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CHAPITRE II Les Ifor'M de TAdr^ar

TOVABEG

La grande race berbère des Touareg (Imohar ou Imochar), répandue sur le continent africain depuis la TripolitaÎDe jusqu'au lac Tchad et jusqu'au Niger, est, daos ses grandes divisions, composé des tribus suivantes :

Touareg du Nord, — Les Kel-Ahaggar, habitant le Taboont- Ahaggar, imposant massif rocheux situé au cœur même des pays touar^.

Les Kel-Ajjeur, disséminés au nord-est du Ahaggar, dans le Tassili des Ajjeur, plateau accidenté, pierreux, coupé de val» lées et de gorges profondes, d*un accès difficile.

Les Kel-Ahnet ou Taltoq, nomadisant au nord-ouest du Ahaggar dans le massif de TAhnet.

Touarêff du Sud, — Les Ifor*as fixés dans TAdr'ar', au sud-est du Ahaggar.

Lés loulliminden, cantonnés dans la zone uigritienue, qui s'eteiid entre le Nii^er, Airad^s et Tahoua.

Les Kel-Gress, confinés dans la région de Bernikoni-Gidambudo et s'occupant de convois et de commerce

Les Tadeaiaket, tribus chassées de la rive gauche du Niger et actuellement installées sur la rive droite du fleuve.

Les Kcl-AIr, peuplant le massif de l'Aïr ou Asbin au sud-est de Ahaggar ; sans lieu politique entre eux et sans homogénéité.

tlKKSEIGXKMms SCIRNTinOi'KS

Tous ces linochar ont uno origine commune ; ils se prétendent, sans en a[)porter aucune preuve, oriariuaircs d'Arabie.

Quand les habitants du Toual, du Tidikelt et du (iourara parleot entre eux leur langage berbère, le zéuatia, ils déMgnent tous les Touareg sous le nom générique de ilemtien (au sinfçuiier Elemtei).

N'y nnrni(-il'7>^;i^ li<Mi de rapprocher ce nom de celui de la grande tribu berbère des « Lemta » qui existail au début de l'ère cliréticnnc '

Va» nom de ilemtien n'est plus donné par les Touareg euxmêmes qu'A une seule tribu d environ cent familles habitant toute le ksar de El-Barket, A qu«*lques heures de R'at.

Cette tribu n'est plus nomade ; elle habite dans les cases et le petit village avec ses jardins est saprepriélé propre ; mais considérée comme étrangère parmi les Ajjeur elle ne possède ni vallée ni terrain de pacage. Nettement touarègue, elle parle le tamacbèque; par contre, elle n'est considérée ni comme noble, ni comme iror'ad. Ces Ilemtien paient une redevance aux Kel- Abaggar ; leur chef est Ël-Khadj-Akhmed-ou-Taouat.

§ — Organisation politique des Ifor'as

A. — Groupements I/or as

Les Ifor'as sont les Touareg de l'Adr'ar'.

Il existe sur les bords du Niger, au voisinage d*Ansongo, une petite fraction qui se donne aussi le nom d'lfor*as ; il ne m'a pas

été possible de retrouver de relation d'origine ou de parenté entre eux et la giand»; tribu de TAdr'ar'.

Par contre, il est un petit groupe d'ifor'as établis chez les Ajjeur. Leur présence a été cause de confusions léizéres chez quelcjucs auteurs, et .MM llaiiiiolfaux et Mas(jueray eux-mêmes, ne connaissant pas assez les ll'oi'as de PAdr'ar' ont parfois attribué aux Ajjeur des coutumes et des expressions qui ne leur appartiennent pas.

Ces ifor'as lixés dausie iassili des Ajjeur, viveut d une viu à

LES IFUH AS DE l'aDr'aR

part. Ik sont là comme des étrangers, sans imr*ad, sans vallées et pâturages leur appartenant en propre, et sans avoir aoeune part à l'élection de raméuoukal des Ajjeur. Cependant parce qu'il y a fort longtemps qu'ils sont dans le pays, leur langage est devenu le même que celui des Ajjeur. On cite quelques mariages entre membres des deux tribus ; mais iU demeurent asseï rares. Les IFor'as des Ajjeur forment quatre fractions : Les Kel-Tassili comptant une vingtaine de tentes. Les chefs en sont : Ouan Abêtir et Isl Khadj-Haiuma.

Les If/ed'ad' (20 tentes) : chef It'cliiuiia.

Les Uati-Eictiiff'i 30 lentes: : chef \intna-ag-l(hl;i. (lelte trihu est coiisiilciée comiiie une Irihu niarahuntique ; à cause de sa condiliiin i <'lii;ieusc on raii[)elh' aussi Irihu des Ineslemen ( les religieux). Tous h's nieinhrc> [xulciit h' ch.ijxdel de Ui coiifri iie des Tidjauia. < li'[)LMuhinl les jeunes i^cns parlent en i;uerre comme ceux de toutes les tribus ; seuls demeurent les chefs et les lioinuies Agés.

Les 0//yy//7'/< (25 tenlesi : chef Ouklia.

