CHAPITRE III
sailles est si loin qu’il n’y a pas moyen d’y aller souvent. Vous pensez bien, chère maman, que nous avons souvent parlé de vous. Elle veut que je vous apporte de sa part un chapeau; je l’ai assurée que je ne le ferois pas et que je ne me chargerois pour vous que d’un portrait; mais elle dit qu’elle est trop vieille, et j'ignore ce que cela deviendra.
Nous avons fait une partie à la genevoise, ce qui m’a procuré le plaisir de causer un peu avec vous; nous restons en tête à tête avec mon mari, que vous ne reconnoîtriez pas tant il a engraissé; puis nous allons faire le soir une petite promenade, encore en tête à tête. C’est là tout notre plaisir; il nous arrive souvent, et je vous assure que dans ces moments là, Genève et tous nos bons amis ne sont pas oubliés, Collonges non plus.
Nous ne pouvons encore rien décider sur notre retour; mais tout ce que je puis vous dire, c’est que nous le désirons; nous commençons à en avoir assez de Paris. Notre retour tiént entièrement aux affaires de M. 3.
Voulez-vous bien, chère Madame, me rappeler au souvenir des dames Æigaud et leur faire mille amitiés de ma part, de même qu'à Madame Paraban, si elle est dans vos cantons. Mes compliments, je vous en prie, à Monsieur Get mes amitiés à mes petites amies, Mesdemoïselles vos filles.
Bonjour, chère bonne maman, pensez souvent à votre fille Souky, aimez-la et soyez persuadée qu’elle n’est point ingrate et qu’elle vous aime toujours de tout son cœur; c’est avec ces sentiments qu’elle se dit pour la vie votre tendre et affectionnée fille et amie
SOUKY BEAUMONT. |
1 La mère de M€ Beaumont-Sartoris, née Falquet-Sales, avait été de la Société du Dimanche de Madame G:.-N.; de là ce titre de «petite maman » que cette dernière acceptait de toutes les filles de ses amies. Dans cette occasion elle lui avait écrit pour lui recommander une demoiselle Soldano, ancienne institutrice de ses filles. M. et Me Beaumont-Sartoris, revenus à
Mon mari vous dit mille choses. Si vous étiez assez bonne pour continuer cette petite correspondance, vous seriez charmante. »
De M. Jean-Aimé Sartoris (frère de Mme Beaumont-Sartoris : de la lettre précédente), ensuite auditeur, puis retiré à la cour de Berlin et chambellan du prince Ferdinand de Prusse, allié Le Fort, etc, — à la même, à Genève, — à propos de sa réception au grade d’avocat, pour laquelle le conseiller d'Etat Galiffe avait consenti à faire le discours d’office et Madame G., à la faire suivre de la réception d'usage, — de Genève, 1783 ou
&« Madame,
Mes petites occupations, qui dans ce moment-ci sont pour moi des affaires d'importance, me privèrent hier du plaisir de vous voir; je le regrette infiniment; mais les devoirs doivent quelquefois passer avant les plaisirs.
J’inviterai les hommes dont vous me chargez; j’en ai même déjà invité quelques-uns. Votre bon goût ne me permet pas de douter que votre après-midi, que je me plais à appeler la mienne, ne soit charmante ; d’ailleurs quand on est chez vous, on n’a pas besoin d'autre compagnie.
Je crois, sans en être cependant bien sûr, que le samedi sera précisément le jour de ma réception. Le hazard nous aura fait rencontrer juste. Ne craignez point que mes sœurs et moi s’y rendent trop tard ; j'aurai une raison de plus pour avoir soin que toute ma Compagnie soit congédiée à cinq heures.
Monsieur Galiffe saura mieux que moi quel est le jour fixé par le Conseil.
J'espère, Madame, avoir l'honneur de vous voir avant Genève à la Révolution française, ont laissé une postérité nombreuse, alliée
aux Lullin, de Seigneux, Trembley, Fatio, Marcet, Oayla, Appia, de Budé, d'Arbigny, etc.