‹ D'une guerre à l'autreChapitre 12 sur 56 · LE GOUVERNEMENT DE THIERS · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT DE THIERS

marquèrent la première étape de la réfection de l'armée./ Ce lut lui encore, et dans le même temps, qui prit 1 "initiative de nombreuses mesures fiscales/CerJaj^es portaient très fortement l'empreinte de ses idées personnelles : tel furent notamment les remaniements des taxes douanières * qui comprenaient en particulier l'établissement de droits sur les matières premières dont il n'obtint le vote qu'en exerçant une forte pression sur l'Assemblée J Ces droits sur les matières premières révélaient des vues très nettes et, jointes à la dénonciation des traités de commerce avec l'Angleterre et l'Autriche pouvaient faire prévoir une orientation économique nouvelle, capable d'influer grandement sur l'ensemble de nos relations avec l'étranger. \u moment où nous sommes, le caractère fiscal prédominait toutefois absolument. Les réformes allaient ainsi •de pair avec les aggravations d'impôts réalisées par des lois spéciales ou inscrites dans les budgets, comme avec les deux grands emprunts dont ïhiers encore dut assurer le succès en 187 1 et juin 1872. Il s'agissait avant tout de procurer au Trésor désemparé les ressources dont il avait un impérieux besoin. On rétablissait par là les finances, comme on réorganisait en même temps l'armée ; on reconstruisait en somme les forces essentielles de l'Etat auxquelles la guerre avait porté directement atteinte.

Mais les emprunts que je viens de signaler en passant avaient ■été expressément créés pour assurer le paiement de l'indemnité stipulée dans les actes de paix; les impôts nouveaux servaient d'autre part, dans une large mesure, de gage à ces emprunts ; la renaissance militaire enlin, en imposant quelque respect au vainqueur, pouvait faciliter les pourparlers à poursuivre avec lui. Tout s'enchaînait ainsi et ramenait à ces pourparlers. Les principales mesures intérieures du gouvernement de Thiers, se rattachent à ses préoccupations extérieures. ( Elle^ie tendent guère qu'à fournir les moyens de réaliser l'objet: essentiel de son programme, l'objet unique de sa politique étrangère, à savoir le paiement rapide de l'indemnité de guerre] entraînant,

par voie de conséquence, la prompte évacuation du territoire occupé.

Le traite de Francfort avait, sur certains points, posé simplement des principes généraux, pour lesquels la complexité de la vie moderne imposait des précisions particulières qui étaient à régler. De là d'assez longs pourparlers qui aboutirent à une convention du 9 décembre 1871, additionnelle au traité de paix et réglant les options de nationalité, le commerce dans les zones frontières, la reprise ou la rétrocession de chemins de 1er, l'entretien de canaux. Tout cela avait son importance,, mais demeurait cependant accessoire dans les circonstances. Nous pouvons donc laisser de côté les négociations techniques pour nous en tenir à la négociation essentielle. A un moment, le Gouvernement français, usant d'un procédé classique en diplomatie, essaya d'y faire intervenir un tiers, la Russie, qu'il supposait être relativement sympathique. Forte de sa victoire et tablant sur l'indifférence des puissances au cours de la lutte, l'Allemagne fit des observations très sèches. Elle déclara n'admettre l'intrusion de personne. Force fut donc de s'incliner, si bien que les discussions relatives au paiement de l'indemnité et à la libération progressive de nos déparlements se déroulèrent exclusivement entre les représentants de la France et ceux du nouvel empire germanique.

Mais la politique impériale d'alors s'incarne dans un hommer Bismarck. C'est lui qui a réalisé l'unité allemande et mené la guerre contre la France pour couronner son œuvre. Malgré les quelques détracteurs qu'il peut rencontrer encore en Allemagne même, il est le véritable triomphateur et le maître de l'heure. Seulement, et les conséquences du fait se dérouleront pendant de longues années, il est, par moments, presque déconcerté par l'étendue de son succès. Aux prises avec de sérieuses difficultés intérieures, — car on en est aux prodromes du Kulturkampf, — il voudrait assurer la stabilité de l'édifice qu'il a construit,

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