CHAPITRE Vin
Il est très-essentiel d'enseigner aux enfants chrétiens ce que Dieu nous a révélé de ses adorables perfections.
Dieu lui-même nous ayant révélé la connaissance que nous avons de ses perfections, on n'en saurait faire entrer trop tôt la semence dans le cœur des enfants, pour qu'elle puisse y germer et croître avec la raison, qui doit ensuite l'amener à une heureuse On, par une bonne culture.
Cette connaissance fondamentale étant ainsi semée et prudemment cultivée dans ces jeunes cœurs, leur servira de frein salutaire
(1) On ignor.iit du temps d'Arcbimèdo les procédés qui qui servoni a l'essui di'S iiiélaux. Privé de celte connaissauce, il cherchait depiiis longiemps (|ucli|ue moyen de déc .'uvrir si un orièvre avait altéré l'or qu'il avait i eçu pour laire une couronne, lors(|u'il reaiarq\ia, entrant flans le b:iiii, (|iie l'eau s'élevait d'auianl lUis qu'il s'y plongeait <lavantage. Cette observ:ilion le conduisit tout d'un coup a son but : il tut si frappé de son idée, que sortant du bain Uansi ovlé de joie , il courut tout nu dans les rues en triant : Je fui trouvé, je l'ai trouvé. Comme Archimède coini;iissait la pesanteur spécifique des niélatix , il comprit (jue l'or étant le plus pesant de tous , si l'orfèvre en avait SDustrait,il ne pouvait ravoirremplacé qu'avec du mêlai (|ui devait dans un môtne poids occuper un plus grand volume; cl que d;ins ce cas, la cnuronne placée dans un vase y tiendrait une égale <|uanliié d'eau plus élevée , qu'un poids éftal du même or qu'on lui avait remis pour la l'aire. L'expérience réalisa les idées de cet habile homme , et l'orfèvre lut convaincu d'iriàdélité. Cependant ce moyen de connaître le titre de l'or, est bien inférieur a celui qu'emniaient aujourd'hui des ouvriers, qui peuvent être d'ailleurs Irèï-ignoranls.
pour retenir la fougue des passions lors de leur développement.
Connaissance qui, selon la religieuse observation de M. Leibnhz renferme les princi" pes de la véritable piété. Le but de la vraie religion , ajoute-t-il , doit être de Viniprimer dans les âmes.
Heureux les jeunes chrétiens, quand ceux qui sont chargés de leur éducation possèdent solidement celle connaissance, et qu'ils s'appliquent surtout et sans se rebuter jamais, à la placer prudemment dans leur mémoire ! Bien loin d'y être une charge inutile, la mémoire introduira peu à peu cette précieuse semence dans leur cœur.
C'est là, que cultivée avec tous les soins et toutes les précautions que prend pour ses plantes un jardinier habile, elle y germera sans être aperçue que lorsqu'on en verra sortir l'-s admirables jets. Faisant servir ensuite le développement de la raison à fortifier ces tendres rameaux, les bons conducteurs de la jeunesse ne manqueront pas de cueillir en leur temps avec joie les délicieux fruits d'une aussi bonne culture.
Si le jeune Hottentot que Vanderslel fit élever dès l'enfance dans les principes de la religion chrétienne avait été dirigé par de semblables conducteurs, il ne serait point retourné chez ses égaux {Voyez le frontispice du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, par M. Jean- Jacques Rousseau, mon concitoyen).