Il y a enfin quali'e ou cintj familles originaires des Ifor'asdes Ajjeur qui se sont étahlics au Ahaggar ou dans le cercle de Tougguurt : elles appartiennent toutes à la fraction des l)ag- Eiemtei.

Les principales familles des Dag-Llenitei fixées au Ahaggar sont celles de Sidi-Mokhamnied-beu-Olbman, de Afellan-ag- Doua, de Bekta. Celles du cercle de Touggourt, ralliées au service de la France sont celles de Abd-en-Nehi et de Ouan-Titi.

Des Ifor'as des Ajjeur, seule la tribu des Ûag-Ëlemtei est con> sidérée comme religieuse et maraboutique. Les autres fractions portent cependant aussi le cliapelet delà confrérie des Tidjania.

D'une façon générale, la société touareg est basée sur une

Les tribus uobles : ihaggaren, au sing. : ahaggar (1) ;

(1) Ne pas confondre le mot ahaggar plur. iliaggaren, signiliant noble avec reipresiioD Kei -Aliaggar désigoanl les peuplades du Aliaggar.

B. — Casfes et tribus Ifor*iu

division en deux classes séparées :

i76 hKWKKitiKMPirrs scientipivuks

Les Iribus ooû nobles : imr'ad, au sing. : amr'id. Cbei les Touareg do nord, celle difTéreoce est Dettemeut éta-. blie.,

Ches les Ifor'as, plulAI qu*UDe division en nobles et non nobles, on pourrait observer une division en libres et non libres.

Les nobles se pré{endent nobles en droit, étant issus d*ancétres nobles..

Les libres se trouvent dans une situation de fait qui les met .sur le pied des nobles parce qu'ils n*ontpas ou n*ont plus de

nobles au-dessus d'eux. ^

Les ifor as lu- sont pus, en effet, au sens strict du mot, des iiohics. liuiiii^Ks dans l Adi ar', sans origine aiustot'ialitmc reconnue, ils [layrrcnt Irilni aux luulliminden pcntlant tout le lomps (\\io cenv-ci o( i'U|)«''r<Mit le pays. Par le de[)art des loulliinindcii ils d( \ ini L'ul ld)res, chefs du [»ays et eûivnt des li ihns iinr ad ; mais cetto situation de fait ne les fit pas nobles en droit el ce qui met cette distinction en évidence c'est (jiie les Abaggar nobles ne se niélant^enl pas, eu général, avec les Ifor'as.

Toutefois cette diUérence juridique étant indicjuée, il faut reconnaître qu'en pratique elle est peu marquée et saiis grand intérêt puisque les Ifor as libres ont les mômes droits et le^ mêmes obligations que les Abaggar nobles ; aussi^ourplus de facilité nous maintiendrons aux Ifor'as la division connue en nobles et imr'ad.

Tribus nobles, — Ce sont elles qui, à proprement parler, s'appellent Ifor^as : il n'y a pas d'autre nom pour désigner les tribus nobles.

11 y a sept tribus Ifor'as :

Les Kel-Affella (sens : peuplades du Nord) nomadisent dans le nord de TAdrW aux pâturages des oued Te!«atit et Ir'err er

et jusqu'A In-Tebdoq. Leur chef est Illi, chef t^énéral ou aménoude tous les Ifor'as, vieillard de i)kis de 80 ans, actuellemetit impotent et iiira[)al)lt' d Cxcrcer son i nmmandemont : il est remplacé en fait \n\v Mokhammed Ferzou, son neveu. Cette tribu compte une viny:laine de tentes im[»ortanfes dont les principaux chefs, en dehors de illi cl Mokhammrii l'ei/.on. sont : T'ioub, Uarouua, bamaq, Mokbeiet, Djcbeii, Zouiuiu, bidi Akbmed.

LES IFOr'aS de l'aDr'aR*

Les KeUAfTclla ont probablement une ofiginc clifTérente de celle des aiities Ifor'as qui sont origioaires de TAsbin ou Air.' Ils seraient descendants d'un arabe venu du nord, nomn^é Hamza, qui se disait chérif et qui se maria à une femme touareg de l'Adr^ar*. L'origine chérifiennc de cet ancêtre est mise en douté' par les peuplades voisines, mais les Kel-Afella sont considérés comme d*une caste supérieure.

Les Kel'Tar* lit (sens : peuplades de Toued TarUit) dont les principaux oued sont Tarait, Tahort, Âlîoug*, Maret. Us comptent une dizaine de tentes influentes : leur chef est Seddou.

Les Ifergoumessen, stationnés au sud-est de TAdr'ar' dans la région de Kidal. Leur chef est Alemlar*-ouan-Sidi ; il y a environ cinq tentes importantes.

Les Kel Ousaein (sens : peuplades de Foned Ouzzein) ont * environ six tentes importantes : chef Madamada.

Les Tami-Mel/et (sens: chèvre blanche) appelés aussi Chakatelem. Ils occupent le sud-ouest de FAdr'ar', les régions de Telia, Tag*marl, Ir^acher-Sadid. Environ cinq tentes de valeur Leur chcff est Ysonf et les principaux de la tribu sont : El Moiiaq, Fenna, Mokhammed-ouan Ctiekkou, Bou Bckri, Aggelkrer.

