CHAPITRE VII
Sur la vingt-cinquième pensée philosophique.
Voici le début de celte pensée : Qu'est-ce que Dieu? question qu'on fait aux enfants. e< à laquelle les philosophes ont bien de la peine à répondre.
Si l'auteur s'était éclairé par la lumière que répand l'Ecriture sainte sur les pcrfec-
DÉMONSTRATION ÉVANGÉLIQIJE. DELUC.
lions (le l'Etre suprême, il aurait reconnu quo la question. Qu'est-ce que Dieu, qu'on fait aux enfants diréliens , ne leur est point adressée pour en avoir la solution, mais pour leur enseigner de bonne heure ce que Dieu lui-même nous en a révélé dans sa parole.
11 faut par conséquent bien distinguer l'état heureux où sont les chrétiens, par le secours de la révélation , d'avec celui où se trouvaient les hommes en général avant la venue du Messie. Les philosophes païens, engagés dans le labyrinthe do polythéisme, ne retrouvaient j.lus chez eux la pureté des idées que les hommes avaient reçues de leur Créateur, sur son existence cl sa nature; en sorte que Simonide, l'un des plus sages d'entre eux, se trouva si fort embarrassé par celte même demande, Qu est-ce que Z>«eti? qu'après avoir médité fort longtemps, il déclara qu'il ne pouvait y répondre.
Dans ces temps-là, je l'avoue, il eût été absurde de faire celte question aux enfants, puisqu'elle embarrassait les plus grands philosophes ; mais l'Ecriture sainte donne aux enfants chrétiens bien élevés le même avantage à cet égard sur Simonide, qu'un simple essayeur en a présentement sur Archimède pour fixer le titre de l'or (1).
La circonspection de Simonide sur un point de celle importance, donna lieu de présumer avec fondement que les plus grands philosophes du paganisme ont pu tirer du peuple hébreu leurs plus belles pensées sur la Divinité.