Beauté des hommes
Les hommes de la tribu des Ifor'as sont d'une taille élevée; les yeux et les cheveux sont noirs ; le teint est le plus souvent bronzé comme celui des Arabes. Ils sont robustes et forts et conservent leur vigueur jusque dans la vieillesse ce qu*ils doivent disent-ils A leur nourriture presque toute de lait.
Mais ce qui distingue surtout les Touareg et les Ifor'as c'est leur allure noble, leurs gestes aisés, leur majesté en nn mot. On tes sent jusque dans les petites choses grands seigneurs élégants et gentilshommes accomplis. Leur iaçon de se présenter toujours digne, leur parole orgueilleuse et« fine, leur élégance même qui sait mettre en relief les plis harmonieux des vêtements, leur attitude presque un peu théâtrale en font des gens qui ont grand air et qui tranchent parmi les Arabes plis mielleux. ^
Tous les Ifor'as sont d'excellents méharistes, et leurs animaux ont la réputation d'être incomparablement dressés. Pour l'escrime au sabre, k la lance et au bouclier, ils valent les
Ahaggar et les Taitoq et pluâ qu'eux sont, au dire des' iodigënés, réststénts à là soif, à la faim el aux fatigues.
c Je les ai vus, me dit l'informateur Abd el Kader, revenant « d'expédition et manquant de vivres et d*ean, marcher pendant < six jours d*été de la manière suivante : au coucher du soleil « ils boivent un quart de litre d'eau et mettent un peu de tabac « dans leur houclie ; puis ils marchent toute la uuit jus()u'au c« lever du soleil sans manger ni boire. Au lever du soleil, « ils se roui llent et dorment jusqu'au soii-. Ils n'ont donc eu «» par jour (pTuu (juarl de litre d eau et uii peu de tabac. »
Une semblable résistance est remarquable, mais nullement invraisemblable pour qui connaît la sobriété des Sabariens «n général.
J. — Vêtements des hommes
Voici les différents vêtements que porte un homme habitant l'Adr ar' : un pantalon blanc ou bleu foncé en colonnade, tenu à la ceinture par une coulisse et rétréci à la cheville. — unegandourab blanche ou bleue formée de deux lais d'étoffe cousus ensemble par un côté ; au milieu de la couture un trou laisse le passage de la tête et les deux pans retombant sur le dos et la poitrine sont liés par un^ petit nœud à hauteur des genouxw; le vêtement est donc complètement ouvert de Tépaule au genou — une deuxième gandonrah pareille à la première est placée par dessus, et Télégance veut que la gandourah inférieure soit blanche et celle de dessus bleue — un voile de visage (en tam. tameug*out'; en arabe, litam.) bleu foncé en étoffe du Soudan formé d'une longue pièce de cotonnade entourant la tête ; un premier tour enveloppe le front en laissant en avant assez d'étoffe pour qu'eu la tirant on puisse masquer les yeux ; un deuxième touB cache le bas du visag^e et es^ fait eu laissant deux boucles par derrière [)our qu'on puisse resserrer le voile ; par dessus le voile et le maintenant sur le front un turban blanc ou de couleur vive. Les pieds sont chaussés de sandales originaires de l'Air, brodées, appelées « tatuba-tamba ». L'hiver, les Ifor'as mettent par dessus les autres vêtements un doukkali du Gourara mais pas de burnous ni de Jiaick.
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Les hommes pauvres portent des vêtements analogues en moins grand nombre et plus usés; Us ont des sandales faîtes d'ane simple peau de bœuf retenue aux pieds par des lanièlras. Ils portent aussi avee le pantalon de eotonnade une courte gandourah en peau de chèvre ou en morceaux de peau de chèvre, ou bien encore uuc couverture carrée faite de toutes espèces ' de vieux morceaux d'étoile (eu tam. aseddekaa, en arabe denfasa).
Les Ifor as ne portent jamais de chéchia : le sommet du crâne est toujours à nu. l^es hommes Agés se rasent complètement la tête et alors le cuir chevelu serré par le voile se plisse en bourrelets ; les jeunes laissent deux grosses nattes, une audessus de chaque oreille, et se rasent le reste. Le petit diadème d'étoffé placé sous le voile du front, et qui est si fréquent parmi les jeunes Ahaggar est moins répandu chez les iror'as. Mais un grand nombre portent en place trois amulettes de cuivre dites aussi : « tadebbanat » dont Tune est au centre du front, les deux autres au-dessus des oreilles.
Comme tous les Touareg, les Ifor as sont très coquets, ama» leurs de belles étoffes qu'ils savent draper avec élégance et, après les armes, le cadeau qu'ils prisent le plus est celui d'étoffes légères de couleur claire, hÀck, etc., qu'ils conservent pour eux et dont ils font des voiles de figure ou des turbans.
K. — Vêtements des femmes
Les femmes portent sur la tête et le haut du corps Tikercbei dont nous avons déjà parlé au chapitre de l'éducation des
tilles.
De la ceinture aux pieds, elks portent un jupon appelé « aseg'bes » fait de la moitié d'un doukkali du Touat; ou encore fait de peaux de chèvres ou de gazelles cousues par des tiU de peau donl les extretnités pen<lent couutk» des liantes
Les pieds sont chaussés soit de sandales « land)a-tamba » soit de saudaies de peau de bœuf retenues aux pieds par des lanières.
LES ifur'as I)K i/adr au'
Au campement ou en voyage elles s'ubrilent la tête du soleil par un très large chapeau de paille appelé « teli » (ombre).
La nuit, elles ouvrent le doukkali qui leur sert de jupon et s'y enroulcut, pour donuir, de la téte aux pieds.