‹ Dactylologie et langage primitif restitués d'après les monumentsChapitre 8 sur 83 · IM · texte numérisé non relu

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vierge.

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solliciteur.

3e page.

j 2e personnage.

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Tapieio ,

se marier.

4e page.

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chercher à obtenir, épouse.

1 2e personnage.

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consentir, alliance.

Auvœ,

induca.

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lacera.

Le petit personnage qui termine à droite le quatrième feuillet du précieux manuscrit, présente une circonstance très-remarquable, en ce sens qu'elle se lie avec d'antiques coutumes pratiquées dans certaines contrées du vieux monde, où la défloration s'opérait par un tiers et à prix d'argent2, ce qui resterait inexplicable, n'était la coexistence de la polygamie.

1 Deux doigts écartés, non baissés.

2 Buffon, Histoire naturelle de l'homme.

La servilité et la domesticité sont exprimées, chez les Mexicains, de la même manière que chez nous, aux époques féodales '. On trouve des exemples de cette vieille coutume dans le roman de Garin leLoherain, le roman de Gérard de Vienne, le roman du Rou, etc., preuve évidente de l'origine commune des habitants des deux mondes.

Desus son col prist une sele , Hontos, plaissiez de son orguil, Si qu'en lermes li sunt H uil , Vint à Richart trestoz nuz piez, Devant lui s'est humiliez; La sele li fu sor le dos.

Benoît, Cbron. des ducs de Normandie, v. 29660.

Les signes du langage primitif sont parvenus jusqu'à nous sans variation ni altération; ce prodige, se perpétuant à travers les âges et dans sa généralité, nous permet d'interpréter encore aujourd'hui avec certitude les manifestations des plus anciens peuples. Leurs sigles sont identiques avec ceux que la tradition peignit sur les vitraux des temples chrétiens jusqu'au xvc siècle, et parfaitement semblables aux gestes dactylologiques répétés encore actuellement par les ministres de nos autels, scrupuleux observateurs des traditions spirituelles unies à la reproduction des sigles matériels.

Plus les manuscrits sont anciens, moins ils sont intelligibles; aucun des classiques n'eût été d'une lecture sup-

1 Voir Du Gange , aux mots Sellam gestare.

portable, si les érudits du xvie siècle, excités par un beau zèle, n'eussent pris la peine de comparer un grand nombre de textes^ pour en faire sortir une leçon compréhensible; et malgré leurs savants efforts, il est peu d'auteurs anciens qui ne renferment des passages rebelles à toute interprétation rationnelle : la graphie du geste et de la dactylologie, se faisant pierre, pouvait être détruite, jamais falsifiée.

L'abbé de l'Épée comprit un jour que les jeunes infortunés au soulagement desquels il s'était voué, pourraient, au moyen de signes manuels de convention, transmettre leurs idées, comme des êtres complets. Alors, sans aucune connaissance de la dactylologie antique, et par un retour obligé aux pratiques primordiales, il appela les doigts à former des signes qui ne s'adressaient qu'à la vue. Entre le sourd-muet et l'homme de l'antiquité, il y a cette différence, que ce dernier simulait unephonie à lui connue, lorsque le sourd-muet cherche à rappeler l'équivalent de sons qu'il n'entendit jamais.

Ainsi, l'intelligence crée, oublie, reproduit de nouveau , et perd encore ce qu'à de grands intervalles la présomption ou l'ignorance prétendent inventer. S'élançant en avant, on porte rarement le regard en arrière; souvent l'homme cesserait de progresser, s'il appréciait ce qu'il abandonne derrière lui; une intelligence prophétique a fait dire à Bossuet : « Comme il était naturel « que le temps fit inventer beaucoup de choses, il de- « vait aussi en faire oublier d'autres, du moins à la plu- « part des hommes '. »

1 Histoire universelle, Impartie, ac époque.

La similitude des signes digités antiques, quant à la forme, avec ceux employés de nos jours par les élèves de l'abbé Sicard ', montre les combinaisons dactylologiques essentiellement bornées, et leur emploi, comme langage, chose naturelle et facile. Depuis longtemps les sourds-muets instruits prouvent que la parole n'est pas nécessaire à la propagation des idées; ils voient dans le langage d'action la mimique du geste, non une invention moderne, mais un procédé qui remonte au jour où le Créateur voulut animer l'intelligence. La langue universelle, la manifestation, exprime admirablement les idées générales et précises; c'est la source des beaux arts; mais la corrélation des idées entre elles, les noms et les mots qu'on ne saurait peindre, appelaient nécessairement la dactylologie, avec sa minutieuse exactitude; dès lors commence l'art précis

«■ De parler par les mains , d'entendre par les yeux. »

Nous voyons avec une grande surprise qu'au xixe siècle, il soit encore possible de retrouver dans nos vieux manuscrits une série peinte et non interrompue de gestes littéraires assez positifs pour ne permettre aucun doute sur l'antique usage de la dactylologie, malgré la difficulté de représenter au trait des signes qui ne pouvaient être compris que dans un rhombe donné, suivant une direction hors de laquelle ils cessaient d'être perceptibles, et malgré les altérations inévitables de la

' Sourds-muets au xixe siècle; brochure, in-18 , Paris, 1846.

part des copistes, qui n'y comprenaient rien. Si quelques doutes étaient admissibles touchant leur significa-* tion exacte, ils porteraient uniquement sur les sigles du même organe, le M pour le N, le R pour le N, etc. Sans doute, il n'y avait point de confusion possible lorsque l'on opérait en face du spectateur; mais, dès que le dessinateur fixait le sigle sur la matière, le parallélisme des doigts empêchait d'apercevoir si c'était le second ou le troisième qui se courbait; toutefois, il restait la distinction des doigts élevés, contrôlés par les doigts baissés, et alors quelques lettres du même organe peuvent seules faire confusion.

