‹ Dactylologie et langage primitif restitués d'après les monumentsChapitre 20 sur 83 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DACTYLOLOGIOUE.

Les trois doigts élevés ont été de tout temps réservés aux choses sacrées, 1EPON; le nombre trinaire était sigle de Iaw, d'où est venu JEHOVA.

Les mains votives ou prétendues symboliques, signalées par les antiquaires ', ne sont que la reproduction de 11 sigle de IUPITER SERAPIS 2. Montfaucon en donne de huit espèces; on a expliqué les accessoires, très-peu importants d'ailleurs, sans nous dire jamais pourquoi trois doigts étaient levés, et deux baissés; si on eût pris cette peine, la dactylologie antique était expliquée sans l'intermédiaire de Charlemagne.

Cette troisième voyelle, la plus répandue, constitue 11 prohellénique, et par conséquent l'I assyrien, indien, chinois, samaritain, cadméen, phénicien, éthiopien, étrusque, mexicain, carlovingien, etc., etc.

■' Voir l'Antiquité expliquée par Montfaucon, t. II, p. 33o; aussi Antiquités gauloises, par de Caylus, t. V, p. 177, pi. 6a.

2 Ilapa 8e raiç IouSatoi; Mciunjv tov IAQ emxaXoujjievov 6sov itpooitoiijoaoôai touç voiaou; aura 5i8ovat. Diort. Sic. B. H. lib. I, cap. 94.

Voir aussi Macrobii Saturnaliorum lib. I , cap. 18.

L'I sacré, 11 trinaire, s'exéculait de la main droite; de là l'expression biblique in dextera1; réciproquement les inspirations du mauvais génie s'exprimaient par la main gauche, in sinistra; cependant la pratique constante et rigoureuse n'était pas possible : les positions de la main, et la nécessité de les employer toutes deux, devaient entraîner de nombreuses infractions.

Au Musée des Antiques du Louvre, sous le n° 465, Jules César fait de la main gaucbe le sigle / de Iule, et de l'autre le K de Kaisar (voir notre pi. xm). La restauration de la main droite a dû s'exécuter en présence des fragments originaux, puisque le sigle a été scrupuleusement conservé.

Un charmant bas-relief, n° 324, que chacun peut admirer dans le même musée, salle du Tibre, montre combien de monuments révélateurs ont dû disparaître par suite de la déplorable insouciance des modernes poulie langage des signes. La main qui répond au sigle du guerrier a été impitoyablement tranchée, pour obtenir la ligne verticale du quadrilatère où est emprisonné le bas-relief antique; il ne reste que les trois phalanges des quatre premiers doigts, dont deux s'élèvent avec le pouce , tandis que les autres s'abaissent avec cette affectation compagne des pratiques populaires; le signe est un I, sigle probable de IaWuo, IaTcrw, attaquer; J/mç, vaillant. (Voir notre pi. xn.)

1 Voir Job, IX, v. 3.

Isaïe , XLIV, v. aa.

Ibid., LXII, v. 8.

Ecclésiaste, X, v. ».

Généralement, lorsque le dactylologue formulait un sigle, l'interlocuteur, s'il n'avait une objection à faire prévaloir, le répétait purement et simplement, afin de témoigner qu'il l'avait compris, et qu'il y adhérait.

Nos vieilles églises prétendues gothiques montrent ce sigle à satiété; l'Eternel, assis, présente la main droite avec les trois premiers doigts élevés; c'est le sigle du nom primitif de la Divinité ' : « Je suis Jéhova , votre Dieu. » Ce sigle signifie aussi Jésus"1.

La bénédiction catholique se donne avec l'antique main siglique; la formule, Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, équivaut à celle plus ancienne Au nom de Jéhova, de Jésus et de Iepov Ilvsu^a.

Originairement, la bénédiction byzantine s'est donnée en simulant le M dactylologique, sigle de Muew, sacrer, initier, bénir3; ce sigle est encore pratiqué de nos jours.

La main d'ivoire, main de Justice, porte trois doigts levés, sigle de Jus romanum, propagé dans les provinces gauloises de droit écrit.

Un signe dactylologique que nous avions cru isolé vient de nous être révélé à la suite des fouilles exécu-

' Yao, Zao, £<xv, Zïjv, Seuç, Janus , Jupiter;

Zav, Zavw, Jana, Juna, Junon; Zeviç, puis 0eoç et Aso;, Deus et Dieu. Voir nos planches m et xi.

1 On voit au musée du Puy un haut-relief en ivoire de î5 centimètres de haut : c'est une prise d'habit ; la néophyte indique le nom du Sauveur par le sigle I, auquel elle se voue pour la vie.

3 Voir ci-après le tableau des Manifestations sacrées.

tées à Faltérona, en Toscane. Une main en bronze tenant un disque fait un sigle composé de trois doigts écartés des deux derniers : nous l'avions déjà signalé (voir pi. lji); ici, très- probablement, c'est le sigle de laXkto ou IarcTto.

Ce sème ne diffère guère de l'I dactylologique ordinaire; seulement les deux doigts, au lieu d'être baissés, s'écartent des trois premiers, ce qui exige une certaine habitude d'exécution.

Ces mêmes fouilles ont rendu au jour plusieurs centaines de statuettes dactylologiques en bronze. Malheureusement les extrémités des bras, à cause de leur ténuité, sont presque toutes oxydées; toutefois, nous en conservons plusieurs dont les doigts sont encore parlants.

Par une tradition continue, ce même sigle a toujours servi et sert encore, daus la synagogue, pour la bénédiction que les sacerdotes, descendants d'Aaron , donnent au peuple; l'acrologie de cette bénédiction est le iod : "P^H1, lebarechecha , benedicat te.

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