I. — La France de 187 i
C La guerre à laquelle le traité de Francfort venait de mettre un terme définitif avait, presque dès son début, provoqué la chute de l'Empire et l'installation d'un régime nouveau. Elle avait abouti, d'autre part, à une paix qui consacrait la défaite de notre pays, diminuait son territoire et lui imposait des charges lourdes. ïlette guerre encore et le traité de paix avaient profondément modifié la répartition des forces en Europe et révélé, chez les puissances demeurées neutres, des dispositions qui réagissaient sur notre position internationale. A tous égards donc, ce sont les conséquences directes du conflit franco-allemand qu'il suffit de démêler si, pour apprécier ce qu'était la France en 1871, on considère successivement son gouvernement, sa situation intérieure et extérieure, enfin, résultant de cette situation
même, la tâche qui s'imposait.
Force est de rappeler brièvement les origines du gouvernement pour mettre en lumière certains de ses traits, capables d'influer sur les relations extérieures. -
L'Empire écroulé, le gouvernement de la Défense Nationale avait surgi. Républicain par son principe, comme par les opinions de ses principaux membres, il ne tenait guère pourtant son mandat que de lui-même/ Conscient de cette anomalie, sincèrement désireux de s'appuyer sur le pays en s'entourant de représentants du peuple et contraint à faire vite, il exhuma, dès le 4 septembre, la dernière loi électorale républicaine, celle du io mars 18 Vu. Mais le développement delà lutte rendit les élections impossibles et, durant tous les mois douloureux, les hommes de la Défense Nationale exercèrent une dictature. Ils n'en mésusèrent pas, tant s'en faut] Néanmoins, une fois la défaite consommée, leur autorité n'allait pas jusqu'à ratifier seuls
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ses effets^Àussitôt les hostilités suspendues, l'intervention d'une assemblée s'imposa donc. Pour la convoquer et le temps pressant toujours, on remit en vigueur le décret de septembre. C'est ainsi qu'au début de février 1871, le peuple de France désigna ses représentants suivant le système des législateurs de 18A8 : une chambre unique et nombreuse, nommée au scrutin de liste par le suffrage universel de la France propre et de ses vieilles •olonies.
Les électeurs n'avaient guère été consultés que sur une question : fallait- il souscrire aux exigences de l'Allemagne ou continuer la lutte? N'empêche qu'en se prononçant ils choisirent de> députés qui avaient des opinions politiques et d'ailleurs ne les dissimulaient pas. Or, considérée de ce point de vue. la composition de l'Assemblée se présentait ainsi r/^énr j'SS membres, une trentaine de bonapartistes, voués à l'effacement par le discrédit de l'Empire; 3oo républicains environ et 4oo royalistes. Mais, si malgré des tendances divergentes, les repu-