Les fbof/fnaffu, dont lo chef est Saliib. I! existe dos Ibottenateii dans d'auli t's l'c^ions. en pat ticidinr. dans lo Timelr'in où ils sont corintis sous le nom de Kel Teiiiri ; eoux (jui liahilcnt l'Adr ar' sont cf>mpl('tonient agrégés aux IToi'as. Ils ont eu [)articulirienient h souffrir des gens trilanioédi, chef des Kounta ; un grand noinlire de notables de cette tribu ont été tués par eux. Personnages influents Kounaclii, oncoi e assez jeune, Kaoued, Tonton. Idr-iss, Arr'ar<^'ia. Boujeli. Bareïha.

Los l//r/ifin, dont le cliof est Laklîd'ar. Les Idcnan sont originaires d'une grande tribu répandue dans tout le sud du Sahara. Ceux cjui habitent l'Adr'ar* sont complétcnient agrégés aux Iforas. Ils sont assez pauvres, dispersés et nombreux. Ils n'ont «que trois tentes influentes.

Imr'ad. — Imr'ad est le masc phir. de amrld,au fémin. singulier on dit tamr'it et au fém. piur. tamr'id.

On cherche en vain une expression de la langue française poue traduire exactement le motamr'id ; ce n'est ni bourgéois, encore

278 BKNSBIGNEaENTS SCIENTlPIOtnBS

moins serf ou vassal. 11 semble que ce qui donnerait le mieuxidée do la situation respective des nobles et dos imr'ud, c'est la CQndition, dans Paolique cité de Rpme,des familles sénalpriaies, d'une pari, et des simples citoyens, d'autre part. Au fond, les imr'ad sont des citoyeus libres, mais la condition des imr'ad comme celle des citoyens romains varie suivant les époques et les régions.

Au Abag^r par exemple, les imr ad entièrement libres de leur personne et de leurs biens, plus nombreux et beaucoup plus riches que les nobles de leur pays, n*ont d'autre signe d mfériorité qu'one très légère redevance payée à Taménoukal ou à quelque puissant chef.

^ La condition des imr*ad des I formas est beaucoup moins bonne. Ue nombre de ces imr ad est actuellement très réduit, mais jadis ils étaient plus nombreux que les nobles et plus nombreux aussi que les îmr*ad du Abaggar. Dans les tribus imr'ad de TAdr'ar*, chaque amr id a un noble pour seigneur auquel il doit une obéissance à peu près complète et tons les services que celui-ci réclame de lui. Chaque noble choisit parmi ses imr*ad queUiues familles qu'il établit auprès de sa tente et qui aident ses esclaves dans tous les travaux, dans la garde des troupeaux, la reconnaissance des pAturages. Quand le noblo part en rezzou ou en guerre, ceux de ses imr'ad qu'il désigne l'accompagnent ; les imr'ad vont rarement en rezzou pour leur compte personnel, ils n*y vont en grénéral que sur l'ordre et en compagnie de leur noble. (><Hume les tribus nobles, les tribus imr'ad ont certains oued (pii leur sont attribués on propre et des cbefs portant le nom «l'amrar (on arabe chikh. vieiiv, cbof» ; mais uno partie dos tentes de cba(jin- tt ihu est toujours auprès des nobles qui les ont ronvo<pioos aiqu rs d"<'ii\.

A la suito dos pilla-os dos Kountas ou lîlOI. 11>0*2, 1903 et Iî)04, ilo uolubrensps tribus imr ad des Ilctr as so smit oiifiiios lit' l'Adrar' ; le nombre de celles qui sont restées est très restroint.

Tribus inuad. — Voici les principales tribus imr ad des Ifor'as :

Les Imakelkeiien ;

LES lFOll*A8 DE L ADB'aH* 279

Los I)an(/fn-on/ifi, deux tribus imr'ad drs KCl Tar lil. Tous los iini'ad (1p (M'îi tribus ;ni\(|Uols leur siluatioii fie forluno a

permis 1 émitrratiou. se sont enfuis, à la suite des dévastations de Hamocdi. elief d«'s Kounta, il y a cjualrc ans, chez les Foulbniitulen et se sont fi\(''s auprès de Fihiroun, aménoukai des louiliniinden. H n'en est resté dans l'Adr ar'fjne (pielcpies [»ativres diables i^rardés de force et qui servent actuellement de bergers et de chameliers.

he^Cheman- Ananas de l'Adr'ar'.imr'ad des Ifor'as en général, ont. en môme temps (]ue les tribus ci-dessus citées, émigré partie chez les loulliminden où ils ont rejoint les Cheman-AmBias imr'ad des loulliminden, partie chez les Kounta du fleuve.

Les Ihomllilen imr'ad des Idenan, furent toujours peu nouïbreux ; il n'en reste acluellement que deux iiomroes (Ce nom de Iboralliten est moins un nom propre qu'un nom commun voulant dire mulâtre fils d'une femme libre et d'un homme esclave).

