CHAPITRE PREMIER
Dystocie due à la présentation du siège, variété des fesses.
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La présentation du siège décomplété mode des fesses
constitue, dans certains cas, une dystocie grave, d'abord et surtout pour l'enfant, ensuite pour la mère à cause des opérations multiples auxquelles on doit recourir pour faire l'extraction.
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« Dans la variété de présentation du siège, dite des fesses, le dégagement s’effectue souvent avec une remarquable lenteur, l’inflexion latérale, à la faveur de laquelle se fait habituellement le dégagement, se produira difficilement parce que les membres inférieurs relevés le long du tronc forment des attelles à la colonne vertébrale du fœtus et la maintiennent rigide.
« C’est surtout pour le fœtus que l'accouchement par l'extrémité pelvienne doit être redouté. Le pronostic est encore plus grave lorsque le fœtus se présente par les fesses ; souvent l’interventiou de l’artest nécessaire et cette intervention est elle-même pleine de dificultés. »
Ainsi s'exprime M. le Professeur Tarnier (1).
(1) TARNIER ET CHANTREUIL. — Traité de l’art des accouchemenlts.
Paris, 1880, p. 669 et 700.
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Partageant, à juste titre, nous semble-t-il, l'anathème porté par les anciens auteurs contre les présentations du siège en général, la variété des fesses paraît devoir assumer à elle seule toute la gravité du pronostic et subir l'accusation fondée de mettre en péril les jours du fœtus et de faire parfois partager ces dangers à la mère.
La variété dite des fesses réunit, en-effet, les conditions
défavorables des autres variétés de siège (complet, genoux ou pieds) sans en présenter les avantages. Trop peu volumineuse pour faire une dilatation suffsante et faciliter ainsi l'expulsion de la tête, comme la variété complète, elle l'est assez pour empêcher totalement la déflexion d’un membre, lorsque le siège est engagé ; de plus elle n’offre aucune prise commode, si l’extraction devient nécessaire, comme la variété des genoux ou des pieds. Les anomalies de mécanisme y sont des plus fréquentes. C’est surtout dans les temps de rotation et de dégagement qu'on les observe : la rotation peut faire complètement défaut, elle peut au contraire être exagérée au point que la fesse primitivement antérieure devienne postérieure. La difficulté du dégagement est encore plus grande et tient comme dans toutes les présentations du siège au défaut de souplesse de la colonne vertébrale. Elle est dans la variété qui nous occupe notablement augmentée par la présence des membres inférieurs relevés le long du tronc. Dans ces circonstances, la fesse postérieure reste souvent appliquée dans la concavité du sacrum et n’en bouge plus.
Dès la plus haute antiquité, suivant les préceptes d’Hippocrate, les accoucheurs redoutant la présentation
du siège sans distinction de variété, ramenaient constamment la tête au couronnement chaque fois que Le fœtus présentait cette extrémité, précepte réalisé encore aujourd'hui dans de meilleures conditions par la version par manœuvres externes.
Guillemeau (1) fut un des premiers à conseiller de tirer sur les pieds chaque fois qu'on éprouvait quelque difficulté à ramener la tête.
Mauriceau qui n'hésitait pas à classer les accouchements par le siège parmi les accouchements contre nature: « Lesaccouchements contre nature qui requièrent -«< absolument l’opération de la main sont ceux auxquels « l'enfant se présente en mauvaise situation. …. Nous -<dirons que l’enfant pent se présenter en posture contre « nature de quatre façons générales... quatrièmement « par les pieds » (2), conseillait l'intervention immédiate: « Aussitôt donc que le chirurgien aura reconnu « que l'enfant vient en cette situation et que la matrice « est assez ouverte pour trouver passage à la main, … il
« l’introduira doucement à l'entrée de ia matrice où
« trouvant les pieds de l'enfant il le tirera dehors en « cette posture » (3).
Ilrecommandaitmêmedehâterladilatationaveclamain; et de ne pas laisser le siège s’engager trop; de le repousser si faire se pouvait, car une fois très engagé, « on crèverait « plutôt la mère et l'enfant que de le repousser dedans ».
(1) GuILLEMEAU. — De la grossesse et de l'accouchement, Paris, 1648. (2) MauRICEAU. — Traité des maladies des femmes grosses et de
celles qui sont accouchées, livre IT, chapitre XI, p.267, 6e édition, Paris. (3) MAURICEAU. Jbid, p. 281.
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Portal (1) rapporte dans ses observations I, XI, XXXV, LII, etc., comment lorsque l'enfant présentait les fesses, il repoussait le siège et allait chercher un pied.