‹ Dactylologie et langage primitif restitués d'après les monumentsChapitre 56 sur 83 · BELGE OU THIOIS. THÉOTISQUE. FRANÇAIS · texte numérisé non relu

BELGE OU THIOIS. THÉOTISQUE. FRANÇAIS

I/t. Ich, i, io, iou, jo, jou; — Je.

Gy, anc. gu. Thu, ty, ti, tiu, tou, toi; — Tu.

Hy. Her, hir, hil; — 11.

Wy. Wir, vui, vuis,nuis,nois,nouis; — Nous.

Gy ou u ( lieden). Ir, ur, M(lieden,leude, seigneur), vu;— Vous

Zy. Sy, si, sil; — Ils.

Aix-la-Chapelle, Liège et Bouillon; Charlemagne, Ogier et Godefroy, proclament assez leur consanguinité et le berceau de la poésie française.

Les prétendues sagas bejges ne sont que les traditions théotisques qui ont précédé ou marché parallèlement aux traditions flanques ou françaises.

Les Francs, en passant le Rhin, devaient, en raison des nombreuses populations qu'ils avaient rencontrées dans leur itinéraire, s'identifier avec la douceur des mœurs et celle du climat; en marchant au delà, le langage de Charlemagne ne se montre plus que par influence. L'échelle phonétique fut parcourue dans tous les degrés de l'adoucissement, et en raison de ces transformations l'idiome progressivement tempéré s'infiltra dans les patois wallons du nord de la France, qui, soumis bientôt à la graphie, s'embellissaient de formes littéraires que le concours des gens de lettres transforma en langue classique.

Ainsi, notre linguistique semi-septentrionale remonte

aux grandes migrations des Pélasges *, conservant avec les mages la langue patriarcale, mais conduisant des hommes aux dialectes multiples, empressés à s'établir dans les localités qui permettaient la vie de famille2. La seconde époque commence à l'arrivée des soldats de César, dont le langage romain populaire se superposa aux idiomes parlés dans les compartiments de l'échiquier gallique. La dernière "s'ouvre par l'invasion des Francs-Théotisques, adoucissant leur langage guttural pour sympathiser avec les populations établies sur la Meuse, l'Escaut, la Somme, l'Oise et la Seine, populations chez lesquelles la langue se formait par les inflexions de ces trois périodes successivement constitutives.

La variation des degrés phonétiques est d'une immense importance en étymologie; c'est pour avoir ignoré l'échelle phonétique qu'on est resté si longtemps sans apercevoir la filière théotisque par laquelle dut passer la langue française semi-septentrionale. Tout est là; et lorsqu'on sera familiarisé avec les variations des degrés, alors, mais alors seulement, la descendance du français actuel par la langue des Francs restera évidente pour tous.

Les philologues de notre époque, négligeant l'étude des principes phonétiques, dédaignent les étymologies, qu'ils proclament arbitraires. Il devait en être ainsi: le

' Ce nom grec signale tout à la fois la nationalité et le voyageur. 2 Dans les lieux où ils rencontraient abondance, fertilité, salubrité, aménité, des pâturages, des eaux poissonneuses, des bois, du -gibier, etc.

scepticisme accompagne d'ordinaire l'ignorance. Des avis ou des opinions préconçues ou intéressées ne sont jamais des raisons : opprimer la vérité, c'est ménager un succès à qui sait attendre. Nous ne croyons pas que l'interprétation d'un mot puisse justifier une longue dissertation; nous nous sommes fait violence toutefois contre les erreurs qui peuvent avoir une fâcheuse portée.

On est parfois étonné qu'un mot adouci reprenne plus lard la gutturale qu'il avait perdue : ainsi, excusatiunes fait essoine en vieux wallon, tandis que le mot fiançais excuse a repris la gutturale. Deux causes y concourent : les traditions diverses maintenues dans cerlaines cases de l'échiquier gallique, alors que d'autres ohéissaient aux lois de l'euphonie, et les efforts des lettrés pour rappeler le vulgaire aux origines latines.

La plupart de ces variations phonétiques, infidèlement représentées par les caractères graphiques, sont indiquées dans les lexiques grecs, théotisques, celtiques, etc., en tête des chapitres abécédaires, parce qu'il est impossible d'expliquer les prétendues irrégularités de ces langues, sans indiquer les principales causes des déviations, transformations, adjonctions, disparitions et gradations de la phonie soumise aux exigences d'une graphie postérieure. Ces métamorphoses peuvent paraître d'une exorbitante élasticité , la littérature étant le plus haut obstacle à la reconnaissance du mode progressif: les transformations du clavier vocal.

L'établissement des Romains dans les Gaules initia un petit nombre d'indigènes aux lettres latines; les efforts

de Charlemagne furent couronnés de succès, et la graphie de Rome, venue d'Orient, devint le partage des clercs et du personnel de l'Église. Otfrid paraît enfin, et l'application de la graphie aux langages populaires commence à se développer; dès lors les anciennes pratiques dactylologiques tombent en désuétude et s'oblitèrent par degrés, pour disparaître sans retour. La stabilité des cérémonies religieuses seule perpétue scrupuleusement ces vieilles traditions; mais généralement incomprises, tronquées et falsifiées, elles deviennent inintelligibles.

Un bas-relief en marbre, du moyen âge, la puissance de Charlemagne , montre, sous trois arcades, des mains dactylologiques isolées, exécutant trois sigles divers : R, K , A, tandis que sous chacun se trouve écrit en toutes lettres: Roland, Karl, Àimon1.

Le texte qui accompagne la sculpture est extrait du premier chant d'Otfrid 2, qui travailla longtemps à sa traduction des Évangiles, mais dont les premiers essais

1 Voir notre planche lxi.

3 Otfrid , lib. I , cap. i , chant consacre à l'éloge des Francs.

On comprend la fixité des inscriptions lapidaires , affranchies de l'arbitraire des scribes postérieurs. Notre texte est conforme au plus ancien manuscrit signalé par Bealus Bhenanus , et diffère de celui postérieur, édité par Schilter.

parurent probablement vers le commencement du

ixe siècle, auquel appartient notre monument :

DORES UUAS

ÇOT

IfOO ÇEBIETE

Écoute ce que

Dieu

te commande

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