‹ D'un siecle à l'autreChapitre 84 sur 253 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

très-charmés de voir que ma nièce ait rencontré une personne aussi capable de faire son bonheur. Votre mérite seul suffit pour vous procurer l’estime et l’amitié de ceux qui vous connoissent. Jugez, Monsieur, si on pourra vous refuser l’une et l'autre avec le titre de neveu. Je prends la liberté de vous charger spécialement de tous nos compliments pour la future et de l’embrasser pour nous. Nous vous demandons une part dans votre amitié, et en mon particulier je vous prie d’être bien convaincu des sentiments avec lesquels j'ai l’honneur de me dire, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur

THELLUSSON DE BIÈRE. D

De M. Jacques Rilliet- Plantamour au même, son neveu à la mode de Bretagne, de Rouen, le 18 septembre 1766.

« Vous ne vous trompez pas, mon cher cousin, votre mariage me fait un plaisir infini, étant surtout avec Mademoiselle Navwille, et je vous tiens bien compte de m’en avoir d’abord fait part. Il est vrai que peu de personnes s’intéressent à votre bonheur autant que moi. Je crois que vous avez pris le bon parti pour être heureux et fait le meilleur choix pour remplir votre but. Je n’ai pas l'honneur de connoître Mademoiselle Naville particulièrement. Cependant je l’ai toujours aimée et j'ai toujours souhaité de lui tenir à quelque chose ; elle fait donc deux heureux en vous épousant, puisqu’elle ne pouvoit entrer dans aucune maison où mes liaisons puissent mieux m'autoriser à lui témoigner tout mon attachement. Je vous prie de l’en assurer en attendant que je puisse le faire moi-même. J'espère que je ne tarderai pas d'aller participer à votre satisfaction.

Jomme je serai assez occupé aujourd’hui, je ne pourrai pas

écrire à ma femme ; ainsi vous me ferez plaisir de lui donner de mes nouvelles. J'espère toujours la rejoindre dans le temps que je lui ai promis, et souhaite de la trouver aussi bien portante que je suis. — Des amitiés sans nombre à tous vos bons

parents ; je les aime eux et vous de tout mon cœur.

J. RILLIET.

Monsieur ZLullin, mon compagnon de voyage, apprend avec plaisir votre mariage. Il s'intéresse beaucoup-à ce qui

vous regarde et fait mille vœux pour votre bonheur. »

De M. Pierre de Thellusson, tige des lords Rendlesham et de la branche anglaise de cette famille (bien connu lui-même par la bizarrerie de son testament, que nous verrons à sa date), au même, son futur neveu, à Genève ; de Londres, le 26 septembre

« Monsieur,

L'amitié sincère que j'ai pour mon frère Naville, m’a toujours fait prendre part à ce qui intéresse sa chère famille; aussi établissement de ma nièce m’auroit toujours fait plaisir. J'avoue que j'en ressens beaucoup plus d'apprendre qu’elle s’unit avec une de mes plus anciennes connoïissances, qui a mérité l'estime des honnêtes gens par une conduite sage et prudente. Recevez donc, Monsieur, les vœux les plus sincères pour votre bonheur, et en embrassant la chère petite nièce pour moi, dites-lui que plus vous serez heureux ensemble et plus je vous aimerai, Ma femme prend beaucoup de part à votre bonheur et me charge de vous assurer de toute son amitié.

J’ai l'honneur d’être très-parfaitement, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur

PIERRE THELLUSSON.

Page 1