Les Chehel sont imr*ad de Alemlar*-ouan-Sidi, dhef des Ifor'as Ifergonmessen. Ils sont presque libres, dans une très bonne situation et péssMent armes et méhara. Ils sont très près des Ifergoumessen et vivent avec eux.

Les Kel-ffe/la, imr*ad de Illi, aménoukai des Ifor'as, sont restés auprès de lui. Leur nombre est très faible.

Les ïgedaien de TAdr^ar*. étaient imr*ad des Tarat-Mellet. Beaucoup ont été tués par Hamoédi, les autres se sont enfuis au Denneg (Région au nord de Tahoua) où ils se sont réunis aux Igedalen de cette région.

Les chefs des tribus imr'ad (amrar) ne furent jamais puissants; c'étaient généralement les plus riches de chaque tribu qui en étaient considérés comme cbefe ou principaux.

Tribtts étrangères, — A côté des tribus Ifor'as et mêlés à elles vivent les irréganaien» Ce mot est peut-être un nom commun sij?ni6ant : a Boire au même puits que quelqu'un » d'où ôtre voisin, être mélani;é à quelqu'un. Ces Irréiranaten ne sont pas Ifoi 'as et ne particifx'iit pas i\ réiection de raménonkal.Ils vivent avec les IbotlenalliMi ; leur (>rii.'iiie est arabe : ils descendent d arabes nomades dn Tidikelt maries à des femmes touai'eir.

Vers le Timelr'in et a pruxiuiilé des IbulteaHlleu vit aussi,

8N0 BEHSBHiMBiiBtrrs saBimnQin»

Kouvent sur le pays Uor'as, une tribu d'origioe arabe appelée les Atomj (singul. : Touaji). Elle est agrégée aux Kounta et paie rimpét par leur entremise.

C, — Aiiiënuukalal

Chez les Ifor'as comme dans toutes les grandes tribus touareg, le chef général s'appelle « aménonkal » mot qui correspondrait A sultan ou roi.

///t\ aménonkal des Iforaset chef des Kel-Afella est actuellement un vieillard de 80 ans au moins, iiii|)otent et n'ayant plus toute sa téte. U eut jadis une grande réputation de justice et de bravoure.

llli a deux (ils : Saloiii l'alné et Kchcherif ; et deux filles : Lalla, célèbre dans tout l'Adi'ar' pour sa boaulé et son inspiration poétique, mariée à T'ioub, et Sanikak encore jeune et non mariée.

Etant donnée la faiblesse d'esprit de llli, les fonctions ell'ectives d'amcnoiikal sont exercées y.w Mokliammed Ferzou. C'est un homme de oO à 60 ans, intellitrent, le verbe haut. I^e père de Mokhammed Ferzou et llli étaient frères. Mokliammed Ferzou a deux frères cadets llarouna et Samatj ; deux (ils : F.t't'aieb (25 à 30 ans;, et Sidi .Mokliammed (20 k 25 ans), et cinq filles toutes mariées. Sa femme Semmou vit encore.

L aménonkal en théorie dirige sa tribu et la représente vis-ù-vis des tribus étrangères.

11 ne reçoit aucune redevance des nobles : il ne peut demander quelque chose qu'aux imr\i<l seuls; mais tandis qu'an Abaggar.les imr'ad paient annuellement à Taménoukal une redevance fixée une fois pour toutes, les in)r'ad des Ifor'as ne paient aucune redevance déterminée. Quand l'aménoukal a besoin de quelque chose, il se le fait donner par ses imr'ad : c'est ainsi que se ras* semblait le tribut de tentes et de nattes que les Ifor'as payaient jadis aux loulliminden et aux Ahaggar.

(ju des emblèmes du commandement do l'aménoukal est le tambour ou t'obol. Il n*y en a qu'un chez les Ifor'as et il est loujouiv en la possession de l'aménoukal. C'est une peau de Ixpuf tondue sur un grand vase de bois demi-sphérique d'envi»

ron 50 centimètres de diamètre. Des hommes frappent le t'obol avec iiijé sorte de bAtou en peau tressée. On n'utilise le tambour que lors(|u'on a|)pit'iHl 1 invasion du I>a}s |)!ir une troupe ennemie, ou encfuc loistpie rainénoukai cliantre de t ainponicut.

Ou entend souvent [)ri)n<>ii( i'i' le mol T obol ebez les roiiapeg. Son sens [)ropre est : •j.vos tand)onr. (domine les principaux cbefs seuls en possèdent, ce nu)t est devenu synonyme de commandement, souveraineté, aménonkalat, et |iar extension on l emploie pour désiïï^ner renscin ble des fraclituis obéissant ou payant tribu t à un mémo chef ou payant tribut à une frarli-m plus [)uissante. Ainsi on dit : le l obol dt» jlli, le t obol des Ifor'as. le.l'obol de Moussa. t )u dit aussi : un tel suit le t obol de son père ou de sa mère, pour si^^nificr cpi'il appartient à la tribu de son père ou de sa mère et bérile de ses droits et de sa succession.

