L'ÉQUILIBRE
politiques étaient alors en germe, entre lesquelles le choix s'imposerait. Toutes deux impliquaient le maintien de l'amitié russe >et se conciliaient fort bien avec elle. Mais l'une, visant surtout le complet rétablissement d'un équilibre européen, aurait comme trait essentiel la recherche de l'amitié anglaise. L'autre s'opposerait, au contraire, aux vues de la Grande-Bretagne et, pour les faire échouer, s'efforcerait de trouver un appui à Berlin. Malgré l'insuccès de la tentative faite par Ferry, la vieille idée d'un rapprochement franco-allemand ne devait donc pas être tenue pour définitivement répudiée, et, de fait, nous la verrons bientôt reparaître. Les choses ne se présenteraient plus, toutefois, comme au temps de la Conférence africaine, où la France, complètement isolée, en était encore à chercher ses voies à l'extérieur. Celles-ci désormais trouvées, l'entente avec l'Allemagne ne serait pas le fondement d'un système. Contrairement à ce que voulait Ferry, elle serait dirigée contre une tierce puissance et elle n'interviendrait, en somme, que comme conséquence de Tune des attitudes que nous pouvions adopter à l'égard de l'Angleterre.
Le problème que posaient les relations avec cette dernière acquérait ainsi une importance plus grande encore. C'est lui qui dominera la période dont nous abordons l'examen et qui prendra logiquement fin le jour où une solution complète sera trouvée. Mais avant qu'on en vienne là, les préférences iront successivement à Tune puis à l'autre des deux solutions. De là deux phases distinctes et d'autant plus nettement séparées qu'elles correspondent aux règnes de deux ministres que les historiens futurs opposeront sans doute l'un à l'autre : M. Cabriel Hanotaux et M. Delcassé.