‹ Dactylologie et langage primitif restitués d'après les monumentsChapitre 33 sur 83 · CHAPITRE XXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXI

MNEMONIE DE L'ILIADE.

Homeri carmina, non literisolim, sed mémorise cantorum mandata. Joseph., lit. I contra Apion.

Nous allons donner l'interprétation des sigles dactylologiques, représentant les initiales, d'après l'ouvrage publié par Son Éminence le cardinal Mai '.

L'illustre bibliothécaire du Vatican place, en tête du discours préliminaire de la première édition de cet ouvrage, une médaille antique sur laquelle on lit d'un côté MNHM02ÏNH , et de l'autre KAAAIOIIH , et au milieu un bas-relief du tombeau d'Homère2, où l'on voit le prince des poètes faisant le sigle de EIK2, manifester, faire connaître, et portant de l'autre main la ^stpovofjua 3. Nous n'insistons pas sur cet emblème, parce que les va-

■ Homeri Iliados Picturae antiquse ex codice Mediolanensi Bibliothecae ambrosianae. Romae, 1 835 , in-fol.

2 Ex marmore Columnensi Romae; maintenant à Londres, au British Muséum.

3 Prescription, coutume, règle, loi de la main.

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liantes des divers dessins ne permettent guère d'avoir

sur ce point une idée arrêtée '.

Ces antiques peintures de l'Iliade, probablement d'origine prographique , ne retracent que les sigles E,A,I,0; II; A,T; r,K,2; A,M,N,P, c'est-à-dire quatre voyelles, une labiale, deux dentales, trois gutturales et quatre liquides. Les lettres de Palamède, 0,2, $,X, ne s'y trouvent pas2, non pins que celles de Simonide, H, Z,T, £1 3; le II tenait lieu du B; l'Y, comme chacun sait, est la lettre de Pytbagore 4.

Si l'on objectait que ces caractères se trouvent dans le texte homérique, nous répondrions que ce même texte n'ayant été graphie que sous Alexandre, environ 34o ans avant notre ère, c'est-à-dire plus d'un siècle après la graphie grecque en toutes lettres, il n'est guère étonnant qu'une mnémonique antérieure soit venue révéler la simplicité des traditions primitives. Jusqu'au temps de Périclès, les sigles étaient simples; ils s'accrurent progressivement par l'adjonction de caractères devenus indispensables. César dit que, de son temps, les Gaulois connaissaient les caractères grecs, sans en faire usage pour la graphie de leurs langages : ils ne les employaient qu'à l'antique manière monogrammatique.

1 Grouovii Thésaurus Grsecarum Antiquilalum ; Lugd. Batav., in-fol., 1(197. Voir 11e pi. après le feuillet ao.

2 Palamède assista au siège de Troie ; il ajouta ces quatre caractères aux signes cadméens, environ onze siècles avant notre ère.

3 L'addition faite par Simonide ne date guère que de quatre siècles avant J. C.

* Trithemii Polygraphise lib. VI.

On ne saurait s'étonner que l'écriture eût pour point de départ la graphie siglique, plus mnémonique qu'explicative; la phonie n'était guère analysable, parce qu'elle manquait de régularité, et que les conventions étaient en même temps variables et locales, tandis que les toniques initiales avaient l'avantage d'être, sinon incontestables, au moins généralement reconnues et admises.

Nous ne craignons pas d'affirmer que, parmi tous les monuments antiques de la graphie (et le dessin linéaire est aussi de la graphie), il n'en est pas qui soit parvenu jusqu'à nous avec moins d'altération que la mnémonique écrite des sculptures", peintures1 et inscriptions; les manuscrits grecs et latins, même ceux que nous regardons comme classiques, n'ont présenté un texte intelligible, qu'ensuite de collation, de confrontation, de rectification, opérées sur un grand nombre de copies.

Il faudrait répéter ici la judicieuse affirmation du savant Caylus, rapportée ci-dessus, page i55.

L'illustre cardinal Mai publia les peintures du manuscrit ambroisien d'Homère, sans s'arrêter à la valeur des signes mnémoniques exprimés par les personnages;

> On sait que les auteurs anciens dans leurs descriptions ont presque toujours confondu la sculpture avec la peinture [qui primitivement étaient une seule et même chose]. (Itinéraire de Lille à Constantinople; années 1818-1819, in-4°, p. 257. Ms. de notre collection.)

Dès le principe, les anciens exécutèrent de grossières sculptures suides matières tendres, puis des gravures sur la pierre ; ils les colorièrent ensuite en teintes plates, et se passaient ainsi de la théorie des ombres, art si difficile, qu'il ne put se développer que tardivement. La peinture, comme les modernes la comprennent, doit son origine à la renaissance.

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grâce aux soins de S. E. , nous pouvons donner ici les

explications planche par planche :

Planches.

ClIRYSES.

de AITEfi, implorer; n IIATHP, père.

Calchas.

TAPB02, effroi, ou TAPXEA , funérailles; TEPAS, prodige.

Agamemnon.

TEAOÏ , mort (ter).

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