‹ D'une guerre à l'autreChapitre 5 sur 56 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

parallèle direct, l'œuvre extérieure de la République et elle de tels jrégi mes anciens? Après réflexion, la première solution parut préférable. Une grande revue, le Correspond dont, accueillit, longtemps avant de l'insérer, le résumé des années comprises entre l'élection de Grévy et l'alliance russe: ce seul fait indiquait que, aux regards déjuges i xpert s, un exposé des événements pouvait intéresser des lecteurs. Quelques amis bienveillants pensèrent de même, ajoutant que les étudiants, que certains programmes obligent à s'occuper de L'époque contemporaine, trouveraient avantage à posséder un historique abrégé visant spécialement la France. Je me décide donc à publier celui que j'avais préparé, dans les conditions et dans le dessein {ne je rappelais à l'instant.

Sauf peut-être sur certains points très particuliers, où le hasard des circonstances m'a permis de recueillir des témoignages encore inconnus, il ne révélera nul fait qui ne soit dans le domaine public : c'est pourquoi les bas de page ne s'encombreront pas de références ; une brève bibliographie suffira pour mentionner les volumes d'usage courant qui ont fourni les données, demeurant d'ailleurs entendu que toutes les indications contenues dans ces ouvrages n'ont pas paru mériter créance égale. Je n'ai pas non plus la folle outrecuidance de présenter cet exposé comme définitif. Sans parler des imperfections imputables à la seule faiblesse de l'auteur, il est évidemment incomplet et surtout dans sa dernière partie. Récemment, par exemple, le gouvernement français a divulgué des pièces relatives aux relations avec l'Italie et dont il n'a pas été possible de tenir compte, T'impression du travail se trouvant achevée déjà. Elles auraient d'ailleurs permis d'accentuer simplement certaines assertions sans entraîner un remaniement général. J'espère qu'il en ira de même pour les autres documents qui seront divulgués, peut-être -dès demain. En toute sincérité, il me semble, en efïet, que

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le cadre, fondé sur la chronologie, subsistera toujours et que, si les faits nouveaux, qui viendront s'y insérer, pourront modifier la valeur relative des faits mentionnés, ils ne sauraient modifier la place attribuée à ceux-ci.

Tel qu'il est, je souhaite que ce cadre soit de quelque utilité aux étudiants en leur fournissant, à tout le moins, un catalogue d'événements, quelques repères et des iacilités d'orientation. Je me féliciterais également s'il servait, pour les mêmes motifs, aux amateurs d'histoire et surtout s'il incitait à établir, entre la conduite de la politique étrangère à notre époque et aux époques antérieures, cette comparaison à laquelle je reviens toujours car elle me tient vraiment au cœur. Confronter, à cet égard, le temps où nous vivons avec des temps que nous admirons, n'est pas, en effet, simple jeu, bon pour les seuls dilettantes. L'évolution des idées et des institutions condamne chacun d'entre nous à s'intéresser plus directement aux affaires publiques et, l'importance de l'opinion allant grandissant, chacun d'entre nous se trouve avoir également sa petite part d'influence. Si, dès lors, nous constatons que nous ne sommes point inférieurs à nos devanciers, nous serons gardés d'un certain découragement qui peut devenir nuisible, prémunis aussi contre les jugements trop hâtifs et les condamnations trop tranchantes qui ébranlent à l'occasion les forces du Pouvoir. Si, par contre, des vices pro~ fonds et irrémédiables nous sont révélés, il appartiendra à tous de s'employer de leur mieux pour les faire disparaître.

2 janvier 1920.

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