En pratique, l'autorité de l'aménoukal est singulièrement illusoire. On a comparé parfois la société touareg actuelle à la société féodale de la France médiévale. Cette comparaison sur laquelle nous aurons Toccnsion de revenir est. en somme, assez juste sur beau coup de points. On peut, en effet, imaginer assez eiactemcnt la situation d'un aménonka! vis A-vis de ses nobles en se rappelant celle des ducs ou rois vis-à vis des vrands vassaux. Mais le seigneur féodal jouissait d'un droit absolu tiré de sa suzeraineté et appuyé par sa force, tandis que laménoukal est plutôt un chef constitutionnel dont les ordres ne sont obéis que s*ils sont en accord avec les intentions des chefs inférieurs. Aussi l'aménoukal en est-il réduit toutes les fois qu'il s'agit de prendre une décision importante, à convoquer un conseil où les résolutions sont discutées A perte de vue. Mille influences diverses entrent en action d<ins ces conseils, égoisme des uns, avidité des autres,, pression latente des marabouts ou même des sorciers. L'aménoukal pour faire prévaloir son avis doit recourir à tous les procédés : il e.vpose ses intentions, encourage les uns. combat les autres, s'assure certains concours, en achète certains autres. Son Age, sa richesse, sa réputation de sagesse lui sont des facteurs importants aux yeuY des indécis ou des faibles ainsi, et surtout, que le groupement de guerriers dévoués dont il sait parfois s'entourer. Si son habileté on sa force enlnilneot une unani-

UEMSEIGNEHENTS SCIEMIFIUL ES

mité, rmnénoukAl pourra fnire exécuter la décision prise sans trop dedifficiiilé comme représentant de la tribn. Mais jlans le eas contraire, il faudra ri^coiinrft l'arbitrage de marabouts réputés et h de nouveaux palabres sans fin. Si quchpies chefs refusent tout accord, rainénoukal se trouvera desarmé vis-à-vis d eux et sîins moyen de les coniraindro ; et si même raménoukal a (les dessins opposos h cvxw de 1 unanirnitt- on de la majorité de la trihu. il pourra être lui-même déposé pat- le:» ciiefs iaTéneurs et remplacé séance tenante.

pour les dérisions sans L^'osse imporfancf, Taménonkal pont souvent décider de liii-inrmo. eontiant dans son iidlinMice. et les instructions qu'il adresse ont chance d ètre exécutées si elles ne vont pas à l'encontre d'intérêts particuliers. C'est ainsi que les autorisations de passage, les sauvegardes données par l'aménoukal sont toujours respectées, tailt |)ar crainte de représailles que par un certain point d'honneur vis-A-vis des hdtes officiels.

Succession^ — Quand unaménonkal meurt, son suceesseur est désigné par une combinaison simullunée du droit héréditaire et de Télection.

Les Tfor'as n'appartiennent pas comme les Kel-Ahaggar à la tribu de leur mère, mats h celle de leur père : en conséquence, les droits aux fonctions d'aménoukal ne se transmettent pas par les femmes comme chez les Kel-Ahaggar, mais par les hommes comme chez les Arabes. Ils sont transmissibles non de père d fils, mais de frère à frère et ce n'est que lorsque tous les frères sont épuisés que le droit successoral revient au fils aîné du premi or frère.

Supposons un amcfioukai A (|ui a tiois frères M. N, I' et trois (ils \, Y, Z. A la luoi'l de A l aiiH' M de ses fréros lui succédo ; puis le deuvièmo IVér*» N sucrédc à M, puis le troisième frère P suect'dc à \. A 1.1 mort d<' V \o airn- \ dt' l';im«'noukal A succède.! son otici*' I*. piii's le IVèic de \. Y, siiccède à X. j)uis enfin le troisième lils / succètle à sou frère Y. Toute la descendance de raménoukal A étant éteinte, la succession revient au fils aîné de M. puis au deuxième tils de M et ainsi de suite.

Tel est le droit liéréditaire des Ifor'as. .Mais il ne suffit pas k un Ifor'as d'avoir le droit héréditaire pour être nommé amé-

LKS IPOR^AS» DE l'aDh'ar'

Doukal. C*est sans doute un atout considérable, mais il lai faut encore être élu parle Consoii des chefs qui peut fonjonra choisir un autre aménouknl parmi les plus proches parents du mort si pour une raison de valeur ou d'influence, il considère utile cette modificalion du droit successoral.

Le conseil d'élection est composé des pripcipaax chefs de fraction qui sont sous les ordres de Vamcnoukal ou d<> (]iu l({ues-uns d'entre eux : ce n'est pas une assemblée générale de tous les Ifor'as. Il n y a jamais plus de 5, 7 ou 10 électeura. Les iror'ad ne paraissent pas h rassemblée et n'ont pas voix à l'élection ; c'est une différence avi»c les Ahaggar où les imr'ad participent à Télectien de rainéiioiikal. L'élection des nmrar a lieu suivant les mômes principes, droit hérédilairo et élection, par les principaux de In fraclion (]ue coiuniandc 1 unirar.

