CHAPITRE VI
Sur la vingt et unième Pensée philosophique.
L'auteur de celte Pensée fait très-bien remarquer l'ineptie d'un professeur qui accorde aux alhées que le mouvement est essentiel à îa matière, sans réfléchir à l'avantage qu'ils en peuvent tirer contre lui, pour jeter du doute sur la nécessité de l'existence de Dieu : mais il se contente de donner à leurs arguments toute la force dont ils sont susceptibles, et ne prouve point que cet avantage imaginaire n'est dû qu'à la seule faute dn professeur.
On avait droit d'altondre qu'il déploierait ses talents à faire sentir que les alhées ne démontreront jamais que la matière s'est mue de toute élernilé; que par conséquent il est du dernier absurde d'attribuer à ce qu'ils appellent hasard le merveilleux arrangement de l'univers et la formation des êtres doués d'intelligence.
Il suffit donc, pour confondre les matérialistes, de se prévaloir, comme on est en droit de le faire, de l'impuissance absolue où ils se trouvent de prouver que le mouvement est essentiel à la matière; il ne faut pas même leur permettre de le supposer, parce que dans une chose de cette importance, raisonner sur une supposition, c'est ne rien dire du tout.