‹ Dactylologie et langage primitif restitués d'après les monumentsChapitre 50 sur 83 · MIDI · texte numérisé non relu

MIDI

F, sigle de Frédégonde ; la main droite exécute l'O d'O//nipotens ' .

A l'abbaye Sainte-Geneviève, l'antique effigie de la Protectrice de Paris tient le livre des saints Evangiles, en formant avec la main le creux de la gutturale G, sigle de son nom 2.

On peut affirmer généralement que, si les mains des personnages tumulaires ne parlent pas toujours aussi distinctement pour nous, c'est que les doigts ont été brisés., ou qu'ils ont été suppléés par l'ignorance, ou bien encore, que les circonstances biographiques manquent pour l'interprétation des sigles.

Les modernes, copiant en aveugles les vestiges primitifs des conventions linguistiques, ont souvent négligé de reproduire avec exactitude la position des doigts qu'ils trouvaient affectée. Les derniers dessinateurs, copiant des copies, ont graduellement effacé les traces dactylologiques, et se sont bornés à reproduire le geste naturel qui ne donnait pas matière au doute : leur incurie est telle, que, dans certains recueils récents, nous avons compté jusqu'à six doigts pour une même main. Les éditions primitives sont relativement les plus exactes.

Une autre source de déception s'est ouverte. L'antiquité ayant transmis une foule de signes daclylologiques précis alors, mais incompris plus tard, les modernes les interprétant à leur manière, et les reproduisant d'après les idées de leurs siècles ou de leurs préjugés, il en ré-

' Voir 20e livraison , pi. v.

? Voir 22e livraison , pi. xv, n° i.

suite des non-sens susceptibles de donner le change : ainsi, le doigt élevé, sigle de la première voyelle, est figuré par les modernes pour prendre le ciel à témoin, indiquer la demeure céleste, ou le courroux de Dieu, etc. De même, sans respecl pour la tradition, qui employa toujours les trois premiers doigts comme sigle de Jéhovah, de Jésus, etc., nous avons vu, dans ces derniers temps, des artistes ne figuier que deux doigts élevés, et détruire ainsi le sens antique. Ce fâcheux mépris de la tradition, en introduisant des signes dépourvus de sens rationnel, peut faire croire aux intelligences superficielles que les sèmes n'eurent jamais une valeur déterminée et arrêtée, et que l'étude de leur signification est vaine ou illusoire.

Malgré nos efforts , nous n'avons pas la présomption de croire notre œuvre complète ou définitive; l'élude comparée des monuments antiques fera jaillir à la longue des lumières qui ont dû nous échapper : ainsi, les dernières observations auront relativement plus d'autorité que celles recueillies au début de la carrière.

Au milieu du chaos de notre époque, les obstacles s'élèvent où l'on devrait trouver des appuis; les citations faites avec exactitude deviennent hostiles au travail sincère; certains frelons littéraires se procurent les idées qui leur manquent, en s'emparant des sources; ils répètent les textes garants, comme révélés par leurs veilles, et passant du silence aux invectives, soldent ainsi l'investigateur consciencieux.

Page 1