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cetté situation autrement que par une prolongation de la séquestration, dont la nécessité n’est plus à prouver. » Transféré à Ville-Evrard, il s'en évade le 8 décembre. Réintégré à Ville-Evrard le 23 décembre, il s’en évade à nouveau le 1* janvier 1894, jour de fète, comme on le voit. Il nous faut attendre jusqu'au 4 juin, pour voir Ant... faire une nouvelle demande de placement volontaire à Bicêtre, d’où il sort peu après.
Le 30 juin 1895, nouvelle arrestation pour ivresse, et à ce sujet le D' Garnier dit dans son certificat : « C’est un de ces sujets incorrigibles, débiles et pervers amenés à tout instant à l'infirmerie, dont on ne sait quoi faire, attendu qu’en l'état actuel des choses ils ne sont nulle part à leur place. »
Le 18 juillet, à la suite de la Fête Nationale, il est conduit à l'hôpital Beaujon, d’où on est obligé de l’évacuer sur Sainte- Anne par réquisitoire du D’ Fernet. Conduit à Bicêtre, il est transféré à Ville-Evrard le 18 octobre, d’où il sort en février 1896. Dès qu'il est sorti, il se remet à boire et souvent il lui prend la fantaisie de se faire promener en voiture toute la Journée. C’est dans ces conditions que le 26 mai, après avoir pris une voiture pendant cinq heures, il refuse de payer le cocher, qui le fit arrêter. Conduit à Ville-Evrard, il s’en évade le 10 juillet. Mais il ne tarde pas à recommencer ses excentricités ; dans un moment d'ivresse, il se bat avec des agents, se fait même une entorse dans la bagarre, et finalement se laisse conduire au Dépôt, d’où on l’interne à nouveau à Ville-Evrard. Il en sort en février 1897. En juin, à la suite d'insultes à des agents et à un magistrat, il est à nouveau interné ; et le D Dubuisson, commis pour l’examiner, fit rendre en sa faveur une ordonnance de non-lieu, à la suite de laquelle il est interné à l'asile de Vaucluse. Il est remis en liberté quelques mois après, et il nous faut attendre jusqu’en juillet 1898 pour le voir revenir à l'Infirmerie du Dépôt. Quelques jours auparavant, il s'était présenté au palais de l'Elysée, demandant à parler au Président de la République. Dans son certificat, le D'Garnier déclare qu’ « en vue de l’ordre public et dela sûreté des personnes, l'Administration pourrait s'opposer à la sortie de Ant... » Placé pendant quelques jours dans le service du D° Magnan, il écrit à ce dermer une lettre où. nous relevons les passages suivants : « Si véritablement vous n'êtes pas le dernier des coquins, si vous avez le respect
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des lois, je viens encore une fois vous réclamer ce que le devoir et l'équité vous imposent, de me rendre ma liberté. Homme lucide, je possède toutes mes facultés ». Malgré ses récriminations, 1l est envoyé à Bicêtre. De là, il est transféré à l'asile d'Auxerre, où, malgré notre manque de renseignements, il a dû se montrer tel qu’il est, un individu débile et “pervers. Il en sort le 5 juillet 1899 et, le 7 août, il réclame lui-même son internement, qui ne tarde pas à lui peser, car, trois jours après, il écrit au D° Magnan : « de suis entré à
l’Admission sur ma demande. Aucun arrêt de séquestration ne peut me maintenir enfermé. Au nom de la loi et malade libre, je vous somme de me rendre la liberté. Vous n'avez pas à entrer en discussion avec moi ». Il est envoyé à Bicêtre : c'est son 36% internement.
Rien n'est plus instructif que ces entrées et ces sorties multipliées. Elles montrent la difficile situation du médecin chargé de l’internement, et aussi du médecin chargé d’un service d’aliénés, en face d'un malade de ce genre. D'un côté, indication de la nécessité de l’internement ; de l’autre, difficulté pour maintenir ces malades assez longtemps pour lutter efficacement contre l'alcool, puisque la loi ordonne la mise en liberté immédiate quand il n’y a plus de délire.
Asile Sainte-Anne. — Service du Docteur MAGNAN.
Opservarion IV (Personnelle) (!)
Communiquée en partie par notre ami et collègue le D° TRUELLE.
Hérédité inconnue. — Convulsions dans l'enfance. —" Stigmates physiques. — Perversion morale. — Débilité mentale. — Alcoolisme suivi d'épilepsie. — Simulation. — Incapacité de tout travail. — 6 condamnations. — 30 internements. — 28 entrées à l'Infirmerie spéciale. — Plusieurs évasions.
G... François, 40 ans.
A. H. — Inconnus.
A. P. — Convulsions dans l’enfance et parésie droite consécutive. Quelques attaques épileptiques dans la jeunesse. A l'examen physique on constate un grand nombre de stigmates physiques de dégénérescence : tête comprimée laléralement ; asymétrie faciale, strabisme, voûte palatine ogivale. Blésité.
À 17 ans, il est condamné à trois mois de correction pour vol et vagabondage. À ce moment il était garçon marchand de vins; auparavant, placé chez un fruitier, il n'a pas voulu y rester. Le D' Motet, chargé de l'examiner, constate « un état mental caractérisé par l’abaissement de l'intelligence, l’impossibilité d’une éducation même élémentaire. Cet état mental se caractérise surtout par des perversions instinctives, le besoin de détruire, etc. » Il est en conséquence placé à Bicêtre. Réclamé par sa famille, il sort amélioré le 95 janvier 1880. Ce n'est qu'une illusion, car bientôt il reprend la série de ses filouteries, menace son frère, etc. ; il se livre en même temps à des excès de boissons qui le rendent violent, impulsif; il quitte la maison paternelle pendant plusieurs jours, vagabondant sans but Aussi est-il interné à Bicètre le 17 juin 1881 ; le 13 octobre, il s’évade. On le laisse cependant en liberté ; il réussit à entrer à l'Hôtel-Dieu comme garçon d’amphithéätre, mais tout travail régulier lui coûte. Il est interné de nouveau
(} Publice àn thèse Lucas, jusqu'en 1892.