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LSS DÉBUTS DU MINISTÈRE FERRY

«et grecques avait mis fin aux difficultés immédiates nées du 'traité de Berlin, et si le sort des Arméniens et des Cretois demeurait toujours en suspens, c'étaient là questions traditionnellement considérées comme de seconde urgence. Rien de nouveau, non plus, ne survenait en Egypte. Bientôt, il est vrai, dès le mois de mars, l'Italie révélait son pacte avec l'Allemagne et l'Autriche, et le complet isolement de la France apparaissait ainsi plus dangereux encore. Mais les membres de la Triplice insistant sur le caractère pacifique et purement défensif de leur alliance, il parut superflu de prendre contre eux des précautions spéciales et Jules Ferry profita simplement de la tranquillité de l'Europe pour poursuivre ses plans dans les autres parties du monde.

Son'àctivité s'affirma sans délai sur tous les théâtres lointains où la France avait pris position. En Tunisie, le traité trop vague du 12 mai 1881 fut, dès le 8 juin i883, remplacé par un autre qui proclamait ouvertement le protectorat cl permettait toutes les réformes administratives, judiciaires et financières : l'action de la France dans la régence n'était plus, dès lors, limitée que par les accords antérieurement passés par les beys avec des puissances étrangères Sur la côte de Guinée, le décret promulgué l'année précédente pour assurer l'installation à Kotonou était mis en vigueur en même temps qu'un traité nouveau intervenait avec le roi Toffa ; par là, notre situation n'était évidemment pas assez assurée, mais notre protectorat cessait au moins d'être une chimère. Dans le même temps, les campagnes de pénétration se poursuivaient dans l'arrière-pays du Sénégal : des postes français s'installaient définitivement sur le Niger, en refoulant les bandes de l'alamany Samory, et les [chefs militaires, suffisamment soutenus par la métropole, pouvaient commencer la pacification effective de la région. Dans la mer Bouge, l'occupation d'Obock, que nous avions acquis depuis plus de vingt ans, devenait effective. A Madagascar enfin, l'amiral Pierre remettait aux représentants de la reine un ultimatum •énumérant, une fois de plus, les satisfactions exigées, N'ayant

reçu qu'une réponse insuffisante, il bombardait Tamalave, puis opérait des démonstrations sur d'autres points de la côte. Les 1 lovas effrayés s'efforçaient de renouer les négociations, mais en vain, car le gouvernement français se refusait à toute transaction.

Pareille intransigeance attestait la fermeté de ses vues. Seulement, les opérations sur les côtes ne pouvaient suffire à briser la résistance des Hovas et, la pénétration dans l'intérieur de l'île semblant présenter des difficultés insurmontables, le& affaires de Madagascar continuaient à se dérouler en une suite d'incidents dont aucun n'annonçait une solution. De même, et malgré leur succès, les opérations en Afrique occidentale ne marquaient que des étapes vers un but encore éloigné. Quant aux mesures prises au Dahomey, et surtout en Tunisie, leur importance n'empêchait pas qu'elles intervinssent sans risques, sans difficultés et fussent, en quelque sorte, d'ordre intérieur. Inutile, dès lors, d'y insister. Pour des motifs divers, voire opposés, les divers théâtres que nous venons de parcourir peuvent être considérés ici comme secondaires. L'activité généraledu ministère une fois constatée et pour apprécier sa politique extérieure durant les premiers mois de son existence, il suffit, en somme, de s'arrêter à l'Afrique équatoriale et à l'Indo- Chine.

En Indo-Chine, la tâche était triple : il fallait d'abord rétablir l'ordre au Tonkin, où le commandant Rivière luttait contre des bandes indigènes renforcées d'éléments chinois ; imposer ensuite à la cour de Hué la reconnaissance loyale du protectorat ; enfin couper court aux prétentions comme aux ingérences du gouvernement de Pékin.

Pour s'entendre avec ce dernier, notre ministre à Pékin, M. Bourée, avait, on s'en souvient, consenti à reconnaître à la Chine des droits sur des territoires annamites. Insuffisamment renseigné encore sur les détails de la convention, M. Duclerc l'avait laissée en suspens et, pendant son court ministère, M. Fallières ne s'en était pas soucié. Jules Ferry ne balança

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