B. NO S. NIO. IT. T. AN. P. T. T
L'amc triomphante de l'infortuné Néchao, frappé par la mort, sera faeilement absoute.
Les monuments assyriens récemment arrivés au Louvre fournissent la preuve de cette coexistence de la langue universelle et des idiomes ou patois écrits par des coïntèressés, sans signification pour les hommes placés en dehors des conventions partielles et locales.
La première des nations dans l'ordre chronologique et biblique employait la même dactylologie que les Égyptiens et les Grecs.
La figure ailée du grand bas-relief dont le musée vient de s'enrichir (Voir notre pi. xxvn), exécute, la main élevée, un gamma de la manière la plus formelle; ce sigle signifie ici Tepaç, récompense , reconnaissance. La pomme de pin, IIituiç, consacrée à Cybèle, peut faire croire que l'ambassadeur venait de Phrygie : c'est le sigle de IToTvtaCo), implorer. Les ailes indiquent un personnage arrivant de loin '; les vieillards, qui se succèdent un bâton à la main, portent le pouce élevé; c'est le iod des Hébreux, l'E sigle de EYyuvi , Eo\a, Etpyiv/i , Ekmç, E-jyofjt,ai, caution, présent, paix, espérance, supplier. Dans le premier salon, la figure posée en face d'un arbuste, A pu; 2, yeuse, forme le sigle A de AevîfAa, prière; Aeo^-ai, prier; d'où est venu notre manière de prier à mainsjointes.
Les antiquités de Khorsabad , aussi bien que celles de Memphis, attestent que le grandiose faisait le charme des peuples primitifs. La dactylologie vulgaire ne pouvait s'élever aux dimensions colossales, qui seules frappaient l'imagination des Orientaux; il fallut inventer
1 Montfaucon , t. II, p. 3(17 : « On donnait des ailes au soleil, pour marquer la vitesse de sa course. »
* Emblème du silence.
une graphie en harmonie avec le gigantesque des monuments publics. Cette graphie, nous la nommons hiéroglyphique acrologique : on représentait l'image des objets les plus usuels et leur protophonie, c'est-à-dire, le son initial de leur dénomination comptait seul pour la graphie; on dessinait autant d'images qu'il y avait de signes phonétiques dans le mot à exprimer, lorsqu'on ne se contentait pas du sigle simple (pi. xxxvm). Cette langue s'adressait aux intelligences exercées; le vulgaire alors, comme naguère chez nous, livré aux travaux manuels, aux exercices violents, luttant avec les besoins, demeurait indifférent à l'érudition, et exerçait peu les facultés intellectuelles, dont la puissance lui était inconnue.
Ce n'est point à ces parias de la pensée que s'adressaient les inscriptions dactylologiques; la diversité des idiomes élevait un obstacle insurmontable. La première des langues savantes devint, dès la plus haute antiquité, l'organe presque universel des classes érudiles; car l'hébreu sacerdotal appartenait exclusivement à la nation juive, antipathique aux autres peuples, comme dans les temps modernes le sont entre eux les chrétiens et les mahométans.
Les Samaritains, souvent alliés aux Assyriens, mais ennemis des Juifs, ont toujours, comme ceux-ci, fait une distinction entre la loi écrite et la loi orale ou traditionnelle; leur promiscuité linguistique avec les Phéniciens est depuis longtemps constatée: Samaritana olim fuit Fœnix l.
' Éléments carloviugiens, p. a4.
Nous pensons que le personnage princier, sous le n° îv f , porle un nom commençant par lambda. Le lion, Aewv, qu'il presse sur sa poitrine, donne pour protophonie ce même caractère à la manière égyptienne: nous présumons que c'est Laosthénès, régnant au temps de Horasab , contemporain de Jérémie, Daniel et Esdras3. La main droite tient le Ifjiaç ou MaaÔ^yi [lanière, fouet), qui fournissent les sigles de Mav-rtç, Mayoç, devin, mage , ou bien Iepoç, personnage sacré. Dès les temps les plus reculés, on voit l'acrologie s'associer à la dac-' tylologie peinte ou sculptée, et former ainsi deux modes graphiques.
Les adeptes de la prétendue science égyptienne adopteront à grand' peine ces explications. Les dialectes orientaux furent des dérivés liétérophones du langage que nous appelons patriarcal : Noé fait des vœux pour la prohellénique, en bénissant Japhet, qui sans doute l'avait gardée plus religieusement que ses frères.
La persistance à chercher dans d'autres langages vulgaires la révélation des écritures hiéroglyphiques trouve ici sa condamnation : c'est absolument comme si, dans deux mille ans, un archéologue, parcourant le sol où fut Paris, s'obstinait à voir du français dans les restes des inscriptions latines du grand siècle, et prétendait expliquer les inscriptions de la porte Saint- Denis, au moyen de la langue que parlent aujourd'hui les Parisiens.
1 Galerie de Ninive.
2 Voir Khondomir dans d'Herbelot.
Il n'est rien d'opiniâtre comme les faits. Ce n'est pas notre faute si les Assyriens, les Indiens, les Égyptiens et les Grecs possédaient une langue lapidaire commune, remplissant le même office que la langue savante des inscriptions modernes, parlant du haut de leurs temples, de leurs palais, manifestée par les dieux, les héros et les chefs-d'œuvre des arts.
C'est à ce langage universel que fait allusion le grand orateur de l'antiquité, lorsqu'il proclame : « Graeca le- « guntur in omnibus, etc. l. »
Les noms antédiluviens procèdent du langage d'action, comme les premiers noms phonétiques appartiennent à la langue de Javan ou patriarcale.
Assur et Sur, de Supoo, réunir.
Assur, Nemrod des Hébreux.
Ninus, de Nivoç, fils; Nivtov.
Sémiramis, de HpuGuç et Pagina.
Arius, de Apsioç.
Araliiis , AvaXtoç.
Balaeus, BaXriv.
Belochus, BeXoç et O^oç.
Althades, AX8w et ASaioç.
Mamythus, Motv et MuOoç.
Mailcaleus, Mav et KaXoç.
Sphaerus, 2<j/aipa.
Lamplides , Aa[/.rao.
Sosares, ScoÇto et ApTj;.
Les coptologues de nos jours prétendent que ces noms primitifs ont été traduits par les premiers écrivains grecs;
1 Cicero , pro Archia poeta, n° î3:
nous répondrons que la majeure partie nous est révélée par Moïse, qui les intercala dans l'hébreu ou le samaritain , langues procédant elles-mêmes de la prohellénique : ceux que l'hiéroglyphie proclamait avant qu'il y eût des écrivains sont affranchis de toute interprétation étrangère possible. Ainsi, Sésostris (Svioewç), Phéron, Amosis, etc., et plus tard Ptolémée (iTroew), Cléopâtre (KXeico).
Les noms bibliques égyptiens sont de même nature :
Sesac, 2e<rai«o<; de 2ato, qui a fait 2cùÇw. Necao, Nixotwv de Ntxaw.
Quand bien même les Egyptiens seraient identiques avec les Coptes (rw-roi pour Koïctoi), chez eux, comme partout ailleurs, les monuments n'en parleraient pas moins la langue savante et non la langue vulgaire.