‹ Dactylologie et langage primitif restitués d'après les monumentsChapitre 22 sur 83 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

La manifestation de 1T fait image; c'est le sigle de Yëpiç, cornes, affront.

On sait que l'Y, appelé lettre de Pjthagore, est un des caractères les plus récents de l'alphabet grec; l'Y et l'O sont formulés d'une manière distincte par une figure de bronze trouvée à Velléia, et reproduite par le comte de Caylus ■ : la main droite fait l'Y de ïw, mouiller; et la gauche, l'O.

Toutefois, les Phrygiens, peuples dont nous ne connaissons guère que deux noms, celui de l'esclave qui le premier fit parler les animaux, et ce roi dont le nom était répété par les roseaux; les Phrygiens, comme les Éoliens, changeaient l'O en Y; ainsi Ovo; (âne) devenait Yvoç; et les doigts qui faisaient cornes se changèrent

1 Recueil d'antiquités, t. VII , p. îo5, fig. liv, nM i et a.

en oreilles, pour caractériser l'intelligence du chef de la Phrygie.

Nous trouvons encore cet Y sur une peinture antique1. La fiancée sortant du bain fait le sigle de YAA- TOKAY2TH (lavée, abluée), pour témoigner qu'elle a obéi à la prescription; son interlocuteur répond par le sigle de ÏIAEKfi , orner, ajuster, indiquant qu'il faut s'occuper de la toilette.

Nous rencontrons aussi le sigle de Yhiaan.

Un Silène ou suivant de Bacchus, conservé au musée de Naples % est représenté formulant le sigle Y de Y^voç ou Ymxp, sommeil, vision, parce que les anciens, comme les Musulmans de nos jours, s'enivraient pour obtenir des songes heureux; les premiers par le jus de la treille, et les seconds avec l'opium. (Voir notre pi. xvi.)

Le charmant bronze du Museo Borbonico fait de la main gauche le sigle de Ypiv. (Voir notre pi. xxxiv.)

L'Apollon du Belvédère l'exécute de la même main avec les premières phalanges seulement, mais comme initiale de Yëptç, ici pour dommage, dévastation. (Voir notre pi. xvii.)

La vieille fresque de Saint-Savin en Poitou, récemment exhumée du badigeonnage qui la recouvrait3, représente l'ivresse de Noé; elle met en évidence le sigle de Yëpiç, affront, outrage (voir notre pi. lvii), et aussi

' Picturae Etruscorum , t. I, tab. xxxm. — Voir notre pi. xvni. ' Real Museo Borbonico; Napoli , i8a5, in-4«, t. V, tavola xxxix; Bionzi di Ercolano , t. II, tavola V, p. 4J6-

3 Notice sur les peintures de Saint-Sa,vin ; Paris, 1845, in-fol., pi. î3.

l'emploi de l'acrologie , qui marchait simultanément avec la dactylologie écrite. Les deux chiens Kuve, et Kuwv Kpejjiaouai , chien pendu, qu'on voit sur le côté, fournissent la protophonie deKeipu, Koipiciç , être couché, endormi.

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