$ 2. — Vie religieuse des Ifor'as

Comme tous les Touareg, les H'or as sont actuellement musulmans.

Il est rert.iin (pi iis <nit vie jadis convei tis à la rclii^ion catholique : IciM" lialiital, dans les prcmir'is sirclcs d»' l'i rc chrétienne, élait alors phis scptcnti-iona I el ils se sont sùrciiiciit trouvés en l'olatioii a\cc les [)ciipladcs latines et cat holi(|ues de rAli.M'rie romaine. La [ireiivc en <"st dans la [icisistancc ilatis la laniiue tamach ' tpie de certains mots d'origine iatiueet manilcs* tement chrétienne. Ainsi :

Ange se dit « ang'elons », ilu latin nngelus ; Mérite relig-ienx se dit « amerkid », du latin m^rcM-merre^^fs ; Péché se dit « abekUad' », du latin prrr.atwn \ Féle religieuse se dit « laTaski », du latin pa\ca. Ce sont à pen pr- s h s seules traccs de religion catholique que j'ai relevées chez les Touareg; mais je ne serais nullement étonné qu'on puisse encore troiiver en certains rites une survivance chrétienne.

. Tandisque la plupart des Touareg, officiellement musulmans, sont, en général, peu pratiquants et pas du tout fanatiques, que beaucoup même ignorent leurs prières et que chez les Keî-

284 HEMSKIGMËMENTS SCIENTIFIQUES

Âha^gar, par exemple, on oe ptii8t<e guère citer que Moossrag-AmasIan qui siûl réellement pieux, 'Jea Ifor as, hommes et femmes sont, en général» tous très fervents et convaincus. Tous font leurs prières journalières. La plupart affiliés à la secte des Kadria portent et disent le chapelet de Sidi Abd el-Qader-el- Djilani ; d'aulres,mbinsnombreux, ont le chapelet de Cheikh*es- Snoussi. Quelques Ifor*as lisent et écrivent l'arabe ; ruais le plus grand nombre, sans en connaître la langue, sait cependitiit par c«eur une partie jthis ou moins grande du Coran, <jue les femmes Airées. levées souvent vers le milieu de la Duit, récitent à bante voix jusqu'au matin dans leur fenle.

Il n'y a pas chez les Ifor'as même, d'honnnes on de fraclions consacrés aux pratiques religieuses ou à l'étude. L'éducation islamique des enfants est confiée à des étrangers, les Kel- Essouk, membres d'une tribu spéciale, touareg et maraboutique, qui remplissent 1rs fonctions sacerdotales dans TAdr'ar' ; mais au-dessus des Kel-Essouk, les Ifor'as considèrent comme une autorité religieuse exceptionnelle dans le pays, un marabout kounta Bal, installé ft Telia et qui est à la fois leur directeur spirituel et leur conseil.

A. — Kel'Essoitk

Les KeUEssouk forment une tribu maralwutique, c'est-à-dire religieuse. Ils se livrent à Tétiide du Coran et ^'occupent de la direction d écoles islamiques ; ils savent tous lire et écrire ^l'arabe bien que la langue de la tribu soit le tamachèque. Par contre ils ne portent pas d*armes, ne se battent pas et ne vont pas en rezzou. Ils font aussi un peu d'élevage et parfois tles Iraiisporls ;i cli.tuK ;oi\ ou à bo-uls poilcnis. ("ouinicouv, leurs imr ad ne sont |)ns u den iers ri m' por lent que îles lances en bois liai' (la) pour se «leleiidre conire les hèles qui altacjueiit leurs lidupeau\. I*t es(jue toutes les (l ibus Kfd-Fssouk liabilent aetuelletneul lAribinda. r<''gi^in <le la ii\ e droite du Niger: leur chef général est MoUbammed Uugenel, fixé à Ansongo.

Les tribus principales des Kci-lOssouk sont : les Kel-'l'akerenuat, les Cherilen, les Kel Kssakan, les kel-Tondibi, les Kel^

Tegaïdit, les Kel-Grct, tribus fixées dans le voisinage du poste français tle Boureiii ; les liirdech, les làlioun-AkIou, les Ivol- Teglalit, les lalioun Tegedet, les Kcl-Tegaït, toutes dans la (lé[)eiHlarice (le (iao. Kuliii rénartios dans des zones plus excea- IriipK's les Afaisllfen, les Kel-Getiehieliy, les Kel-Adr'ar'.

