CHAPITRE PREMIER
Sans compter toutes les notes de ce grand ouvrage qui sont désignées par un astérisque, et beaucoup d’autres qui n’ont aucune marque. Déjà en 1732, un mémoire de Calandrini sur la figure de la Terre, avait donné lieu, à l’avantage de l’auteur, à une discussion publique avec l'illustre Cassini, discussion qui amena de nouvelles mesures de notre planète au pôle, à l’équateur et en France, et notamment à une détermination plus précise de l’are compris entre Dunkerque et Paris. — Dans son beau livre in-4°, Recherches sur l'usage des feuilles dans les plantes (1754), le célèbre Charles Bonnet reconnaît qu’il n’a fait que développer les idées et les observations qui lui avaient été fournies par Calandrini, son maître et son parent, et que la planche XX, sur les cinq ordres de distribution des feuilles, est entièrement du fait de ce dernier. . Calandrini s’occupait également avec succès, en auteur et en traducteur, de poésie latine et de littérature étrangère, de numismatique, de météorologie, de physiologie, de fortifications, voire d’architecture, puisqu'il fut particulièrement chargé de diriger la réédification de la façade de notre cathédrale de Saint-Pierre. Son mérite n’était égalé que par son extrême modestie. (Mon Histoire littéraire (de Genève), dit Senebier, sera toujours remarquable par la modestie d’Abauzit et de Calandrini, qui ne voulaient être savants que pour éclairer les autres par leurs lecons ou leurs conseils, et qui faisaient autant d’efforts pour se dérober à la gloire qui les cherchait, que le plus grand nombre en fait communément pour lui aller au devant, et se parer de celle d’autrui. » Î Les discours de Calandrini, variés et toujours neufs, comme recteur de l’Académie, étaient des modèles du genre ; et
1 Il en est malheureusement résulté qu’on à attribué à d’autres quantité de choses importantes fournies par J.-L. Calandrini, et cela malgré les déelarations positives et publiques des Pères Le Sueur et Jaquier, de Cassini, de Clairaut, de d'Alembert, de Charles Bonnet, de Gabriel Cramer, de Senebier, etc., etc.
lorsqu'il quitta sa chaire, désirée par Cramer, pour un siége au Conseil d'Etat, ce fut encore un double sacrifice qu’il fit à l’amitié et à sa patrie ; mais il était partout à sa place.
Malgré tout cela, nous sentons fort bien ce que la correspondance de ces savants du siècle dernier aurait aujourd’hui de suranné pour le lecteur compétent et de fastidieux pour les autres. Aussi n’en donnons-nous que quelques lettres inédites, comme spécimen de l’état de la science à cette époque, et à cause des autres célébrités qui y sont mentionnées. Nous engageons même les lecteurs à qui cette matière répugnerait d'emblée, à passer tout de suite au chapitre II, trop différent de celui-ci pour ne pas exiger un avant-propos spécial. Enfin nous renvoyons aux dictionnaires nationaux et étrangers pour de plus amples détails sur la vie et les œuvres trèsvariées de ces Genevois bien connus et dont les familles ont fourni quantité d’autres hommes distingués dans les sciences, la théologie et la magistrature. Celle des Calandrini s’est éteinte dans notre siècle, et c’est par la dernière représentante de la branche aînée, propre fille de l’illustre mathématicien, et femme du premier syndic Claude- Philippe Claparède, notre bisaïeul, que nous sommes entré en possession de ces papiers. La branche cadette s’est éteinte plus récemment dans les familles Pictet et Tronchin ; une sœur de ces dames, Mademoiselle Mathilde Calandrini, a participé avec le dévouement le plus méritoire à la création et direction des écoles de Toscane sous le dernier grand-duc.