement dans ces propres termes dans la procédure ? N’y a-t-il point quelque chose de plus pour désigner ce manuscrit et ce livre imprimé ?

2° Du 31 août, Servet parlant du procès qu’on lui avoit intenté à Vienne dit qu’on lui fit voir un manuscrit qu'il &avoit envoyé à Calvin et quelques lettres qu’on lui avoit « écrites. »

Ces deux lignes se rapportent-elles à ce qui fut fait à Vienne? N'est-il point expliqué si c’est le même manuscrit qu'il disoit avoir envoyé six ans auparavant à Calvin et quelles étoient ces lettres, en quel nombre et de quelle date?

3° Du 22 septembre. Y a-t-il à la suite d’une requête de Servet qu'il demandoit «que Calvin fût interrogé sur deux & points: 1) si le mois de mars dernier il fit écrire par GŒuil- & laume Trie à Lyon, disant tout plein de choses de Michael & Villanovanus dict Servetus. Quel étoit le contenu de la « lettre, et pourquoi; 2) si avec la dite lettre envoya la moitié « du 1% quayer du livre du dit Servetus, où étoit le titre, l’in- « dice ou table et quelque commencement du dit livre intitulé € Christianismi restitutio ? »

Cela est-il effectivement en propres termes dans la requête, ni plus ni moins? Paroît-il dans la suite que Calvin ait été interrogé sur ces deux points, et s’il l’a été, qu’a-t-il répondu ?

Je vous serai obligé, Monsieur, si vous voulez bien me donner ces éclaircissements à votre loisir. J’ai l’honneur d’être avec respect

Votre très-humble et très-obéissant serviteur J. VERNET,. D

Du même au syndic (Jean-Louis) Calandrini, à Genève, de Chambeisy, ce 15 octobre 1757.

« Monsieur et cher Cousin,

Je m'étois réduit avec M. le conseiller de Chapeaurouge à le prier de jeter lui-même les yeux sur le procès en question et de me donner quelques éclaircissements seulement sur deux faits qu'il me faut savoir au juste. Il s’en est excusé par une suitedela première intention manifestée par ses Supérieurs. Mais en vérité, J'ai de la peine à comprendre qu’en s’y prenant ainsi, en demandant si peu de chose, un homme de lettres qui veut éclaircir un point d'histoire puisse être refusé. Je prends la liberté à toutes bonnes fins de vous envoyer ces deux articles, dans l’espérance que pendant les moments de loisir que vous laisseront les vacances, vous pourriez peut-être, avec votre bonté ordinaire, me donner la petite satisfaction que je souhaite, ce qui seroit sans conséquence par cette voye. Du reste, il n’y a personne à qui je souhaite plus de montrer ma besogne là-dessus, si tant est que je l’achève ; car si je ne trouve pas jour à dire bien, je n’y toucherai pas. Le papier que vous avez vu m'est revenu par M. le Lieutenant (de la Justice) Gralife. — Ma fièvre prend le train de diminuer et j’espère de finir bientôt, et cela par un simple régime sans remède.

J'ai l'honneur d’être avec dévouement

Votre très-humble et très-obéissant serviteur J. VERNET. »

L’incluse contenant les deux articles dont parle M. J. Vernet,

€ Du 14août, Nicolas la Fontaine produisit contre Servet un manuscrit, sur lequel celui-ci répondit qu’il n’avoit jamais été imprimé, mais qu’il avoit envoyé environ six ans auparavant à Calvin pour en savoir son sentiment.

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