Avant les [)illai;es des Kounta, e'esl-à-dire il y a cini] ou six ans, il y avait répartis dans l' Adr'ar' un ^rand nombre de *Kel-Essouk, formant ce que nous avons appelé les Kel-Adr'ar, subdivisés en : Kel-Takerennal, chef Uaroun ; Kel-Tinekkesa, chef Mokhamined-el-Ainin ; Kel Agadeh ; Kcl-Essouk-oui Seltafenia. Les imr'ad de ces Kel-Rssouk de l'Adr'ar' étaient les Iboakhanen et les lloukinaten. Ces Kel-Essouk formant environ 170 testes nobles et 110 teutes imr'ad s occupaieut de toutes les questious reli^cuses, enseignaient les enfants et faisaient pâturer les troupeaux. Il n*y avait pas de campement Ifor*a8, si petit soit-il, qui n'en ait quelque représentant comme maître d*école ; ce n était que rarement, et en Tabsence de ce dernier, qu*un noble Afar*is suffisamment instruit remplissait les fonctions de professeur spirituel, qui n'ont rien d'avilissant et que ne dédaignent nullement les Ifor'as nobles. D'ailleurs, les Kel- Essouk étaient tous fort bien considérés et contniclaient de nombreux mariages avec les familles influontes de l'Adr ar'. Enfin, outre leui*s fonctions scolaires, les Kel-Essouk servaient encore de prêtres ilirecteurs des [)i'iéies, de conseils juridi<)iies et d'arbitres datis les cas de dissenliinents de famille : à tous ces points de vue leur inlhience était c ousidéiable. En échan!3''c des services rendus, les Kel-Essouk recevaient des Ifor'as des cadeaux volontaires, appelés en arabe « ziara » et en tamacbèque : « takouti ». Ces cadeaux consistaient en chameaux, esclaves ou tous autres objets de valeur. Les Ifor'as donnaient à leurs marabouts kel-Es80ul^ un grand nombre de ces cadeaux ; ils en donnaient 'aussi aux marabouts ambulants, Kel-Essouk ou autres, venus dans VAdr*ar', dans le but de récolter desaumAttes ; mais ils n'en envoyaient pas bors de leur pays, à des mendiants étrangers.

A la suite des excès des Kounta, en 1901, 1902, 1903, 1904, la plupart des Kel-Essouk de TAdr'ar' s enfuireutdu pays et allé* rent dans TAribi^da rejoindre le gros de leurs tribus. U n'y a

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plus aciuelleinent dans l'Adr'ar' que dix ou quinze tentes de KeU Essouk : ils s'occupent toujours de questions religieuses, mais à cause de leur petit nombre, ils ont perdu, au profit de Bal, près* que toute leur ancienne influence.

On trouve quelques Kei-Essouk maîtres d*école, isolés chez les Kel-Ahaggar et chez les Kei-Ajjeurs, m&is en très petit nombre.

• B. — Baï, marahoui koutila de Telia

Le mai'aboul qui jouit ilc l'iullueuce do beHinoup la plus considéra Ijle chez les iforas est Bal doul la coufréric ou zuouia est û Telia.

Bal est Kounta, fils de Sidi Amer, marabout Kounta. Sidi Amer vint le [jronuer s'inslailer dans le pays des ifor'as cl y acheta à la tribu des Tarat-.Mollet, au prix de quinse chèvres, . Toued Telia tout entier (Ir'acher oua n Telia) avec ses puits et quelques puits voisins. Les principaux de ces derniers sont : In SetYefen, au nord de la vallée de Telia, où sont les mausolées de Sidi Amer et de son fils Sidi Mob'ammed) (?) (1) ; Talabbit, Ag arag\ Kbanimeden, Brika (comblé). Allai (comblé), Barka, et les deux puits de Telia, un aux portes de la kasbah, l'autre au milieu. Sidi Amer s*élablit donc à Telia, y fonda sa confrérie ou zaouia et lai^sa nomadiser ses tentes d«ns le voisinage plus ou moins immédiat de sa kasbah. Il mourut à Telia et fut enterré à In Sel't'efen. Il laissait quatre fils: l'aîné Sidi Mob'ammed qui loi succéda comme chef de la zaouia ; Baï, le marabout actuel qui succt'da à sou frcfc aiué ; Balta Ahmed et licUai. Il laissait aussi (les filles, toutes acluclleuieul décé<lées. Siili Moh ammed, lils de Sidi Amer in«)ui ut vcis 1H9.'), en laissant siv fils : Sidiel-Mokht'ar. Sidi Alimed-cl Uckaï. Chikli. Haha- Alinicd. deuxautres plus jeunes, et doux filles : Lalla et une sçt(Uide plus jeune. Les deux tils ahiés sont seuls uctueilumeat des hommes, les quatre autres sont des jeunes frens.

A la mort de Sidi Moh'amuied, Bali deviut chef de la zuouia et

1 ^ Il ne m'a été donné de vérifier l'exintence de cf» mausolées à bi-Set'> l'eteo.

it» DE l'adr'ar'

tuteur de ses neveux; il sera lui-même remplacé par Sidi-el- Moklil'ar, Uls aliié de Sidi Moiramnicd. Tous les His de Sidi Mob'aminod liai)iteiil auprès de Baî ainsi que les deux IVères puinéade liai lui-nièiue; Tuu de ceux-ci Baba-Ahmed est, dans lestteules de Bui, à la tète d'une pet^e zaouia succuntale de celle de Telia.

