CHAPITRE III
Qui eût jamais pensé, il y a vingt ans, que M. Galiffrou eût été mon neveu? Cela ne laisse pas que d’être drôle.» 1
De Horace-Jean-Louis Turrettini, seigneur de Bossey (propriétaire du domaine du Prieuré à Satigny, maintenant campagne Necker, de la grande maison Turrettini, rue de l’Hôtel de Ville, etc., etc.), au même, son cousin germain, à Genève, de Leyde, le 29 septembre 1766.
« Mon cher cousin,
Je suis très-sensible à la marque d'amitié que vous avez bien voulu me donner. La nouvelle de votre mariage ne m’a point surpris et m'a fait grand plaisir par l’intérêt que je prends à tout ce qui vous regarde. C’étoit un pas qu’il vous falloit nécessairement faire et dont il vous importoit de hâter l’exécution dans les circonstances où vous vous êtes trouvé. Ainsi je ne saurois que vous féliciter de tout mon cœur et vous souhaiter autant de bonheur que je m’en souhaiteroïs à moi-même. Vous voudrez bien vous charger de faire agréer mon compliment à Mademoiselle Naville et mon profond respect à ma tante et à Mademoiselle Galiffe, ? dont j’implore toujours la protection.
Je suis, avec le plus sincère attachement, votre dévoué cousin
TÜURRETTINI. D
1 Le futur neveu n’était guère plus jeune que l'oncle, qu'il avait beaucoup connu autrefois. Ce post-scriptum est, du reste, une allusion délicate à la «fraîcheur » qui était survenue entre les deux familles par le refus que la sœur aînée de B. G.avait dans le temps fait de sa main, contre les vœux de ses parents, à Isaac-Louis de Thellusson, seigneur dela Gara, pour épouser le digne pasteur et professeur Gédéon Le Cointe, préférence dont ce dernier était redevable à un sermon sur « la rencontre du riche et du pauvre ».
2 La tante de M. H.-J.-L. Turrettini de Bossey était Anne, fille aînée du syndic Jacques Rillict, et veuve alors du syndic Jean Galiffe ; et Mile Galiffe sa fille cadette, sœur de B. G.
De la comtesse M.-E. Diodati, née Tronchin, fille du fameux médecin Théodore Tronchin et d'Hélène de Witt, petite-fille du grand pensionnaire de Witt, à Madame Galiffe-Naville, son amie de Société du Dimanche (à Genève ou Châtelaine), de Cologny, peu après les précédentes.
« Veux-tu bien permettre, chère bonne, que je te prie de porter une broderie que j'ai faite à ton intention; tu suppléeras à l’imperfection de l’ouvrage ce qu'y ajoute amitié de l’ouvrière, et ainsi tu le porteras avec plaisir, à ce que j'espère, mais avec moins que je n’en ai eu à le faire. — Je t’embrasse, chère bonne, de tout mon cœur.