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JUSQU’EN

Lettres des mathématiciens, physiciens, architectes, et autres savants et artistes du XVIII siècle : J.-L. Calandrini, Gabriel Cramer, G.-T.s Gravesande, J.-P. de Loys de Chezeauæ, comte O.-F, de Lynden, Clairaut, Combes, S. Engel, Giraudeau l'aîné, Souflot, Camp, don À. Crame,

Abauzit, ete. — Relation d'une députation genevoise à Paris.

Le rideau se lève sur un coin de la Genève savante du XVIII siècle. À l’époque où les professeurs de notre Académie étaient pour la plupart des célébrités européennes, et cependant toutes nationales, ce corps comptait, entre autres illustrations, deux mathématiciens de premier ordre, Jean- Louis Calandrini et Gabriel Cramer. Le premier descendait d’une famille patricienne de Lucques, émigrée à Genève pour la Religion vers la fin du XVI! siècle, et qui au siècle précédent avait produit le cardinal Philippe Calandrini, grand pénitencier de l'Eglise dont il contribua à arrêter le schisme, frère utérin du pape Nicolas V (Thomas Parentucelli ou Lucando, de Sarzane), et qui fut mis lui-même en élection pour la papauté en concurrence avec le fameux Æneas-Sylvius Piccolomini (Pie IT). — Le second appartenait à une bonne

famille originaire de Strasbourg, retirée à Genève vers le milieu du XVII siècle.

Nommés l’un et l’autre, en 1724, professeurs de mathématiques ( puis aussi de philosophie ) à vingt et un ans, c’està-dire à un âge où la plupart des jeunes gens ne font que commencer leurs études supérieures, ils auraient été rivaux si ces hommes vraiment distingués n’avaient pas eu l’un pour l’autre autant d’affection que d’estime. Ils étaient en relation suivie avec les principales célébrités de leur temps et dans. tous les genres : car, à cette époque encyclopédique, s’adonner à une science ne signifiait point s’y renfermer exclusivement, mais au contraire l’étendre à tous les sujets auxquels elle peut s'appliquer de près ou de loin. En dehors de leurs travaux spéciaux sur diverses branches des mathématiques, ils en ont laissé sur l’astronomie, la géographie, sur certaines parties de l’histoire naturelle, sur la physique, la métaphysique, la philosophie, la critique sacrée, etc., etc.

J.-L. Calandrini, qui est ici plus directement en cause, est connu par sa collaboration à plusieurs journaux scientifiques, tels que la Bibliothèque italique, la Bibliothèque raisonnée, le Journal historique de la République des lettres, le Journal helvétique, ete., ete., et plus encore par son édition latine des Principes mathématiques de Newton, commentés par les Pères Le Sueur et Jaquier (Genève, 8 vol. in-4°, 1739), qu'il a enrichie de corrections, de commentaires et de divers morceaux précieux, tels que le traité des sections coniques, un autre sur le calcul des équations des planètes, une théorie sur le mouvement des milieux élastiques relativement au son, sa réfutation, contre Jean Bernoulli, du système des tourbillons, des mémoires sur la théorie des résistances, sur la

force de l’aimant, sur le mouvement de la Lune,

dans lequel ildémontra avant Euler, d’Alembert et Clairaut, une erreur de Newton, — sur l'attraction, sur la figure de la Terre, ete.

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