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CHAPITRE III

plement les dames de la société genevoise qui étaient nées vers le milieu du XVIII siècle.

Quant à l'influence de la parenté sur la formation des groupes dans un monde où les femmes ont toujours eu une position privilégiée, cette influence était déterminée bien moins par des liens consanguins, se rattachant par lemême nom à quelque ancêtre commun, que par les alliances matrimoniales contractées par les représentants de diverses familles avec les filles, souvent très-nombreuses, d’une même maison marquante. Ainsi, dans notre cas, le groupe était formé principalement des familles ou fractions de famille alliées à celle des Thellusson, la même qui sut s’élever au sommet de l’échelle

les individus et les familles de même nom. Ici, ils sont nécessaires pour montrer de qui la Société dont il s’agit se composait à son origine. Une fois ouverte aux hommes, les Sociétés du Dimanche étaient souvent reportées sur un autre jour de la semaine. La plupart des femmes de syndics ou de conseillers d'Etat avaient, en outre, leur «assemblée,» soit jour spécial de réception, où étaient admis tous les étrangers de distinction en séjour ou en passage à Genève; les maisons Souveraines, surtout celles de l'Allemagne, s'y trouvaient constamment représentées. — Dans notre siècle on à beaucoup tonné en vers et en prose contre les Sociétés du Dimanche, comme favorisant l'esprit de coterie et les jalousies qui en résultaient. On à même cité plusieurs Grenevois (entre autres le fameux Z. Clavière) que la non-admission de leurs filles ou de leurs sœurs dans telle ou telle de ces sociétés avait jetés dans l'opposition, puis rendus hostiles à leurs concitoyens et même à leur patrie. Ce qui est certain, c’est que, pour les titres d'admission, on regardait moins au nom du père qu’aux qualités morales de la mère d’une jeune personne; on aimait à considérer les Sociétés du Dimanche comme des écoles de bon ton, de sociabilité de bon aloi entre les jeunes gens des deux sexes. Le mérite principal de ces sociétés consistait peut-être à préparer des unions heureuses et bien assorties entre époux du même monde et qui avaient eu tout le temps de se connaître, ce qui est appréciable quand on songe à la manière dontles mariages se concluaient presque partout ailleurs. À ces divers points de vue, les Sociétés du Dimanche genevoises ont mérité les éloges de la plupart des étrangers qui en ont parlé (V. entre autres John Moore, dans l'ouvrage précité). — Quoi qu’il en soit, il va sans dire que cette institution est de celles qu’il faut juger selon les idées de l’époque, dont elle était l'expression. Aussi les Sociétés du Dimanche sontelles tombées dès que la fortune est devenue le principal élément de recrutement des classes supérieures. Les deux dernières de ces Sociétés n’ont survécu que de quelques années à notre révolution de 1846.

sociale en France et dans la Grande-Bretagne, où la singularité de ses dispositions testamentaires devait provoquer des lois spéciales contre les substitutions des enfants à naître. A Gtenève, comme dans ses autres domiciles, cette famille se faisait remarquer par la beauté du sang unie à une certaine distinction caractéristique des traits ; type reconnaissable, même après quatre ou cinq générations, dans plusieurs des familles qui en descendent. A l’époque dont nous parlons, vers la fin du dernier siècle, elle réunissait en deux ou trois générations, dans une grande intimité, la nombreuse descendance de messire Zsauc de Thellusson, en son vivant ministre de la République de Genève près la cour de France, et également apprécié dans les deux pays. En suivant l’ordre de naissance de ses huit enfants, cette descendance s’étalerait ainsi : Un rameau, maintenant éteint, de la famille Waville et par lui les (aliffe ; la première branche comtale des Pictet, dits Pictet de Pregny; les Thellusson, seigneurs de la Gara, avec leurs alliances Micheli, seigneurs du Crêt, Labat, barons de Grandcour, et de Budé, seigneurs de Ferney ; les Thellusson, seigneurs de Bière, barons de Coppet, tige en France des marquis de Thellusson, comtes de Sorcy, alliés aux Æülliet, aux Rougemont de Lœwenberg, ete.; les de Diesbach, seigneurs de Carouge sur Moudon, de Berne ; les Fabri, barons d’Aire-la- Ville ; les Thellusson, pairs de la Grande-Bretagne, sous le titre de lords Rendlesham ; un fils cadet, syndic en 1785, mourut célibataire. Nous omettons les alliances étrangères, la plupart très-distinguées, comme inutiles à notre sujet.

Tels sont donc les noms qui, avec ceux mentionnés plus haut et quelques autres, non moins connus à Grenève, vont se présenter le plus souvent dans la série suivante. C’était la fleur de l'aristocratie genevoise à l’époque la plus aristocratique de la vieille République.t Et si nous avions voulu illustrer notre

| Depuis lors, plusieurs familles de l’ancien patriciat se sont éteintes. Elles

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