La Bibliothèque nationale possède une bible latine du xe siècle, en 3 vol. in-P max°, ms. n° 6, A, B, C, ornée de peintures dactylologiques; les personnages ont des doigts démesurés, dans le but évident d'attirer l'attention sur les sigles qu'ils exécutent.

L'allégation banale des personnes chargées de montrer ces précieux volumes au public consiste à répéter que les artistes de cette époque ne savaient pas mieux faire. Ce brevet gratuit d'incapacité est un sophisme d'intelligence paresseuse, qui tend à empêcher la vérité de se faire jour.

Nous reproduisons de ces doigts monstres (Voir nos planches vi et vm), exécutés dès la plus haute antiquité, Les plus fameux artistes du grand siècle de Périclès faisaient exprimer des sigles par les mains de leurs chefsd'œuvre. Ces mouvements de mains ne varient pas à l'infini ; leurs sigles se bornent à seize manières différentes, et constamment les mêmes dans leurs conditions

<i8 DACTYLOLOGIE,

respectives : ce sont les seize signes de Cadmus, lesquels représentent autant de voix distinctes, basées sur la protophonie. Ces signes appartiennent à une langue toujours la même depuis le commencement du monde, et répandue à toutes les latitudes. L'Église byzantine continue à employer les sigles grecs; Rome en fait application à la langue latine.

C'est en continuant nos investigations sur les monuments antiques, que la dactylologie cadméenne nous a été révélée postérieurement à la publication des Éléments carlovingiens. Des faits imprévus se sont fait connaître, et des données nouvelles furent acquises. Loin de nous en plaindre, nous nous en félicitons pour la science, dussions-nous encourir le reproche de n'avoir, dès l'abord, ni tout prévu, ni tout fixé. Isolé par la nature de ces rechercbes, ne trouvant d'appui ni dans les corps littéraires, ni dans les livres, jusqu'ici presque tous muets, ni dans les systèmes toujours spécieux; procédant ensuite d'observations exactes, mais successives, le présent ouvrage était impossible, sans la préexistence des Éléments carlovingiens. Les hommes impartiaux ne s'étonneront pas si quelques observations primitivement faites se modifient, se rectifient même, en raison d'une expérience plus affermie, de documents plus décisifs, plus complets.

C'est après avoir dégagé et nivelé le terrain, qu'il est possible de consolider une route meilleure à travers des régions vierges d'explorateurs, et dans lesquelles nous étions entré avant d'avoir pu en apprécier la nature et l'étendue.

Nous avions cru la séméiologie variable, et l'unité linguistique éloignée des: premiers temps; aujourd'hui, il est acquis que la langue fut uniforme jusqu'à Babel, et que les confusions phonétiques du vulgaire datent de cette époque.

La décomposition de l'alphabet carlovingien , dont l'affinité avec les caractères grecs est évidente, nous fit croire que les notes tironiennes avaient été l'intermédiaire entre le geste et la parole1. En effet, les tironiennes ont pour origine les signes cadméens fixés sur la matière et appelés à remplir cette mission. Chez les Latins, les passages écrits en notes eurent pour objet d'indiquer qu'ils pouvaient être traduits en signes manuels populaires; leurvaleur tachygraphique postérieure ne pouvait être telle, qu'à la condition d'un emploi siglique, et nous ne voyons pas qu'elles furent utiles aux idiomes vulgaires.

Les notes antiques appartiennent à la graphie et aux manuscrits, comme les signes manuels caractérisent les monuments matériels des arts et du dessin : les premières s'adressaient aux érudits, et les autres à tout le monde.

De même aussi, le langage des doigts, inhérent à l'alphabet carlovingien, est autre que l'antique dactylologie monumentale; ne se rattachant pas au passé, il devait être sans avenir. Toutefois, c'est à lui seul que nous devons d'avoir ressaisi la valeur du langage. des doigts dès l'origine.

1 Éléments carlovingiens, p. 6.

Une foule de monuments indiens, chinois, japonais, tunquinois, de toutes les époques, transportés en Europe, comme objets de simple curiosité, montrent que la langue sacrée et savante de ces contrées est encore aujourd'hui la langue traditionnelle prohellénique, exprimée par l'antique dactylologie. Nous avons sous les yeux de nombreuses représentations de personnages parlant la langue patriarcale avec les doigts '.

On comprend combien le caractère dont les missionnaires européens sont revêtus fait obstacle à la révélation de cette grande pratique.

Chacun peut désormais interroger et interpréter l'immense collection des arts antiques (Leguntur in omnibus fere gentibus, Cic), dont les fragments sont partout disséminés; les centres de civilisation possèdent, à toutes les latitudes, des restes parlants, arrachés à l'œuvre continue des siècles.

1 Mandarinorum lingua. Outre le langage propre et particulier de chaque nation , de chaque province , il y en a une commune à tous les savants de l'Empire, et qui est à la Chine ce qu'est en Europe le latiu. (Dict. de Trévoux.)

Le fond de l'écriture chinoise est dactylologique. M. de la Martinière affirme qu'un Chinois muet, instruit dans les caractères, peut, avec les doigts, parler aussi vite qu'il est nécessaire pour ne pas ennuyer ses auditeurs {sic). (Dict., art. Chinois.)

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