‹ D'un siecle à l'autreChapitre 97 sur 253 · CHAPITRE III. Jr · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. Jr

ce propos l'issue de l’intervention des puissances médiatrices, les anciens magistrats étaient obligés de veiller à leur sûreté personnelle. Le conseiller G., l’un des plus menacés, s’était retiré dans sa campagne à Châtelaine, où les avertissements des voisins, les négations des domestiques et le voisinage de la frontière française l’aidaient à esquiver les recherches de la force armée. Celle-ci n’en voulait qu’à sa personne; mais l’idée que ses fils en bas âge pouvaient être exposés à mentir pour le sauver, lui était plus insupportable que celle d’être trahi par leur sincérité. En conséquence il avait accepté pour les deux cadets, les seuls qui fussent alors avec lui, l'offre hospitalière de la famille Micheli de Dulit (alliée Plantamour). De là cette lettre, en réponse au témoignage de reconnaissance de la mère de ces enfants. Celui dont on loue la mémoire et les goûts studieux n’est autre que notre futur historien national Gralifte- Pictet. Mademoiselle M., qui « sortait de faire sa théologie, » c’est-à-dire son instruction religieuse pour sa première communion, épousa bientôt après Marc-Louis Pictet, officier au service de la Grande-Bretagne, cousin germain de la destinataire par les Thellusson. — Ce fut pendant ces troubles de 1782 que le grand naturaliste H.-B. de Saussure soutint un siége dans sa maison de la Oité ; M"° aladin de Crans, âgée de 82 ans, fut tuée à son balcon d’un coup de fusil; le syndic C.-P. Claparède fut blessé, ainsi que le lieutenant-

colonel De Combes. Quelques femmes moururent de frayeur.

De Mademoiselle Jsabelle Roza, fille de la précédente, à la même (Mme la conseillère G., née N.), à Genève, — de Céligny, 3 août (1782 ?).

& Madame,

Permettez-moi de vous remercier mille fois pour toutes les bontés que vous avez eues pour moi pendant le séjour que j'ai

eu le bonheur de faire chez vous. Madame, soyez sûre que je n’oublierai point les conseils que vous m'avez donnés. Je vais m'’appliquer de tout mon cœur à les suivre; je n’ai que ce moyen pour vous prouver ma reconnoissance. Ma sœur commence des languettes pour garnir le sac, et J'ai commencé, avec le canevas que vous avez eu la bonté de me donner, un tabouret pour vos pieds. Chaque point que je ferai sera à votre intention. — Ma tante me charge de vous dire qu’elle est bien sensible aux bontés que vous avez pour nous. Elle à trouvé la robe que vous avez eu la bonté de me donner charmante; je vous en remercie du fond du cœur et vous supplie de m’honorer toujours de votre protection. Oserois-je vous prier de présenter mes respects à Monsieur Gr, et mes compliments à Messieurs vos fils. Je suis avec la reconnoïissance et le respect que je vous dois, Madame, Votre très-humble et très-obéissante servante

ISABELLE ROZA. D

De la mère (de la précédente) à la même, à Genève, — de

Céligny, 3 août (lettre incluse dans la précédente). & Madame,

Vous m'avez défendu de vous parler de ma reconnoissance, mais comment vous obéir quand chaque instant ajoute à mes obligations? Vous nous comblez de bienfaits et je n’ai, Madame, que des sentiments à vous offrir et des vœux à faire pour la continuation de votre bienveillance. Croyez que mon cœur sent tout le prix de vos bontés et sait vous chérir autant que vous le méritez. Monsieur Naville se trouve très-bien de sa course de Châtelaine. Nous sommes revenus bien agréablement remplis de votre accueil plein de grâce. La petite ne se lassoit pas de nous faire le récit de vos bontés pour elle et

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