Bal peut avoir actuellement une quarantaine d'années. U est de petite taille, maigre, le teint assez clair ; sa barbe n*est pas encore bUnche ; il n'a pas de moustache. Son extérieur inspire un grand respect : il est toujours très richement babillé d'étolfes indigo du S<»udan, de doukkali du Touat et de burnous de soie, taillés, non à la mode touareg, mais & la façon kounta. U ne montre sa figure en public que dorant la prière ; le reste du temps il se couvre la tète soit d'un pan de son vêtement, soit d'un haïck ; il se rouvie ('■^alenicul les mains el les pii ds cf lorhtju'il tenti ses doii^ts aii\ baisers des H'oi 'as il les inasijue sous uu voile ; d ailleurs Ic^ iiidi^ciios eux-mt iiu's se couvreul ia maiu de leur vêtement pour toucher cellr de Haï.

Avant la venue des Fiançais en 1904, IJuï habitait dans sa kasbat) de Telia ; il en sortait rarement, parfois pour aller â ses tentes établies dansToued Tella^ mais jauiais pendant plus d'une journée utin de pouvoir touyours dans le lieu servant de mosquée à Telia, présider au moins une prière chaque jour, sinon les cinq. Depuis 1904 il a délaissé sa case de pierre et de pisé et mène sous la tente la vie nomade sans jamais s écarter de ioued Telia.

Peu de personnes sont admises en présence du marabout ; son installation respire la dévotion et en pénétrant auprès de lui les Ifor'as « ne peuveut retenir leurs larmes ». 11 parle peu, se tient longtemps en silence et laisse de temps en temps échapper une parole au sens profond. Sans cesse il égrène son chapelet d'ambre et de corail. Bal a toujours refusé de recevoir aucun étranger : il ne s'est p is présenté aux Français et n*a pas voulu de même accepter la visite des Dooi-Menia venus en rezzou en 1904, leur faisant répondre qu'il leur serait donné ce qu'ils exigeraient, mais (jii ds n avaient nul besoin de le \v>'w en j)ersonne.

11 mène une vie tonte de savant. [)arlant l'arabe et le taniachèque, lisant et comprcuant le Coran et tous les livres arabes.

^88 Re?(8KIG«eME?IT8 RCIKNTIPIUOIÎK

Son campement se compose cViino tente irbabitation et d'une grande tente mosquée. Là est sa bibliothèque réputée : ses livres . remplissent trois grandes caisses ainsi que deux sacs de laine et deux sacs de peau, formant la charge de trois ou quatre chameaux. An milieu de ses livres il vit avec une grande simplicité, ne mangeant pas de viande, ne buvant pas de lait, et se contentant d'ag*erouf (1 ) et de dattes pilées.

L'influence de Bal sur les Ifor'as est considérable et sa réputation 8*étend dans tout le Sahara. Sans cesse des Touareg viennent le consulter, lui demander ses prières, se faire écrire par lui des amulettes, le saluer, lui apporter des présents. A sa porte toujours bon nombre de personnes attendent sa sortie pour lui baiser les mains. Son action politique est toute pacifique; d'ailleuis liii-niènie n'a jamais assisté à un rezzou et il se confine oiitièi'cment dans son ctal de relicicux, d'Iioinine do [)ri»'M'es et de livres, et do bionfaisnnro : il p()u>so la duiioMir toi point (pi'il interdit moine do faire la chasse aux lions (jui [larlois attaijnent son bolail. l oiilos los fois qu'on lui doinaiido conseil, il donne toujours dos avis de paix^ cherchant à éviter les elhisions de sang, les guerres, les querelles, les actions injustes, déconseillant les re/zou et les pillages. Ayant élevé Moussa-ag-Amastan, aménoukai dos Ahaggai% dont il est en quelque sorte le père spirituel, il la poussé à se soumettre aux Français et h vivre en bonne intelligence avec eux et c'est d api ès sos ccmseils constants que Moussa se montre d'un caractère miséricordieux, conciliant, pacifique, ennemi des combats sanglants. Inversement, il a toujoun réprouvé les pillages de Abidin-el-Kounti, son cousin, et de Hammoédi, chef des Kounta.

Bal est très riche de cadeaux reçus : il a des moutons, des chèvres, des vaches, des chevaux, des chamelles, des esclaves ; mais il fait de nombreuses aumônes et accorde jour et nuit l'hospitalité à tout venant.

Enfin A sa xaouia il instruit tous ceux qui désirent recevoir ses leçons et a sans cesse auprès de lui des enfants ou des jeunes ^Qixa désireux d'acquérir lu science et la sagesse.

(1) Ag'croul : t^ruiutuéti ludigèiic a ^ruines couii'i>uble».

LES irORAS DB L*Aim'Alt'

Depuis rocenpation de ïombouctou, les Français ne sont jainais entrés en l'elation avec Bal dont rinfloence alliée poorrail nous être d*une utilité incontestable. En 1904, il fut traité plutAt en ennemi. Il y aurait lieu d'éviter, au début tout au moins, pour les Européens, de chereher à le voir directement, mais il ne manque pas de personnages de valeur et d'influence àTomboucton, par l'intermédiaire de qui il serait po;»ible de se mettre d'accord avec Bal et de canaliser à notre profit l'influence prépondérante et indiscutée qu'il détient dans tout lé désert.

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